Les relations entre le Mali et l’Algérie, tendues depuis plusieurs mois, pourraient connaître un tournant. Dans un geste diplomatique significatif, le général Assimi Goïta, président de la Transition malienne, a récemment reçu le général Mohamed Amaga Dolo, nouvel ambassadeur malien en Algérie, nommé en octobre 2024. Cette démarche semble marquer l’intention de Bamako de rétablir le dialogue, après une période de vives tensions.
La rupture diplomatique entre les deux pays a commencé à se dessiner en décembre 2023, lorsque le président algérien Abdelmadjid Tebboune a rencontré l’imam malien Mahmoud Dicko, un acte que Bamako a interprété comme une ingérence. En janvier 2024, le Mali a annulé unilatéralement l’accord de paix d’Alger de 2015, accusant l’Algérie de soutenir des actions hostiles.
Les échanges houleux ont continué avec des critiques algériennes concernant la stratégie militaire malienne, notamment lors de débats aux Nations Unies en août 2024, et des accusations de “propagande terroriste” formulées par Bamako. En 2025, les tensions ont atteint un nouveau sommet avec des déclarations acerbes échangées entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
Cette détérioration des relations survient dans un contexte sécuritaire complexe au nord du Mali, marqué par la création du Front de libération de l’Azawad en novembre 2024 et des affrontements autour de Tinzaouatène. Si la nomination du général Dolo peut être perçue comme un signe de volonté de dialogue, les différends persistants, notamment sur le rôle de l’Algérie dans la crise malienne et ses liens avec les rebelles, continuent de poser un défi majeur pour la normalisation des relations. L’avenir des relations entre les deux États dépendra de leur capacité à surmonter leurs divergences et à reconstruire une coopération basée sur leurs liens historiques.
La Rédaction

