En visite à Adré, à l’est du Tchad, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a lancé un appel pressant à la communauté internationale. Alors que la guerre au Soudan continue de ravager le pays depuis avril 2023, forçant des millions de civils à fuir, l’aide humanitaire s’amenuise dangereusement, au moment même où les besoins explosent.
« L’action humanitaire ne peut s’arrêter aux frontières. Elle doit se poursuivre au cœur du Soudan, auprès des déplacés, mais aussi dans les zones frontalières comme ici, à Adré, et dans les pays d’accueil », a insisté Filippo Grandi, inquiet de la baisse constante des financements. Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF) a déjà déraciné plus de 14 millions de personnes, fragilisant les structures sociales et provoquant des pénuries critiques, notamment au Darfour.
Le Tchad, en première ligne face à cet afflux de réfugiés, peine à absorber ce choc humanitaire. Si el-Fasher, capitale du Darfour Nord, reste sous contrôle de l’armée régulière, les combats incessants et les frappes de la RSF continuent de faire des ravages. Dans certaines régions, la famine s’installe, ajoutant à la détresse une urgence nutritionnelle.
La mobilisation de la communauté internationale devient vitale. Le Tchad, déjà en difficulté sur le plan économique, ne peut faire face seul à cette tragédie régionale. L’ONU en appelle à une solidarité durable, loin des élans ponctuels, afin d’éviter un effondrement humanitaire qui, prévient Grandi, pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du Sahel.
La Redaction

