Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine met en lumière l’émergence de souches de tuberculose multirésistantes en Suisse. Cette découverte soulève des inquiétudes quant à l’efficacité des traitements actuels et à l’évolution de cette maladie infectieuse qui demeure l’une des plus meurtrières au monde.
Une maladie toujours redoutable
Causée par Mycobacterium tuberculosis, la tuberculose se transmet par voie aérienne et entraîne des symptômes graves : toux persistante, douleurs thoraciques, fièvre prolongée et perte de poids importante. Malgré les progrès médicaux, elle reste une menace majeure pour la santé publique, avec environ 1,25 million de décès chaque année.
Jadis appelée “phtisie” et largement évoquée dans la littérature en raison de sa létalité, la tuberculose demeure un défi médical, notamment en raison de l’apparition de souches résistantes aux antibiotiques.
Un traitement raccourci, mais des résistances en hausse
Pour améliorer la prise en charge des patients, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a introduit en 2022 un protocole thérapeutique plus court et plus efficace, réduisant la durée du traitement de plus d’un an à seulement quelques mois. Mais à peine deux ans après son déploiement, des résistances préoccupantes commencent à apparaître.
C’est ce que révèle cette nouvelle étude, à laquelle a participé Chloé Loiseau, post-doctorante à l’Institut suisse de maladies tropicales et de santé publique. Spécialiste de la tuberculose, elle souligne la rapidité avec laquelle la bactérie s’adapte aux nouvelles stratégies thérapeutiques, compromettant ainsi les efforts de lutte contre la maladie.
Une surveillance accrue nécessaire
Cette découverte rappelle l’importance d’une vigilance constante face à la tuberculose et à l’antibiorésistance en général. La communauté scientifique doit continuer à surveiller l’évolution des souches résistantes et à adapter les traitements pour contenir leur propagation.
Alors que la tuberculose semblait en voie de régression dans de nombreux pays, ces nouvelles données rappellent que la bataille est loin d’être terminée.
La Rédaction

