Le sommet de la Ligue arabe, qui s’est tenu récemment au Caire, s’est conclu sur une décision majeure : l’adoption du plan égyptien pour la reconstruction de la bande de Gaza. Porté par le président Abdel Fattah al-Sissi, ce projet vise à offrir une alternative concrète à la proposition américaine, largement critiquée, qui ambitionnait de transformer l’enclave palestinienne en une destination touristique, au prix du déplacement de sa population.
Un projet à 53 milliards de dollars
Le plan égyptien prévoit un investissement colossal de 53 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, en mettant l’accent sur le maintien des habitants sur place. Il inclut la réhabilitation des infrastructures essentielles, la construction de logements et la relance de l’économie locale. Ce projet s’oppose frontalement à la proposition du président américain Donald Trump, qui suggérait de faire de Gaza une “Riviera du Moyen-Orient”, une initiative perçue comme une tentative de vider la bande de sa population en échange de promesses de prospérité.
Soutien régional et mise en garde syrienne
Le plan égyptien a reçu un large soutien des pays arabes présents au sommet, qui y voient une réponse pragmatique à la crise humanitaire en cours. L’ONU a également salué cette initiative, soulignant son importance pour garantir la stabilité dans la région.
Par ailleurs, le président syrien Ahmad el-Chareh a profité du sommet pour appeler la communauté internationale à intensifier la pression sur Israël, afin qu’il retire “immédiatement” ses troupes du sud de la Syrie. Cette déclaration, bien que distincte du dossier gazaoui, illustre la volonté des pays arabes d’adopter une posture plus ferme face à l’État hébreu.
Un camouflet pour Washington
L’adoption du plan égyptien marque un désaveu pour les États-Unis, dont la proposition est désormais reléguée au second plan. Cette décision met en lumière la capacité des pays arabes à s’organiser pour contrer des projets perçus comme contraires aux intérêts palestiniens. Reste à voir si l’aide financière nécessaire suivra, et si la mise en œuvre de ce plan ambitieux pourra réellement transformer Gaza en un territoire viable, sans compromis sur la souveraineté de ses habitants.
La Rédaction

