Dans le sud de la Géorgie, le plateau volcanique abritant le lac Bashplemi, alimenté par la rivière Mashavera, révèle une richesse archéologique insoupçonnée. Fragments de céramiques, outils en pierre et morceaux d’obsidienne témoignent d’une activité humaine ancienne dans cette région encore peu explorée. Récemment, une découverte exceptionnelle y a été faite : une tablette en basalte gravée de symboles inconnus.
Une énigme gravée dans la pierre
Cette tablette, de 24,1 sur 20,1 centimètres, présente soixante caractères distincts organisés en sept lignes horizontales. Ces symboles, bien que graphiquement proches de certaines écritures anciennes du Proche-Orient et du Caucase, comme le proto-kartvélien ou le phénicien, ne correspondent à aucun système d’écriture connu. Les chercheurs pensent qu’il pourrait s’agir d’un système autonome ou d’un proto-système développé localement.
L’analyse de la tablette a confirmé qu’elle a été produite sur place, le basalte correspondant à la composition des roches locales. La gravure a nécessité des outils sophistiqués, comme des perceuses coniques et des outils à tête arrondie, témoignant du savoir-faire avancé des artisans de l’époque.
Un héritage oublié du Caucase
Selon les spécialistes, cette tablette pourrait remonter à la fin de l’âge du bronze ou au début de l’âge du fer, soit autour du Ier millénaire avant notre ère. Les caractères gravés, utilisés pour des fins pratiques comme des inventaires ou des offrandes religieuses, offrent un aperçu rare sur la vie et les pratiques culturelles de cette période.
Cependant, cette découverte soulève encore de nombreuses questions. Pourquoi cette écriture a-t-elle disparu ? Les conditions climatiques du Caucase, destructrices pour les matériaux comme le bois ou le cuir, pourraient expliquer l’absence de témoignages similaires. Cette tablette apporte une lueur d’espoir pour reconstituer l’histoire complexe d’une région souvent perçue comme marginale dans le développement des grandes civilisations anciennes.
Avec cette trouvaille, le Caucase pourrait bien se révéler être un carrefour méconnu d’échanges culturels et d’innovations écrites.
La Rédaction

