La Commission de la concurrence sud-africaine a frappé fort contre les géants du numérique. Dans un rapport préliminaire publié le 24 février 2025, elle accuse Google, Meta et X (anciennement Twitter) d’entraver le développement des médias sud-africains en faussant la concurrence sur le marché de la publicité et de la visibilité en ligne. Une sanction financière et des changements d’algorithmes sont envisagés pour corriger ces déséquilibres.
Un algorithme au service des géants internationaux ?
Le cœur du problème réside dans le moteur de recherche de Google. Selon les autorités sud-africaines, l’algorithme privilégie les grands médias internationaux au détriment des publications locales, limitant ainsi leur audience et leurs revenus publicitaires. En conséquence, le paysage médiatique sud-africain se serait progressivement affaibli au cours des 14 dernières années.
La Commission recommande donc que Google paie une compensation annuelle comprise entre 300 et 500 millions de rands (environ 27,29 millions de dollars) aux médias sud-africains pendant une période de trois à cinq ans. En parallèle, des ajustements techniques devraient être apportés pour mieux positionner les sources locales dans les résultats de recherche.
Une taxe pour contraindre les géants du numérique
Si ces mesures ne sont pas mises en œuvre dans un délai de six mois après la publication du rapport final, la Commission prévoit d’imposer une taxe de 5 à 10 % sur les revenus publicitaires des entreprises concernées.
Google, principal visé, conteste ces accusations et met en avant l’impact positif de ses services sur l’écosystème médiatique local. L’entreprise affirme avoir généré 350 millions de rands en trafic de référence pour les éditeurs sud-africains en 2023, alors que ses propres revenus publicitaires sur ce marché seraient inférieurs à 19 millions de rands.
Meta, de son côté, n’a pas encore officiellement réagi aux conclusions de la Commission.
Un bras de fer à l’échelle mondiale
Cette offensive de l’Afrique du Sud s’inscrit dans une tendance globale où plusieurs pays cherchent à réguler l’influence des géants du numérique sur l’information et la publicité. Des initiatives similaires ont déjà été observées en Australie, au Canada et en Europe.
Reste à voir si Pretoria tiendra tête aux mastodontes de la Silicon Valley et si ces derniers accepteront d’adapter leurs pratiques pour éviter une taxation punitive.
La Rédaction

