Et si la technologie devenait l’arme secrète du Togo pour lutter contre les maladies cutanées négligées ? Porté par la Société Togolaise de Dermatologie (SOTODERM), un projet pionnier de télédermatologie vient d’être lancé avec le soutien de l’ONG allemande DAHW. Son objectif : briser l’isolement des zones rurales en offrant des diagnostics spécialisés à des milliers de patients, malgré la pénurie de dermatologues.
Une réponse numérique à une crise sanitaire silencieuse
Avec seulement une poignée de dermatologues pour une population de 8 millions d’habitants, le Togo mise sur les outils numériques pour relever un défi de taille : comment prendre en charge efficacement des pathologies comme l’ulcère de Buruli ou la lèpre dans des régions reculées ? Doté d’un budget de 550 000 € (plus de 350 millions FCFA), le projet repose sur des téléconsultations et le partage sécurisé d’images médicales. Une avancée majeure qui pourrait transformer l’accès aux soins dans 15 districts ruraux, des savanes du Nord aux villages côtiers.
Cibler les “maladies de l’ombre”
L’initiative se concentre sur des affections tropicales souvent négligées mais aux conséquences dramatiques : gale, leishmaniose, onchocercose… Des maladies peu prises en compte par les politiques sanitaires internationales, bien qu’elles affectent profondément les communautés locales. “Grâce à la télémédecine, un infirmier de Dapaong pourra obtenir en temps réel l’avis d’un dermatologue basé à Lomé”, explique un responsable de SOTODERM. Un gain de temps crucial pour des pathologies où une prise en charge rapide est essentielle.
Un laboratoire pour l’Afrique de demain ?
Ce programme de 51 mois s’inscrit dans une dynamique régionale. Alors que l’OMS intensifie ses efforts contre les maladies tropicales négligées (MTN), le Togo se positionne comme un acteur innovant dans le domaine. La collaboration avec DAHW, spécialiste reconnu de la lutte contre la lèpre, apporte une expertise précieuse.
Un enjeu majeur : assurer la pérennité du projet
Si le financement initial couvre l’achat d’équipements et la formation des soignants, la connectivité dans les villages demeure un défi central. Un enjeu technique et social, alors que le pays accélère l’extension de son réseau 4G.
Au-delà des chiffres, ce projet incarne un espoir : celui de voir la technologie réduire les inégalités en matière de santé. Une ambition qui pourrait faire du Togo un modèle de décentralisation médicale en Afrique.
La Rédaction

