Cette année, malgré des nouvelles inquiétantes concernant la déforestation mondiale, le Ghana se distingue par ses efforts pour limiter l’exploitation forestière illégale. La mise en place d’un système de traçabilité du bois en partenariat avec l’Union européenne (UE) a permis au pays de renforcer la durabilité de ses exportations forestières.
Les forêts mondiales sont confrontées à de graves menaces : la déforestation a augmenté, compromettant une grande partie des bénéfices climatiques des forêts tropicales. Cependant, au Ghana, des progrès notables ont été réalisés. Grâce à la coopération avec l’UE, le pays a instauré un système de traçabilité du bois, permettant de suivre chaque morceau de bois exporté jusqu’à son point de récolte. Cette initiative place le Ghana en tête des pays africains répondant aux critères stricts de l’UE en matière de chaîne d’approvisionnement en bois.
L’exploitation forestière illégale a longtemps été un problème majeur pour le Ghana, qui a perdu près d’un quart de ses forêts au cours des deux dernières décennies. En 2004, le pays a même perdu plus de revenus dus à l’exploitation illégale que l’aide au développement qu’il recevait. Le secteur du bois, vital pour l’économie ghanéenne, a souffert de la pandémie et d’une gestion mal maîtrisée, mais les réformes actuelles apportent de nouvelles perspectives.
Ce modèle de durabilité vise à éliminer les entreprises illégales et à protéger les espèces menacées. Les efforts du Ghana comprennent la « coupe sélective » des arbres, préservant ainsi les jeunes pousses et permettant une exploitation responsable du bois.
D’autres pays africains, comme le Cameroun et le Liberia, ont également travaillé à la mise en place de systèmes similaires, bien que des défis persistent. Malheureusement, à l’approche des réunions annuelles de l’ONU sur le climat, l’UE a envisagé de suspendre ses partenariats avec ces pays, risquant de freiner leur progrès vers une gestion durable des forêts.
Au Ghana, le succès du système de traçabilité montre qu’une exploitation forestière légale et durable est possible. En 2023, le taux de déforestation a chuté à 1,6 %, un signe encourageant pour l’avenir. Le Ghana est désormais prêt à exporter ses premiers lots de bois conformes aux normes européennes d’ici 2025.
Ce succès n’aurait pas été possible sans une décennie de collaboration avec l’UE, débutée en 2009. Le soutien du Royaume-Uni et les réformes légales ont permis de renforcer la gestion forestière et d’améliorer les capacités locales de surveillance. Le Ghana démontre que la patience et la rigueur peuvent mener à un changement durable, et que d’autres pays riches en forêts devraient suivre cet exemple pour garantir une exploitation forestière responsable à l’échelle mondiale.
La Rédaction

