Le Sénégal fait face à des défis cruciaux : coût de la vie, chômage des jeunes, migrations irrégulières. Dans un pays où près de la moitié de la population a moins de 20 ans, les attentes envers les nouvelles autorités sont immenses.
Après une victoire écrasante lors des législatives, le parti Pastef bénéficie d’une liberté d’action inégalée. Mais cette position dominante suffira-t-elle pour relever les nombreux défis? Le président Bassirou Diomaye Faye, qui avait dissous l’Assemblée en septembre pour garantir une majorité stable, peut désormais compter sur une assise parlementaire solide.
Une victoire saluée mais exigeante
Les membres du Pastef ont rapidement revendiqué leur triomphe, une réussite confirmée par l’opposition elle-même. Mama Sané, candidate de la coalition Wareef, a reconnu la défaite tout en exprimant sa satisfaction : « Ce n’est pas une honte de perdre face à une organisation aussi bien structurée. » Elle espère que les députés élus sauront honorer leurs engagements avec responsabilité.
Amath Wade, membre du Pastef, qualifie cette victoire de « récompense méritée » et y voit une preuve de la confiance placée dans leur programme. Toutefois, il est conscient des attentes, notamment de la jeunesse, très mobilisée durant les élections.
Des problèmes urgents à résoudre
Le taux de chômage reste un épineux problème. Au deuxième trimestre de 2024, 30,7 % des jeunes de 15 à 24 ans étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation. Cette situation précaire pousse beaucoup à envisager l’immigration clandestine, souvent au péril de leur vie. En septembre dernier, 39 personnes ont perdu la vie dans le naufrage d’une embarcation de migrants au large des côtes sénégalaises. Entre janvier et mai 2024, plus de 5 000 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras, un chiffre sans précédent.
Les attentes d’un « gouvernement de rupture »
Avec une majorité confortable, le gouvernement n’a plus d’excuses. « Le temps des promesses est terminé. Les citoyens veulent des résultats concrets qui améliorent leur quotidien », réclament les jeunes de Dakar, qui refusent de signer un chèque en blanc. Le Pastef s’était présenté comme une alternative radicale, un « gouvernement de rupture ».
Mama Sané rappelle l’importance de la responsabilité : « Les députés doivent remplir leur mission avec sérieux. » Elle estime que cette défaite est une étape qui motive davantage les membres de la coalition Wareef à préparer l’avenir.
Le défi de l’exercice du pouvoir
Pour Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, la véritable épreuve commence. La conquête du pouvoir s’achève, mais la gestion des attentes et des problèmes réels ne fait que commencer.
Les jeunes, moteur de la société sénégalaise, attendent des mesures concrètes pour transformer les opportunités politiques en progrès réels. L’avenir de tout un pays repose sur leur capacité à traduire l’espoir en réalisations tangibles.
La Rédaction

