Dans son message à la nation du 31 décembre 2024, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé une rationalisation imminente des partis politiques. Cette initiative suscite à la fois des polémiques et des réactions positives.
Depuis le mandat de l’ex-président Abdoulaye Wade, la question du nombre de partis politiques n’a cessé de revenir sur la table des débats. En douze ans, le nombre de partis a explosé, passant de 45 à 348, un phénomène qui inquiète le gouvernement sénégalais.
Dans son allocution, le président Faye a déclaré : « L’inflation des partis politiques, favorisée par une application trop laxiste des textes en vigueur, a conduit à une fragmentation excessive et préoccupante, nuisible à la respiration démocratique de qualité. » Il a particulièrement pointé du doigt la loi de 1981, qui a facilité la création de partis politiques de manière trop souple.
Pour Moundiaye Cissé, président de l’ONG 3D, la liberté d’association doit être encadrée. « Il est évident que la Constitution garantit la liberté d’association en son article 12, mais cette liberté ne doit pas être absolue », a-t-il souligné.
Selon Moundiaye Cissé, « Actuellement, nous n’avons qu’une loi sur les partis politiques, une loi de six articles qui ne correspond en rien à nos réalités actuelles. Il serait donc nécessaire de disposer d’un code des partis politiques, ce qui permettrait de renforcer les partis et de les protéger juridiquement. »
Le président Bassirou Diomaye Faye, ayant dénoncé l’application laxiste de la loi, prévoit d’organiser des concertations pour assurer une meilleure lisibilité du jeu démocratique au Sénégal.
La Rédaction

