Une conférence internationale de haut niveau sur la paix au Moyen-Orient se tiendra en juin 2025 au siège de l’ONU à New York. Elle vise à relancer concrètement la solution à deux États, dans un contexte de guerre prolongée à Gaza et de tensions croissantes en Cisjordanie.
Depuis plus de dix-neuf mois, le conflit israélo-palestinien s’enlise dans un cycle de violence, de destructions massives et de désespoir. Face à cette impasse, les Nations Unies ont convoqué une conférence internationale inédite, soutenue par la France et l’Arabie saoudite, pour redonner vie à la perspective d’un État palestinien souverain aux côtés d’Israël.
Une initiative diplomatique d’envergure
La session préparatoire du 23 mai 2025 à New York a réuni de nombreux diplomates et représentants d’États membres afin de coordonner les attentes et d’élaborer le cadre des huit tables rondes thématiques prévues pour la conférence de juin. Le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Philémon Yang, a exhorté la communauté internationale à « agir d’urgence » :
« Ce conflit ne peut être résolu ni par une guerre permanente, ni par une occupation ou une annexion sans fin. Il ne prendra fin que lorsque Israéliens et Palestiniens pourront vivre côte à côte dans leurs propres États souverains. »
Un statu quo devenu intenable
Rosemary DiCarlo, s’exprimant au nom du Secrétaire général António Guterres, a rappelé que « la paix durable au Moyen-Orient est impossible sans une résolution juste du conflit israélo-palestinien ». Pour elle, l’absence d’État palestinien compromet l’avenir de la région, alimente les violations des droits humains et accentue l’instabilité globale :
« Rien ne saurait remplacer une solution négociée à deux États. »
Elle a averti que la conférence de juin ne devait en aucun cas devenir un simple exercice de communication, mais produire des engagements concrets.
Paris et Riyad à la manœuvre
La France et l’Arabie saoudite, coprésidentes de la conférence, entendent transformer ce rendez-vous diplomatique en tournant décisif. Anne-Claire Legendre, conseillère du président Macron, a insisté :
« Il est urgent de passer des paroles aux actes. Nous devons aller de la fin de la guerre à Gaza à la fin du conflit lui-même. »
Elle a souligné la nécessité d’un cessez-le-feu durable, de la libération des otages, d’un soutien massif à l’aide humanitaire et surtout, de « mesures irréversibles » vers la création d’un État palestinien.
Un moment « historique »
La diplomate saoudienne Manal bint Hassan Radwan a qualifié cette conférence de « moment historique » qui ne doit pas se limiter à la réflexion, mais tracer une voie politique sérieuse. Pour elle, seule une stratégie globale s’attaquant aux causes profondes du conflit permettra d’atteindre la paix :
« Les civils paient le prix d’une guerre interminable. Il est temps de construire un plan crédible et irréversible. »
Des objectifs ambitieux, mais réalisables ?
La conférence de juin donnera lieu à une séance plénière et à huit groupes de travail thématiques. Ceux-ci traiteront de la sécurité, de l’économie, de la reconstruction, de l’aide humanitaire et de la gouvernance. Un document final intitulé “Règlement pacifique de la question de Palestine et mise en œuvre de la solution des deux États” doit être adopté.
À l’heure où la colonisation continue de s’étendre et où les perspectives de paix semblent s’éloigner, cette conférence représente peut-être la dernière chance diplomatique d’éviter l’enterrement définitif de la solution à deux États, pourtant reconnue depuis des décennies par le droit international.
La Rédaction

