Malgré les engagements solennels en faveur de l’égalité, le profilage racial continue de hanter les pratiques policières dans plusieurs pays européens. C’est le constat alarmant dressé par la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), organe du Conseil de l’Europe. Son dernier rapport annuel met en lumière une réalité persistante et inquiétante, aggravée par l’usage croissant de la reconnaissance faciale.
Discriminations persistantes
Les groupes les plus visés sont les personnes noires, musulmanes, roms et les migrants. Ces populations subissent régulièrement des contrôles policiers fondés sur leur apparence, sans fondement légal objectif. Selon l’ECRI, cette forme de discrimination systémique nourrit un sentiment profond d’injustice et de méfiance envers les autorités, avec des conséquences directes sur la cohésion sociale.
Un phénomène sous-documenté
Le rapport souligne l’absence de mécanismes efficaces pour permettre aux victimes de se faire entendre. L’absence d’enquêtes et de sanctions dissuasives empêche une réelle transparence. Dans plusieurs États membres, les données ethniques ne sont même pas collectées, rendant le phénomène difficile à mesurer et à combattre.
L’alerte technologique
En parallèle, l’ECRI s’inquiète de l’expansion rapide des outils de reconnaissance faciale dans les espaces publics. Sans cadre juridique strict, ces technologies peuvent être utilisées pour renforcer des pratiques de surveillance discriminatoires. Le Conseil de l’Europe appelle à une régulation rigoureuse, afin d’éviter une automatisation des biais raciaux déjà présents dans les pratiques humaines.
Appels à l’action
Le Conseil de l’Europe invite les États membres à interdire explicitement le profilage racial par la loi, à former systématiquement les forces de l’ordre, et à instaurer des mécanismes indépendants de contrôle. Certains pays, comme l’Italie, sont pointés du doigt pour leur manque de réaction face à ce problème structurel.
Face à la montée des tensions sociales et à l’évolution des outils de surveillance, l’inaction devient un risque politique majeur. Le respect des droits fondamentaux, garanti sur le papier, doit désormais se traduire dans les pratiques quotidiennes des forces de l’ordre. L’Europe se trouve à la croisée des chemins : ignorer cette alerte, c’est accepter que la discrimination devienne une norme silencieuse.
La Rédaction

