Vingt ans après la disparition du général Gnassingbé Éyadéma, le gouvernement togolais a provoqué une controverse en appelant à des célébrations religieuses en sa mémoire. L’initiative, portée par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie coutumière, le colonel Awoté Hodabalo, divise les fidèles et soulève des interrogations sur la frontière entre politique et religion.
Une invitation officielle aux leaders religieux
Dans le cadre des commémorations marquant les vingt ans du décès de l’ancien président, le colonel Hodabalo a adressé, le mardi 28 janvier, une lettre aux responsables religieux. Il y invite les temples, paroisses, mosquées et couvents traditionnels à organiser des séances de prières pour « le repos de l’âme » du « père de la Nation ». Selon le courrier, les célébrations sont prévues aux dates du 31 janvier, du 2 et du 4 février, couvrant ainsi les trois principales confessions religieuses du pays.
Un appel qui divise
Cette demande a rapidement suscité des débats : s’agit-il d’une simple recommandation ou d’une injonction déguisée ? Pour certains, comme Théodore, un fidèle chrétien, « cette demande ressemble plus à une obligation qu’à une suggestion ». D’autres, à l’image d’un prêtre catholique interrogé, estiment que « le gouvernement est conscient du principe de liberté religieuse et veille à ne pas heurter les sensibilités ».
Le général Gnassingbé Éyadéma, qui a dirigé le Togo pendant 38 ans, est décédé le 5 février 2005. Pour marquer cet anniversaire, plusieurs événements sont organisés, dont un colloque international prévu le lundi 3 février. Mais alors que le débat sur l’initiative gouvernementale enfle, une question demeure : jusqu’où peut aller l’État dans la commémoration d’un ancien chef d’État sans empiéter sur la sphère religieuse ?
La Rédaction

