La première élection présidentielle post-transition militaire au Gabon place sans surprise le général Brice Oligui Nguema en position de favori. L’ancien chef de la junte, désormais civil et candidat à un mandat de sept ans, domine très nettement les résultats partiels rendus publics par les médias officiels.
Dans la nuit de samedi à dimanche, alors que les bureaux de vote ont fermé à 18h, le dépouillement s’est poursuivi dans les écoles et centres électoraux du pays. Sur les tableaux noirs filmés par la télévision publique Gabon 24, le nom d’Oligui revenait en boucle, dépassant très largement ses sept adversaires. À l’étranger, notamment en France, plusieurs bureaux affichent même des scores de 100 % en faveur du « président-candidat », selon CTRI News.
Une participation massive et un climat apaisé
Le scrutin a été marqué par une mobilisation qualifiée « d’historique » par les médias d’État. À 18h30, le taux de participation atteignait déjà 87,21 %, selon le ministère de l’Intérieur, qui a prévu de publier les résultats consolidés dimanche à 13h30. Contrairement aux précédents scrutins entachés de contestations, cette fois, les médias internationaux et indépendants ont été autorisés à filmer les opérations de dépouillement. Des observateurs internationaux présents sur le terrain ont rapporté une journée globalement calme, sans incidents majeurs.
Une opposition éclipsée, un pouvoir consolidé
Brice Oligui Nguema, chef du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), avait renversé Ali Bongo Ondimba en août 2023, mettant fin à plus de cinq décennies de pouvoir de la famille Bongo. Lors de cette présidentielle, il affrontait une opposition marginalisée, dont Alain-Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre d’Ali Bongo, peu visible pendant la campagne.
Un pays en attente de renouveau
Quelque 920.000 électeurs étaient appelés aux urnes dans 3.037 bureaux de vote, dont 96 hors du pays. Si la transition militaire a ramené un calme relatif, les défis économiques et sociaux restent énormes : un chômage endémique, des infrastructures délabrées, des pannes récurrentes d’électricité et d’eau, un système éducatif fragilisé, des hôpitaux en crise. La dette publique, qui atteignait 73,3 % du PIB en 2024, illustre l’ampleur de la tâche. Pour beaucoup de Gabonais, cette élection ne doit pas seulement marquer la fin d’un cycle, mais ouvrir une ère nouvelle, loin de la gabegie passée.
La Rédaction

