Le Nigeria traverse une période de bouleversements politiques, alimentée par une série de départs importants au sein du principal parti d’opposition, le PDP. Ces défections renforcent la position du parti au pouvoir, l’APC, dans l’attente des élections de 2027. Le président Bola Tinubu, dans une stratégie de consolidation des forces, se concentre désormais sur l’État de Kano, un bastion crucial, en courtisant l’influent sénateur Rabiu Kwankwaso. Cependant, cette manœuvre ne se fait pas sans créer des tensions.
Dans les rues de Kano, la rumeur s’intensifie : le sénateur Rabiu Kwankwaso, ancienne figure emblématique de l’État, pourrait bien rejoindre l’APC, marquant ainsi un tournant majeur dans la politique locale. Ancien gouverneur de Kano et chef du Nouveau Parti du Peuple Nigérian (NNPP), Kwankwaso a su s’imposer comme un acteur politique incontournable. Lors de la dernière élection présidentielle, il est parvenu à rafler la tête dans la région, et son gendre, Abba Kabir Yusuf, a pris les rênes de la gouvernance de l’État, créant un affront direct à son ancien rival, Abdullahi Ganduje, gouverneur sortant.
L’ascension de Kwankwaso n’a pas manqué de créer des frictions au sein de l’APC, notamment avec Ganduje, l’actuel président du parti, qui voit d’un mauvais œil ce rapprochement avec Tinubu. Ce dernier, à l’affût de chaque opportunité pour renforcer ses bases avant les élections de 2027, sait que l’alliance avec Kwankwaso serait stratégique pour les prochaines échéances. Mais Ganduje, désireux de préserver sa position, s’emploie à isoler Kwankwaso en s’associant avec des figures influentes du NNPC pour contrecarrer les négociations entre le président et l’homme fort de Kano. Pour Ganduje, l’arrivée de Kwankwaso dans l’APC risquerait de semer la discorde et de fragiliser le parti.
L’ambiance à Kano est à la fois électrique et incertaine. Le climat politique se tend à mesure que les intérêts convergent et se heurtent, et cette bataille pour le contrôle de l’État pourrait bien redessiner les contours du pouvoir au Nigeria dans les années à venir.
La Rédaction

