À Doha, le Qatar Economic Forum 2025 s’ouvre sous surveillance diplomatique. Elon Musk, les ministres du Golfe et les géants de l’énergie dessinent les contours d’une nouvelle architecture économique régionale.
Le Qatar déroule le tapis rouge. Pendant trois jours, Doha accueille la cinquième édition du Qatar Economic Forum, une vitrine soigneusement calibrée pour attirer les capitaux, façonner les récits économiques globaux, et rappeler que le petit émirat entend jouer dans la cour des grands.
Le ton est donné dès l’ouverture : Elon Musk prend la parole le premier, confirmant son statut de figure incontournable de la tech mondiale. Mais au-delà des projecteurs, le forum est aussi traversé par des tensions plus souterraines.
Le Golfe cherche une voix commune
Les ministres de l’Économie du Qatar (Ali Al-Kuwari), de l’Arabie saoudite (Faisal Alibrahim) et le ministre turc des Finances (Mehmet Simsek) se retrouvent autour d’une table pour parler de croissance régionale. Le ton est cordial, mais le message est clair : le Golfe veut se positionner comme un bloc de stabilité et de modernité face aux incertitudes mondiales.
La présence du fonds souverain du Qatar, poids lourd des investissements globaux, souligne l’ambition de Doha de devenir un acteur structurant de la nouvelle économie verte, numérique et globale.
Trump en toile de fond
Mais l’ombre de Donald Trump plane sur l’événement. Le Qatar a dû démentir fermement les allégations selon lesquelles l’émirat aurait offert un avion à l’ancien président américain — désormais candidat — en échange d’un soutien politique. Doha dénonce une manipulation médiatique. « Il ne s’agit en aucun cas d’un pot-de-vin », a tranché un représentant officiel.
La séquence embarrasse, mais révèle aussi un point central : le Qatar cherche à se placer au centre des grands équilibres, entre Washington, Riyad, Pékin et Ankara. Et à soigner ses relations avec ceux qui comptent, présents ou futurs.
L’énergie comme levier stratégique
Autre intervenant de poids : Saad Al-Kaabi, ministre qatari de l’Énergie. Aux côtés du PDG de ConocoPhillips, Ryan Lance, il rappelle que le Qatar reste l’un des leaders mondiaux du gaz naturel liquéfié (GNL). Un levier qu’il sait manier avec finesse dans les discussions bilatérales — y compris en Europe.
Le forum s’ouvre ainsi sur un double front : celui de la croissance, bien sûr, mais aussi celui de la lutte d’influence. Entre invitations aux grands noms de la Silicon Valley et réaffirmation des ambitions énergétiques, le Qatar assume plus que jamais son rôle de carrefour du pouvoir économique.
La Rédaction

