Une nouvelle collaboration entre le Togo et l’Union européenne (UE) s’installe autour d’un objectif commun : renforcer la résilience du bassin du Mono, fleuve partagé avec le Bénin. Réunis à Lomé ce lundi, acteurs nationaux et partenaires internationaux ont posé les jalons d’un projet stratégique conciliant développement durable et gestion écologique dans cette zone cruciale d’Afrique de l’Ouest.
Une alliance structurée pour l’avenir
Loin d’une simple concertation institutionnelle, cette initiative s’ancre dans un plan d’action opérationnel, porté par l’Autorité du bassin du Mono (ABM). Cofinancé par l’Union européenne, le projet repose sur une gouvernance conjointe entre le Togo et le Bénin, pour répondre à des enjeux transfrontaliers majeurs : pression sur les ressources en eau, croissance des besoins énergétiques, et vulnérabilité aux chocs climatiques.
« Le Mono n’est pas qu’un cours d’eau, c’est un écosystème vital pour des millions de personnes. Notre approche intègre sécurité alimentaire, transition énergétique et adaptation aux dérèglements climatiques », a déclaré Mila Aziablé, ministre togolaise de l’Eau.
Un développement intégré aux effets multiples
L’innovation de cette coopération réside dans son approche multisectorielle et durable :
• Modernisation de l’agriculture par l’irrigation économe en eau
• Valorisation du potentiel hydroélectrique dans un cadre écologique
• Lutte naturelle contre les inondations grâce aux solutions basées sur la nature
• Appui à l’entrepreneuriat vert au sein des communautés riveraines
Le projet prévoit également la mise en place d’un observatoire régional des ressources hydriques, intégrant les nouvelles technologies pour anticiper les crises, surveiller les niveaux d’eau et optimiser leur répartition entre les secteurs agricoles, industriels et domestiques.
Un exemple concret de diplomatie climatique
Au-delà du cadre local, ce partenariat illustre le rôle croissant des coopérations Sud-Nord face aux défis environnementaux mondiaux. L’Union européenne considère cette initiative comme un projet pilote susceptible d’inspirer d’autres régions fluviales d’Afrique, alors que le continent reste l’un des plus exposés aux effets du changement climatique.
Les mois à venir seront déterminants, avec l’annonce officielle des financements et le démarrage effectif des premières actions sur le terrain. Un test de la solidarité internationale, à l’heure où les crises géopolitiques fragilisent les engagements climatiques.
La Rédaction

