Avec seulement 2 % de son électricité provenant des énergies fossiles, l’Uruguay se classe parmi les leaders mondiaux de la transition énergétique. Ce petit pays sud-américain, souvent connu pour sa production de viande bovine, s’est imposé comme un modèle grâce à une stratégie ambitieuse et des choix visionnaires en matière d’énergies renouvelables.
Des débuts précaires
Il y a un demi-siècle, l’Uruguay dépendait presque entièrement de deux modestes barrages hydroélectriques et d’une centrale thermique. Les sécheresses régulières dans le bassin du Río Negro entraînaient des coupures de courant, perturbant le quotidien des habitants. Même en 2007, près d’un tiers de l’électricité provenait encore de combustibles fossiles. Pourtant, en moins de deux décennies, ce chiffre est tombé à 2 %.
L’essor de l’éolien
La véritable transformation énergétique de l’Uruguay a été portée par l’éolien, qui représente aujourd’hui 38 % de la production nationale. L’histoire s’accélère en 2008, en pleine croissance économique, alors que le réseau électrique, déjà sous tension, peine à répondre à la demande croissante. Ramón Méndez Galain, professeur et futur directeur national de l’énergie, y voit une opportunité. Sous l’impulsion du président Tabaré Vázquez, il élabore une stratégie visant à exploiter les vastes étendues agricoles pour y installer des éoliennes.
Les agriculteurs, d’abord sceptiques, se laissent convaincre grâce aux revenus locatifs offerts par l’entreprise publique UTE. Ce modèle, inspiré du Brésil mais adapté aux besoins locaux, repose sur des partenariats public-privé. Les entreprises privées financent et construisent les infrastructures, tandis qu’UTE garantit l’achat de l’électricité produite à un tarif stable sur 20 ans.
Une révolution économique et sociale
En quelques années, près de 700 éoliennes ont été érigées à travers le pays. Cette transition a permis non seulement de réduire drastiquement la dépendance aux combustibles fossiles, mais aussi de stabiliser les factures d’électricité, comme le souligne Alda Novell, une habitante de Montevideo : « Les économies sont significatives, et les pannes de courant, autrefois fréquentes, sont devenues rares. »
Cette transition énergétique a également eu des retombées sociales majeures, avec la création de nombreux emplois dans le secteur des renouvelables. Luis Prats, journaliste à Montevideo, observe : « En parcourant les zones rurales, on ne peut manquer de remarquer les éoliennes qui parsèment le paysage, symbole d’un progrès tangible. »
Leçons d’un modèle
L’histoire de l’Uruguay montre qu’une coopération entre acteurs publics et privés, alliée à une vision politique forte, peut transformer un secteur énergétique. Ce modèle, qui mise sur la diversification des sources et l’intégration des énergies renouvelables, est aujourd’hui une source d’inspiration pour de nombreux pays.
En 2025, l’Uruguay reste un exemple à suivre, prouvant qu’une transition écologique ambitieuse est non seulement possible, mais aussi bénéfique sur les plans économique et social.
La Rédaction

