L’ex-président bolivien Evo Morales, actuellement réfugié dans son fief politique du Tropico de Cochabamba, a qualifié mardi de « guerre juridique » les actions du gouvernement dirigé par Luis Arce, son ancien allié et rival pour l’élection présidentielle de 2025. Morales est visé par un mandat d’arrêt pour avoir entretenu une relation avec une adolescente pendant son mandat, une accusation qu’il rejette fermement.
Le ministère public a annoncé lundi l’émission d’un mandat d’arrêt contre Morales pour « traite d’êtres humains à l’égard d’une mineure », une accusation selon laquelle il aurait eu une fille en 2016 avec une jeune fille de 15 ans. En parallèle, le parquet a requis une détention provisoire de six mois.
Le mandat d’arrêt, lancé le 16 octobre, avait jusqu’alors été maintenu secret en raison de la complexité de l’affaire, impliquant un ancien président. La procureure Sandra Gutiérrez a expliqué que l’arrestation avait été entravée par des barrages routiers érigés par les partisans de Morales, qui dénonçaient une « persécution judiciaire ». Malgré plusieurs tentatives d’arrestation, l’ex-président est resté hors de portée de la police, bien que des affrontements violents aient éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants.
Les avocats de Morales, qui dénoncent des irrégularités procédurales, ont contesté le fond de l’affaire, arguant que les faits avaient déjà été examinés et classés en 2020. Un recours juridique a permis d’annuler un premier mandat d’arrêt en septembre. Morales lui-même a réaffirmé sur les réseaux sociaux qu’il était victime d’une « persécution judiciaire » orchestrée par Arce, qu’il accuse d’utiliser les institutions pour l’éliminer politiquement.
L’affaire est d’autant plus sensible qu’elle met en cause un ancien président et implique des allégations graves de traite d’êtres humains. Le gouvernement, quant à lui, continue de soutenir que des preuves suffisantes existent pour justifier l’arrestation et les accusations portées. Morales, âgé de 65 ans, encourt une peine de 10 à 15 ans de prison si la justice confirme les accusations à son encontre.
La Rédaction

