Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) défie le pouvoir fédéral éthiopien en reprenant plusieurs villes stratégiques. Abiy Ahmed optera-t-il pour la fermeté ou un compromis fragile ?
Un nouveau coup de force au Tigré
Le 11 mars, les forces fidèles à une faction du TPLF ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes du Tigré, mettant à mal l’accord de paix signé en novembre 2022 à Pretoria. Cette montée en puissance des troupes de Debretsion Gebremichael, chef historique du TPLF, marque une rupture avec l’administration intérimaire de Getachew Reda, mise en place sous l’égide du gouvernement fédéral.
Depuis son éviction en 2024, Getachew dénonce un « coup d’État » et appelle Addis-Abeba à rétablir son autorité. Or, le Premier ministre Abiy Ahmed reste silencieux, laissant planer l’incertitude sur la réaction de son gouvernement.
Un équilibre précaire sous pression
Les tensions internes au TPLF et l’implication d’Addis-Abeba compliquent la situation. Si Getachew était soutenu par le gouvernement fédéral, il était perçu par la faction de Debretsion comme un instrument destiné à affaiblir l’influence du TPLF. L’accusation de « trahison nationale » qui lui est adressée en dit long sur les fractures internes qui déchirent la région.
Dans ce climat explosif, le ministre des Affaires étrangères Gedion Timothewos a dénoncé le TPLF comme un « fauteur de troubles en série », l’accusant de violations de l’accord de Pretoria et de collusion avec l’Érythrée. Pourtant, en coulisses, les négociations semblent avancer.
Vers une sortie de crise ?
Debretsion aurait discrètement rencontré des représentants du gouvernement fédéral à Addis-Abeba, suggérant une volonté de dialogue. L’un des scénarios envisagés serait le remplacement de Getachew Reda par une figure plus consensuelle, comme Tadesse Werede, chef des Forces de défense du Tigré. Mais cette option reste incertaine.
À quelques jours du 23 mars, date butoir pour la transition politique au Tigré, Abiy Ahmed doit trancher. Choisira-t-il la stabilité en acceptant un compromis ou prendra-t-il le risque d’un nouvel embrasement ?
La Rédaction

