Alors qu’Haïti continue de sombrer dans la violence orchestrée par des gangs lourdement armés, la coopération internationale autour de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) s’intensifie. Le 12 mai 2025, à Saint-Domingue, le Kenya a sollicité un soutien renforcé de la République dominicaine pour amplifier les efforts onusiens dans ce pays caribéen en crise.
Déployée en juin 2024 sous mandat des Nations unies, la MMAS peine à contenir une insécurité rampante, faute de moyens humains et logistiques. Avec seulement 1 000 soldats sur les 2 500 initialement prévus, la mission dirigée par le Kenya fait face à une violence toujours plus étendue. En avril dernier, la représentante spéciale de l’ONU, Maria Isabel Salvador, alertait déjà le Conseil de sécurité : « Sans aide internationale décisive, Haïti pourrait faire face à un chaos total ».
Dans ce contexte, le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a rencontré à Saint-Domingue son homologue dominicain Roberto Alvarez. Objectif : obtenir un appui plus large, non seulement à travers l’ONU mais aussi via la Communauté caribéenne (Caricom), pour renforcer la légitimité et l’efficacité de la MMAS. « Cette mission nécessite beaucoup de coopération en matière de partage de renseignements », a insisté Mudavadi.
Un accord de coopération a été signé entre les deux pays. Il prévoit notamment l’accueil et les soins médicaux en République dominicaine pour les policiers kényans blessés. Une aide déjà concrétisée, puisque 20 membres de la mission ont été soignés sur place. Cet appui humanitaire vient s’ajouter à un engagement politique plus affirmé du président dominicain Luis Abinader, qui martèle depuis des mois la nécessité d’empêcher un effondrement total d’Haïti : « Sinon, ses conséquences toucheront toute la région. »
Les gangs armés, qui contrôlent environ 85 % de la capitale Port-au-Prince, paralysent la vie quotidienne. Rien qu’au cours du premier trimestre 2025, la violence a fait 1 617 morts et 580 blessés, selon les derniers rapports. Face à ce désastre, la solidarité régionale devient un impératif stratégique autant qu’un devoir humanitaire.
Si le Kenya et la République dominicaine poursuivent leur coopération, ils pourraient incarner une nouvelle dynamique de soutien Sud-Sud en matière de sécurité internationale. Mais sans un sursaut collectif plus large, la MMAS pourrait rester une force symbolique face à une réalité hors de contrôle.
La Rédaction

