En Haute-Égypte, le tatouage a été une pratique courante, particulièrement au début du 20e siècle. Cette tradition, pratiquée principalement par les femmes, n’était pas uniquement décorative. Elle était également utilisée à des fins thérapeutiques. Les motifs les plus répandus comprenaient des lignes régulières, des points circulaires sur le menton et des motifs de bracelets sur les mains.
Les tatouages étaient réalisés pour des raisons sociales et culturelles, mais aussi pour traiter certaines affections. Par exemple, des lignes ou des points étaient gravés sur la tête pour soulager les maux de tête ou sur le dos des mains pour apaiser les douleurs dans les doigts. Les outils utilisés étaient simples : des aiguilles fixées à un bâton court, souvent trempées dans de l’encre fabriquée à partir de suie provenant des lampes à gaz.
Un changement social et religieux
À partir des années 1970, un changement profond s’est produit avec l’introduction des idéologies religieuses conservatrices, notamment influencées par le wahhabisme. Cette évolution a affecté les pratiques sociales et culturelles en Égypte, et le tatouage, perçu comme incompatible avec une interprétation stricte de l’islam, a progressivement disparu.
Ce phénomène a été renforcé par les mouvements migratoires vers les pays du Golfe, où ces idéologies religieuses avaient une influence croissante. Lorsque les migrants sont retournés en Égypte, ils ont apporté avec eux des idées qui ont contribué à la remise en question de certaines traditions locales, comme le tatouage.
La disparition progressive
Aujourd’hui, les tatouages traditionnels ont disparu des villages de Haute-Égypte. Ils ne restent visibles que sur les corps des femmes âgées ou dans des photographies de famille anciennes. La recherche de tatoueurs traditionnels n’a donné aucun résultat dans les villages où cette pratique était autrefois courante.
Le tatouage, autrefois répandu et utilisé pour ses vertus thérapeutiques et culturelles, fait désormais partie d’un passé révolu en Haute-Égypte. La tradition s’est éteinte, en grande partie à cause des changements sociaux et religieux, et aujourd’hui, peu de traces en subsistent. La disparition de cette pratique témoigne des transformations profondes dans la société égyptienne, où les coutumes populaires ont cédé la place à des normes plus strictes.
La Rédaction

