Après avoir pris la décision radicale d’expulser les dirigeants de trois sociétés pétrolières chinoises, Niamey cherche désormais à apaiser les tensions avec Pékin. Lors d’une conférence de presse récente, le ministre nigérien du Pétrole, Sahabi Oumarou, a souligné que la junte au pouvoir ne souhaitait pas rompre avec un partenaire économique aussi stratégique et a appelé à des négociations.
Une décision qui secoue les relations sino-nigériennes
L’expulsion des dirigeants des compagnies Soraz, CNPC et Wapco, engagées dans l’exploitation du pétrole au Niger, a marqué un tournant dans les relations entre Niamey et Pékin. Pourtant, les autorités nigériennes assurent que cette mesure ne signifie pas une remise en cause de la coopération avec la Chine, premier investisseur étranger du pays.
Si le ministre du Pétrole a exposé les raisons de cette décision, il a soigneusement évité d’évoquer la crise de carburant qui frappe actuellement le Niger ainsi que la dette colossale de 300 milliards de F CFA que la Sonidep, la société publique de distribution pétrolière, doit à Soraz.
Des revendications claires : salaires, effectifs et contrats
Les autorités nigériennes exigent une revalorisation des salaires des employés locaux, qui gagnent en moyenne 1 200 dollars par mois, contre environ 8 600 dollars pour leurs homologues chinois. Elles réclament également une « nigérisation » des effectifs, une renégociation des contrats avec l’État et le paiement de 80 milliards de F CFA d’arriérés d’impôts.
Face à ces revendications, les entreprises chinoises se sont montrées réticentes, ce qui a conduit Niamey à prendre une décision radicale. Toutefois, consciente des enjeux économiques, la junte tente aujourd’hui de rétablir le dialogue pour éviter une crise diplomatique qui pourrait fragiliser un secteur pétrolier clé pour les finances du pays.
Un équilibre délicat à trouver
Si le Niger affiche une volonté d’émancipation économique et de rééquilibrage des relations avec ses partenaires étrangers, il ne peut se permettre une rupture brutale avec Pékin. L’enjeu est de taille : les investissements chinois structurent une grande partie de l’économie nigérienne, et la manne pétrolière représente une source de revenus essentielle pour le pays.
Les prochains jours seront déterminants pour évaluer la capacité du Niger à maintenir un rapport de force tout en préservant ses intérêts économiques.
La Rédaction

