Près d’1,7 million de personnes touchées, 487 morts, 200 000 habitations détruites, 66 000 têtes de bétail perdues, ce sont les bilans des inondations au Tchad. Que s’y passe-t-il donc ?
Selon les experts du climat, le volume total des précipitations n’a pas augmenté depuis des décennies, malgré qu’un volume de pluie important tombe chaque année sur le Sahel occidental, ce qui provoque les inondations.
En raison du changement climatique, la saison des pluies s’accentue et le sol, souvent desséché n’est pas en mesure d’absorber ce déluge. « Les sols sablonneux produisent beaucoup de ruissellement en raison de leur encroûtement superficiel. C’est cet encroûtement qui réduit la capacité du sol à absorber l’eau », explique Moussa Malam Abdou, expert en hydrologie à l’université André Salifou au Niger.
Au Tchad, le gouvernement s’était engagé dans un projet de « contrôle des inondations et de résilience urbaine » qui comprenait la construction d’un canal, d’un système de drainage et de digues, après les inondations de 2022 qui ont touché plus d’1,3 million de personnes.
En mai 2023, les travaux ont commencé sur une digue de 30 kilomètres pour contrer la montée des eaux de la rivière Chari. Le projet est à l’arrêt depuis février 2024, faute de financement, selon le ministre de l’Aménagement du territoire, Mahamat Assileck Halata.
Pour venir en aide aux sinistrés, l’ONU a jugé nécessaire de mettre en place un plan de réponse de 97 millions de dollars américains qu’il a lancé la semaine dernière. À peine moins de 10 % de cette somme était disponible, ce qui est largement insuffisant d’autant que les précipitations se poursuivent ces derniers jours, faisant craindre des crues encore plus importantes des principaux cours d’eau du pays.
La Rédaction

