La FIFA a tranché. Le Mondial 2030 sera organisé par le trio Espagne-Portugal-Maroc, marqué par une singularité : trois rencontres inaugurales en Amérique du Sud pour célébrer le centenaire de la compétition. En 2034, l’Arabie saoudite, seule en lice, accueillera l’événement. Mais derrière ces décisions, les critiques pleuvent, oscillant entre préoccupations écologiques, atteintes aux droits humains et défis logistiques.
Une fête mondiale au prix d’une empreinte écologique colossale
Le Mondial 2030, surnommé le “Mondial du centenaire”, ne manque pas d’ambition. Avec six pays impliqués, les premières rencontres auront lieu en Uruguay, en Argentine et au Paraguay avant de basculer en Europe et en Afrique. Cette configuration inédite suscite toutefois des interrogations : la traversée de l’Atlantique par les équipes et les supporters alourdit considérablement l’empreinte carbone d’un événement déjà décrié pour son impact environnemental. Selon Antoine Miche, de Football Écologie France, “80 % des émissions de ce type d’événements sont liées au transport, notamment aérien, ce qui sera amplifié par une telle dispersion géographique”.
En 2034, le défi écologique persistera en Arabie saoudite, un pays loin d’être un modèle en matière de développement durable. Avec seulement deux stades aux normes actuellement, le royaume devra construire des infrastructures massives, à l’image du projet futuriste de Qiddiya, nécessitant des ressources colossales dans un climat aride. De plus, la gestion de l’eau, cruciale pour les pelouses et les supporters, soulève des doutes dans un contexte de réchauffement climatique exacerbé.
Des droits humains sur la sellette
Au-delà des considérations environnementales, les choix de la FIFA posent la question des droits humains. L’Arabie saoudite, comme le Qatar avant elle, est vivement critiquée par des organisations telles qu’Amnesty International pour ses politiques discriminatoires et son système de parrainage kafala, qui exploite les travailleurs migrants. Selon Steve Cockburn d’Amnesty, “la FIFA aggrave une situation déjà désastreuse en validant ces candidatures sans réformes concrètes”.
Le Maroc, co-organisateur de 2030, n’échappe pas aux critiques. Des lois criminalisant les relations extraconjugales et celles entre personnes de même sexe renforcent les préoccupations liées aux discriminations possibles durant ces événements.
Une perturbation majeure des calendriers sportifs
Enfin, les conditions climatiques dans les pays hôtes suscitent des interrogations sur le calendrier des compétitions. Avec des températures estivales atteignant 40 à 50 degrés au Maroc, dans le sud de l’Espagne et en Arabie saoudite, un déplacement des matchs en hiver, comme en 2022 au Qatar, semble inévitable. Cela perturberait à nouveau les calendriers des championnats nationaux, auxquels viendront s’ajouter d’autres considérations, comme la coïncidence avec le Ramadan en 2034.
Une FIFA face à ses contradictions
L’attribution des Mondiaux 2030 et 2034 illustre les tensions entre les ambitions globales de la FIFA et les exigences d’un monde confronté à des défis sociétaux majeurs. Si la fête du football reste un rêve pour les supporters, elle pourrait bien devenir un symbole de ses propres excès, entre impacts environnementaux, questions éthiques et perturbations sportives.
La Rédaction

