Les États-Unis et l’Arabie saoudite se rapprochent d’un accord préliminaire en vue de développer une industrie nucléaire civile dans le royaume. Dimanche 13 avril, à Riyad, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a confirmé qu’un texte était en cours d’élaboration, sans qu’un consensus final n’ait encore été trouvé. Au cœur des discussions : des garanties cruciales pour Washington concernant l’usage strictement pacifique des technologies transférées.
Des ambitions énergétiques encadrées par la méfiance
La monarchie saoudienne, dirigée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, multiplie les efforts pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. L’atome civil s’inscrit dans cette stratégie. Pourtant, derrière les promesses d’énergie propre, les inquiétudes persistent. Riyad n’a pas encore accepté les conditions posées par Washington, notamment le renoncement à l’enrichissement d’uranium ou au retraitement du combustible usé, deux technologies sensibles pouvant ouvrir la voie à une militarisation.
Les déclarations antérieures du prince héritier n’aident pas à dissiper les soupçons : il avait affirmé que si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite ferait de même. Cette posture alimente les craintes d’un glissement vers une course régionale à l’atome, et ce malgré le cadre civil affiché du projet.
Un accord bilatéral, sans volet géopolitique élargi
Alors que l’administration Biden avait tenté, par le passé, d’intégrer la normalisation des relations entre Riyad et Israël dans le cadre plus large d’une coopération stratégique, cette perspective semble aujourd’hui écartée. Chris Wright n’a pas évoqué cette dimension politique dans ses échanges avec la presse. L’accord attendu d’ici la fin de l’année devrait donc se concentrer exclusivement sur la coopération énergétique entre les deux pays.
Ce recentrage technique n’efface pas pour autant les implications géopolitiques du projet. Car tout accord nucléaire, même civil, dans une région aussi instable, constitue un levier d’influence et un marqueur d’alignement stratégique. Et si Washington cherche à contenir l’influence de Pékin et de Moscou dans le Golfe, il devra jongler entre soutien technologique et vigilance non-prolifération.
La Rédaction

