La fin de la transition politique au Tchad marque un tournant pour le pays, avec une victoire écrasante du parti du président Mahamat Idriss Déby Itno, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Depuis la prise de pouvoir de son père en 1990, et la transition imposée après sa mort en avril 2021, le Tchad semble désormais sous un contrôle total du MPS, confirmant ainsi la consolidation de la gouvernance de Mahamat Idriss Déby.
Les élections sénatoriales ont vu une écrasante victoire du MPS, qui a remporté 43 des 46 sièges, consolidant ainsi son emprise sur les institutions du pays. Après trois années de transition, ce résultat, combiné à un mandat présidentiel de cinq ans obtenu en mai 2024 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, scelle la fin de la période de transition.
Le MPS domine également l’Assemblée nationale, contrôlant 124 des 188 sièges, et les présidences des 23 régions du pays. La situation actuelle rappelle une époque où un seul parti, le MPS, tient les rênes du pays, une situation qui n’était pas arrivée depuis le renversement du dictateur Hissène Habré en 1990.
L’opposition, qui refuse de participer aux scrutins, exprime son inquiétude face à une situation où toutes les institutions républicaines semblent désormais sous le contrôle d’un seul parti. Mahamat Zene Chérif, président du parti Tchad Uni, a qualifié les résultats de « préfabriqués », soulignant la fragilité de la démocratie dans le pays.
Bien que Mahamat Idriss Déby ait évoqué la nécessité d’un gouvernement plus inclusif, la réalité politique semble indiquer le contraire, avec un remaniement gouvernemental début février qui n’a pas pris en compte l’opposition. Le Tchad semble donc dans une nouvelle phase de son histoire, dominée par une seule force politique.
La Rédaction

