Dans les vastes dunes des Émirats arabes unis, une oasis reculée à Al Qudra Lakes, au sud de Dubaï, accueille une nouvelle population surprenante : des rongeurs originaires d’Argentine. Les maras de Patagonie, des mammifères aux longues pattes, grandes oreilles et corps semblable à celui d’un animal à sabots, ont trouvé refuge dans ce lieu atypique.
Cette région, habituellement fréquentée par des gazelles et autres créatures désertiques, voit désormais ces rongeurs vivre en liberté, leur présence restant mystérieuse. Dans un pays où les animaux exotiques sont souvent détenus par des particuliers aisés, leur arrivée intrigue. Les maras se sont apparemment bien adaptés, construisant des terriers dans les dunes et prospérant malgré des températures estivales avoisinant les 45 degrés Celsius.
Une population en pleine croissance
Repérés pour la première fois en 2020, en pleine pandémie de Covid-19, les maras se seraient échappés de captivité, selon Jacky Judas, spécialiste des mammifères aux Émirats. Dans son ouvrage A Natural History of the Emirates, il explique que ces animaux, communs dans les collections zoologiques, peuvent survivre dans des environnements artificiels comme celui d’Al Qudra, composé de plantations d’arbres, de pelouses et de plans d’eau.
Aujourd’hui, leur population, estimée à environ 200 individus, montre des signes de reproduction. Les maras, qui s’accouplent pour la vie, ont un cycle reproductif limité, mais plusieurs observations de jeunes ont été rapportées dans la région.
Un environnement favorable mais atypique
Malgré leur habitat naturel situé dans les régions centrales et méridionales de l’Argentine, les maras semblent s’acclimater à Al Qudra, notamment grâce à l’absence de prédateurs comme les pumas. Bien que les renards rouges arabes soient présents, ils ne semblent pas constituer une menace significative pour ces herbivores inoffensifs.
Le cadre naturel modifié, avec des lacs artificiels en forme de lune ou de cœur et une végétation entretenue, semble offrir aux maras un refuge loin de leurs terres d’origine. Cependant, leur présence soulève des questions sur la régulation de la faune exotique dans le pays.
Une histoire liée au trafic d’animaux
Les maras de Patagonie ne sont pas inconnus des trafiquants d’animaux exotiques. Ces dernières années, des cas de maras retrouvés loin de leur habitat naturel ont été signalés, notamment à Lakewood, dans le Colorado, ou encore en Turquie, lors d’une tentative de contrebande.
Aux Émirats, la possession d’animaux sauvages menacés est illégale, mais les vidéos de fauves à bord de voitures de luxe rappellent que cette pratique persiste. Comment ces maras ont trouvé leur chemin jusqu’à Al Qudra reste un mystère, mais leur adaptation témoigne de leur résilience face à des conditions extrêmes.
Dans ce coin du désert, la rencontre improbable entre une faune locale et des rongeurs argentins ajoute un élément inattendu à la biodiversité des Émirats arabes unis.
La Rédaction

