Avec 11 suicides pour 100 000 habitants, le sujet est tabou en Afrique. Instaurée depuis 2003, la journée mondiale de prévention du suicide se déroule le 10 septembre de chaque année.
« Changer le discours sur le suicide » est le thème de cette année.
La Côte d’Ivoire et le Ghana ont fait un pas en avant en prenant des mesures idoines pour contrer le problème. Au cours de la journée préventive, les autorités sanitaires ivoiriennes ont organisé une journée de sensibilisation. Parmi les participants, des étudiants, des responsables d’ONG communautaire, des professionnels de la santé. Entre avril et juillet 2024, 4 suicides ont été perpétrés dont 3 par des corps habillés et un par étudiant.
Vu l’ampleur du fléau, les autorités ivoiriennes ont décidé de renforcer les dispositifs d’écoute et de soutien. Le directeur de Programme national de la Santé mentale, professeur Médard Koua a annoncé la mise en place d’une ligne téléphonique gratuite 24h/24 7j/7, le 143.
La ligne permet aux personnes en détresse de recevoir un soutien psychologique immédiatement des psychologues en ligne.
« D’ici 2025, la Côte d’Ivoire prévoit de recruter des psychologues dans les hôpitaux publics pour rendre ces consultations plus accessibles et ne pas les limiter aux cliniques privées ». Une idée de construction d’un nouvel hôpital à Bingerville est prévue.
Avant 2023, l’article 57 (2) de la loi pénale ghanéenne considérait la tentative de suicide comme étant un « délit ». Cette criminalisation du suicide était ironique puisqu’elle envoyait un message aux personnes suicidaire : « ne pas échouer la tentative de suicide ». Toute personne reconnue coupable de tentative de suicide pouvait être condamnée à une peine allant de trois mois à deux ans.
« il y a 7 ou 8 ans, j’ai organisé une formation pour les juges afin de leur expliquer que la tentative de suicide est un appel à l’aide, et non un crime. À l’époque, ils m’ont dit : » on comprend docteur, mais on veut que le suicide reste encadré par la loi pour dissuader les gens » déclare le psychiatre Kwabena Kusi-Mensah.
Aujourd’hui, les actes suicidaires y sont dépénalisés, causant la réjouissance des thérapeutes en santé mentale et les défenseurs des droits de l’homme. Le nouvel amendement stipule que la tentative de suicide sera désormais considérée comme un problème de santé mentale nécessitant une assistance médicale.
Le président Nana Akufo-Addo, lors de l’inauguration du bâtiment de psychiatrie de l’hôpital universitaire de Korle-Bu à Accra à déclaré qu’il s’agissait d’un effort visant à améliorer les prestations de soins de santé mentale dans le pays.
La Rédaction

