À six mois du scrutin présidentiel, la Côte d’Ivoire s’enfonce dans un climat de tensions politiques. Vendredi 25 avril, le tribunal de première instance de Gagnoa a rejeté le recours déposé par Charles Blé Goudé contre sa radiation de la liste électorale provisoire. L’ancien ministre de la Jeunesse et ancien bras droit de Laurent Gbagbo voit ainsi sa candidature bloquée, son parti, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), dénonçant une décision lourde de conséquences pour l’équité du processus électoral.
Cette audience, considérée comme un moment charnière du contentieux électoral, confirme l’inéligibilité de Charles Blé Goudé, condamné par la justice ivoirienne à vingt ans de prison pour des faits liés à la crise post-électorale de 2010-2011, malgré son acquittement par la Cour pénale internationale. Bien que cette peine n’ait pas été exécutée, elle continue de le priver de ses droits civiques.
En décembre dernier, l’opposant avait officiellement sollicité une amnistie auprès du président Alassane Ouattara pour pouvoir participer au scrutin prévu le 25 octobre, sans succès à ce jour.
Une opposition en difficulté
Charles Blé Goudé n’est pas seul. L’ancien président Laurent Gbagbo et l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, actuellement en exil, se retrouvent également exclus du processus électoral en raison de condamnations judiciaires. Plus récemment, Tidjane Thiam, figure de proue du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a vu son nom radié de la liste électorale. La justice lui reproche d’avoir perdu la nationalité ivoirienne lors de son inscription en 2022, une décision qui a choqué une grande partie de l’opposition.
Face à cette série de radiations, les partis d’opposition dénoncent ce qu’ils appellent des « dérives autoritaires », pointant du doigt un climat de verrouillage politique en amont du scrutin. La liste électorale définitive doit être publiée en juin, dans une atmosphère déjà tendue.
La Rédaction

