Face à l’insécurité croissante et à la précarité économique qui fragilisent la région des Savanes, au nord du Togo, l’Organisation internationale du travail (OIT) déploie une approche innovante centrée sur l’inclusion socio-professionnelle. Son projet pilote à Haute Intensité de Main-d’Œuvre (HIMO), lancé pour une durée d’un an, mise sur la réhabilitation des infrastructures et la formation pour stimuler le développement local tout en renforçant la cohésion sociale.
Des chantiers communautaires au service de la paix sociale
Plutôt que de s’inscrire dans une logique purement assistancielle, l’initiative parie sur l’autonomisation des populations vulnérables. Près de 1 200 personnes — jeunes sans emploi, femmes chefs de ménage, déplacés internes fuyant l’instabilité sahélienne — seront mobilisées sur des chantiers d’utilité publique : réhabilitation de pistes rurales, mise en place de pépinières, campagnes de reboisement.
Rémunérées selon les standards de l’OIT, ces activités visent à générer des revenus immédiats tout en contribuant à la restauration des écosystèmes, essentiels à l’agriculture de subsistance dans la région.
Un rempart contre l’embrigadement des jeunes
En arrière-plan, le projet entend s’attaquer aux causes structurelles de l’insécurité en créant des alternatives économiques solides. « L’absence de perspectives rend les populations captives des crises. En créant des emplois durables, nous sapons les mécanismes d’exclusion qui alimentent les tensions », souligne Ndeye Coumba Diop, directrice régionale de l’OIT pour l’Afrique.
Une attention particulière est portée à la formation technique et entrepreneuriale, adaptée aux réalités rurales, afin de doter les bénéficiaires de compétences durables.
Une stratégie intégrée au plan national
Ce volet « emploi » s’inscrit dans le cadre plus large du Programme d’urgence pour la résilience dans les Savanes (PURS), financé par la Banque mondiale. L’ambition est claire : transformer les chantiers HIMO en véritables incubateurs de micro-entreprises locales, notamment dans les domaines de la gestion des ressources naturelles et des travaux publics.
Si cette approche montre des résultats probants, elle pourrait inspirer de futures politiques publiques dans un pays où plus de 60 % des moins de 25 ans sont sous-employés.
Stabiliser les Savanes par l’ancrage territorial
Alors que la région frontalière du Burkina Faso reste exposée aux incursions jihadistes, l’OIT défend une vision de développement enracinée dans les dynamiques locales. Un pari ambitieux, où l’emploi devient à la fois un levier de relance économique et un rempart social.
Les premiers résultats, attendus d’ici fin 2024, pourraient contribuer à redessiner les priorités de la coopération internationale dans l’ensemble de la bande sahélienne.
La Rédaction

