La Terre se rapproche dangereusement d’un seuil critique. D’après une prévision conjointe publiée le 29 mai par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Met Office britannique, il y a 80 % de probabilité que la planète batte un nouveau record annuel de température d’ici à 2029. Plus inquiétant encore : le franchissement du seuil de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels est désormais estimé à 86 % de probabilité.
Depuis les années 1850, la température moyenne mondiale a déjà augmenté d’environ 1,2 °C, en grande partie à cause des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Selon les modèles de simulation développés par une dizaine de centres climatiques internationaux, cette hausse pourrait atteindre temporairement les 1,5 °C dans les cinq prochaines années — un niveau jugé critique par l’accord de Paris signé en 2015.
« Quand il s’agit de températures, les dixièmes de degré comptent énormément », a rappelé Peter Prengaman, chef du bureau climat à l’Associated Press.
Ce dépassement ponctuel ne violerait pas formellement l’accord de Paris, qui repose sur une moyenne de vingt ans. Mais le signal est fort : la trajectoire actuelle conduit vers un réchauffement durable, avec des conséquences irréversibles sur les écosystèmes et les sociétés humaines.
Un avenir marqué par les extrêmes
« La hausse des températures est un indicateur clair que la planète est en train de changer », souligne Chris Hewitt, directeur des services climatiques à l’OMM. Selon lui, ce changement climatique accentuera les vagues de chaleur, les sécheresses, les incendies de forêt et autres événements extrêmes, déjà observés sur tous les continents.
Parmi les zones les plus affectées, l’Arctique subit un réchauffement 3,5 fois plus rapide que la moyenne mondiale. Ce phénomène accélère la fonte des glaces et la montée du niveau des mers, ce qui constitue une menace directe pour les littoraux, les populations insulaires et la biodiversité marine.
Une décennie décisive
Le franchissement imminent du seuil de 1,5 °C ne scelle pas encore le sort de la planète, mais il rappelle l’urgence de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Pour respecter les objectifs de l’accord de Paris, les États doivent s’engager sans délai dans des politiques climatiques ambitieuses, à la hauteur des dérèglements déjà en cours.
Sans un sursaut international, le monde pourrait entrer dans une nouvelle ère climatique où les records ne seront plus l’exception, mais la norme.
La Rédaction

