Depuis son indépendance en 1975, le Mozambique n’a connu qu’un seul maître : le Front de libération du Mozambique (Frelimo). D’abord parti unique, puis force dominante malgré l’instauration du multipartisme en 1992, le Frelimo s’accroche au pouvoir à coups d’élections contestées et de répression brutale. L’élection d’octobre 2024 a été le point de rupture, plongeant le pays dans une vague de manifestations sévèrement réprimées.
Un scrutin entaché de soupçons et un peuple en colère
Les élections générales du 9 octobre 2024 ont confirmé l’hégémonie du Frelimo, avec une victoire annoncée de Daniel Chapo, crédité initialement de 70 % des suffrages, puis révisé à 65 %. Face à lui, Venâncio Mondlane, candidat de l’opposition, s’est vu attribuer 20 %, puis 24 %, malgré une mobilisation populaire massive en sa faveur.
Mais cette énième victoire du Frelimo ne passe plus. Observateurs nationaux et internationaux ont dénoncé une fraude d’une ampleur inédite. Le peuple, convaincu d’un hold-up électoral, est descendu dans la rue. La réponse du pouvoir a été immédiate et sanglante.
Une répression féroce qui tourne au massacre
Depuis la proclamation des résultats, la répression a pris des proportions alarmantes. Amnesty International rapporte plus de 300 morts à la mi-janvier 2025, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Les forces de sécurité, appuyées par des milices proches du régime, multiplient les exactions : arrestations arbitraires, actes de torture, disparitions forcées. Le 19 octobre 2024, l’assassinat de deux figures de la campagne de Mondlane, Elvino Dias et Paulo Guambe, a marqué un tournant, confirmant l’implication directe des forces de sécurité dans l’élimination des opposants.
Un régime verrouillé, mais une contestation qui ne faiblit pas
Le Frelimo ne gouverne plus, il règne. L’appareil d’État et le parti ne font qu’un, étouffant toute velléité de changement. Pourtant, la contestation actuelle est inédite. Des jeunes aux ouvriers, des paysans aux classes moyennes, tous les pans de la société se mobilisent.
Les revendications dépassent désormais la simple dénonciation de la fraude électorale. L’explosion du coût de la vie, l’accaparement des ressources par les élites du Frelimo et l’emprise croissante des multinationales, notamment dans le secteur gazier, attisent la colère populaire.
Silence coupable de la communauté internationale
Malgré l’ampleur de la crise, les réactions internationales restent timides. Amnesty International et quelques organisations de défense des droits humains dénoncent la situation, mais les puissances occidentales, préoccupées par leurs intérêts économiques, tardent à condamner fermement le régime.
Pendant ce temps, le peuple mozambicain, bien que brisé par la répression, ne renonce pas. Le bras de fer est engagé entre un régime vieillissant prêt à tout pour survivre et une population qui n’a plus rien à perdre.
La Rédaction

