Malgré les turbulences internes et les revers politiques, Jean-Pierre Fabre refuse de renoncer. Le leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), figure majeure de l’opposition togolaise depuis plus d’une décennie, continue de croire en sa lutte, même alors que son parti traverse l’une de ses plus graves crises internes.
La candidature surprise de Robert Adeblewo Kossi Olympio aux élections sénatoriales du 15 février dernier a marqué un tournant. En rupture avec la ligne officielle de l’ANC — qui avait décidé de boycotter le scrutin en signe de protestation contre la révision constitutionnelle — ce ralliement inattendu a été perçu comme une trahison par Jean-Pierre Fabre. À ses yeux, ce geste illustre les tentatives de « manœuvres déstabilisatrices » orchestrées, selon lui, par le pouvoir en place.
Dans un contexte tendu, où l’opposition peine à faire bloc et où la nouvelle Constitution prévoit une transition vers un régime parlementaire, Jean-Pierre Fabre demeure pourtant combatif. Il rejette ce qu’il considère comme une « confiscation du pouvoir » et redoute une manœuvre pour pérenniser le règne de Faure Essozimna Gnassingbé, déjà au pouvoir depuis 2005.
Malgré les départs successifs de plusieurs cadres de l’ANC, Fabre garde le cap. Il affirme que la véritable bataille se joue dans la clarté du discours, la mobilisation des consciences, et le refus de toute compromission avec ce qu’il qualifie de dérive autoritaire.
De leur côté, les autorités togolaises assurent que la réforme constitutionnelle vise à moderniser les institutions du pays et à assurer une meilleure stabilité politique. Elles dénoncent les appels au boycott comme étant contre-productifs et invitent tous les partis à prendre part au jeu démocratique.
Dans ce climat de recomposition politique, Jean-Pierre Fabre s’accroche à sa vision d’un Togo pluraliste, où les institutions seraient le reflet de la volonté populaire. « Tant qu’il y aura une once d’espoir, je continuerai à me battre », a-t-il récemment déclaré lors d’un point presse à Lomé.
À quelques mois des législatives, l’opposant historique n’a pas dit son dernier mot. Mais l’équation reste complexe : affaibli par les divisions internes, confronté à une réforme de grande ampleur, Jean-Pierre Fabre devra convaincre au-delà de ses fidèles pour exister dans cette nouvelle configuration politique.
La Rédaction

