Un choc géopolitique sanitaire
Le 20 mai 2025, depuis Genève, Robert F. Kennedy Jr., ministre américain de la Santé, a lancé une bombe diplomatique. Dans un message vidéo diffusé en pleine Assemblée mondiale de la santé, il a confirmé le retrait officiel des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tout en appelant les autres pays à « envisager de rejoindre » cette rupture.
« J’exhorte les ministres de la Santé du monde entier à considérer notre retrait comme un signal d’alarme », a-t-il affirmé.
« Nous avons déjà pris contact avec des pays partageant les mêmes idées. »
La scène n’a pas manqué de provoquer stupeur et tension parmi les délégués internationaux. Pour Kennedy Jr., ce retrait n’est pas seulement un acte symbolique : c’est une déclaration de guerre à une gouvernance sanitaire qu’il juge « corrompue, inefficace et infiltrée par des intérêts privés et étatiques, notamment ceux de la Chine ».
Une vision radicalement souverainiste
Critique virulent de la gestion mondiale de la pandémie de COVID-19, Robert Kennedy Jr. a bâti sa carrière politique sur une opposition farouche au « globalisme sanitaire ». En quittant l’OMS, l’administration Trump cherche à reprendre la main sur ses politiques de santé et à délégitimer un système multilatéral accusé de dérives.
Le ministre a aussi dénoncé le nouveau traité sur les pandémies, adopté récemment par les membres de l’OMS, qu’il qualifie de « mécanisme supranational menaçant la souveraineté des nations ».
Vers un nouveau pôle mondial ?
Washington ne compte pas rester isolé. Dans son discours, Kennedy Jr. a évoqué des échanges en cours avec plusieurs pays, notamment l’Argentine, la Hongrie, Israël ou encore l’Inde. Objectif : créer une coalition alternative à l’OMS, centrée sur la transparence, la souveraineté et l’autonomie scientifique.
Ce projet reste flou, mais il semble s’inscrire dans une dynamique plus large de déconstruction des institutions internationales, amorcée par la présidence Trump dès son premier mandat.
Une fracture sanitaire inquiétante
Pour de nombreux experts en santé mondiale, ce retrait constitue une menace directe à la stabilité du système international. Les États-Unis représentaient à eux seuls près de 15 % du budget de l’OMS, et leur retrait pourrait avoir des conséquences dramatiques sur les campagnes de vaccination, la lutte contre les pandémies et la surveillance des maladies.
L’OMS, déjà fragilisée par des accusations de lenteur et de dépendance politique, se voit contrainte à une profonde remise en question. Certains États européens appellent à une réforme accélérée de l’organisation, tandis que d’autres s’inquiètent d’une possible vague de départs.
Une rupture qui dépasse la santé
Le geste américain n’est pas uniquement sanitaire. Il s’inscrit dans une stratégie plus large : celle d’un désengagement des structures multilatérales construites après 1945. Après l’UNESCO, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et l’Accord de Paris sur le climat, l’OMS devient une nouvelle cible.
Kennedy Jr., figure controversée, antivaccins notoire et pourfendeur des élites scientifiques, devient ainsi le porte-voix d’un monde qui ne veut plus être gouverné depuis Genève ou New York.
La Rédaction

