Selon un rapport des Nations Unies publié ce vendredi plus de 3 661 personnes ont été tuées en Haïti à cause de la violence des gangs, depuis le mois janvier 2024.
Ce chiffre représente un pic de violence jamais atteint depuis 2023.
Face à cette situation, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) insiste sur l’urgence pour les autorités haïtiennes et la communauté internationale de redoubler d’efforts pour protéger les populations et empêcher davantage de souffrances.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré : « Aucune autre vie ne devrait être perdue à cause de cette criminalité insensée. » Le rapport souligne que, de janvier à juin 2024, des violations graves des droits humains ont été recensées dans la capitale Port-au-Prince, dans le département de l’Artibonite ainsi que dans le sud du département de l’Ouest, région jusqu’alors épargnée par la violence.
En parallèle, des mesures ont été mises en place, telles que la création d’un Conseil présidentiel de transition et la formation d’un nouveau gouvernement de transition. La Mission multinationale d’appui à la sécurité en Haïti (MMAS), composée d’un premier contingent d’environ 430 membres, a également été déployée pour lutter contre les gangs armés. Cependant, Volker Türk a rappelé que la mission nécessite des équipements et des effectifs suffisants pour être efficace à long terme. Le HCDH, de son côté, travaille à l’intégration de normes rigoureuses en matière de droits humains dans les actions de la MMAS, en accord avec la résolution 2699 du Conseil de sécurité.
La violence sexuelle perpétrée par les gangs demeure une autre préoccupation majeure. Le rapport indique que ces groupes armés utilisent les abus sexuels pour punir, répandre la terreur et soumettre les populations. Durant la première moitié de l’année, au moins 860 personnes, dont 36 enfants, ont été tuées lors d’opérations de police, soulevant des questions sur l’usage disproportionné de la force. Le recrutement d’enfants par les gangs s’est également intensifié.
Les déplacements forcés continuent d’affecter une grande partie de la population haïtienne. Environ 80 % des personnes déplacées vivent dans des familles d’accueil, tandis que les autres se trouvent dans des sites précaires, souvent dans des zones sous le contrôle des gangs. Dans l’Artibonite, où l’agriculture est essentielle, la violence et l’extorsion ont contraint les agriculteurs à abandonner plus de 3 000 hectares de terres, aggravant la crise alimentaire pour environ 1,6 million de personnes.
Volker Türk a appelé les autorités haïtiennes à renforcer la police, le système judiciaire et d’autres institutions, largement paralysées par la corruption, afin de restaurer l’État de droit. Il a également insisté sur la nécessité de protéger les enfants des gangs et de lutter contre les violences sexuelles. Enfin, il a exhorté la communauté internationale à appliquer pleinement l’embargo sur les armes et les sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour réduire la violence.
La Rédaction
Cet article est une réécriture d’un article original paru sur le site de l’ONU.

