L’année 2025 sera marquée par plusieurs scrutins déterminants sur le plan politique, économique et social. Bien que moins prolifique que 2024, où la moitié de la population mondiale avait été appelée aux urnes, cette nouvelle année mettra en lumière des enjeux clés : l’impact de l’inflation, la montée des mouvements populistes et les répercussions des conflits en Europe et au Moyen-Orient. Voici un tour d’horizon des principaux rendez-vous électoraux à travers le monde.
Biélorussie : Le règne de Loukachenko sans rival (26 janvier)
En Biélorussie, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, briguera un septième mandat. Le scrutin, prévu le 26 janvier, semble joué d’avance, car aucune opposition crédible n’est autorisée à se présenter. Le président sortant bénéficie du soutien des autres candidats déclarés, tous alignés sur ses politiques.
Depuis les élections contestées de 2020, la répression s’est intensifiée avec plus de 1 200 prisonniers politiques et l’exil de centaines de milliers de Biélorusses. Dans ce climat verrouillé, Loukachenko reste un allié stratégique de la Russie, accueillant des armes nucléaires et soutenant les opérations militaires russes. Ce scrutin symbolisera davantage la continuité qu’un véritable choix démocratique.
Allemagne : Une coalition à reconstruire (23 février)
En Allemagne, des élections anticipées se tiendront le 23 février à la suite de l’effondrement de la coalition gouvernementale menée par Olaf Scholz. La rupture, provoquée par des tensions budgétaires et le départ des Démocrates libres (FDP) de Christian Lindner, place le pays dans une situation délicate.
Sur le plan international, l’Allemagne doit composer avec la guerre en Ukraine, la concurrence économique chinoise et les menaces commerciales américaines sous un éventuel retour de Donald Trump. En interne, le pays traverse une récession, et les débats sur l’immigration et les investissements publics promettent d’être âpres.
Les sondages suggèrent que Friedrich Merz, leader de l’Union chrétienne-démocrate, est en pole position pour succéder à Scholz. Mais la formation d’une coalition stable pourrait s’avérer complexe dans un paysage politique fragmenté.
Philippines : Une bataille politique dans l’ombre des dynasties (12 mai)
Aux Philippines, les élections de mi-mandat du 12 mai permettront de renouveler une partie du Sénat, considéré comme un baromètre du pouvoir présidentiel. Ferdinand Marcos Jr., au pouvoir depuis 2022, espère consolider son influence en soutenant des candidats proches de sa politique.
Toutefois, le président fait face à des tensions croissantes avec la vice-présidente Sara Duterte, héritière d’une autre dynastie influente. Ce scrutin pourrait sceller l’avenir politique de Duterte, notamment en cas de tentative de destitution. Une victoire éclatante au Sénat offrirait à Marcos Jr. un levier crucial pour neutraliser ses adversaires et préparer sa succession en 2028.
Canada : La fin d’une ère pour Justin Trudeau ? (avant le 20 octobre)
Au Canada, les tensions politiques rendent probable une élection fédérale anticipée avant la date butoir d’octobre 2025. Le premier ministre Justin Trudeau, confronté à une baisse de popularité et à une coalition fragile, subit également des pressions extérieures, notamment de la part de Donald Trump, qui critique sa gestion économique.
Face à lui, Pierre Poilievre, chef des conservateurs, capitalise sur la frustration liée à l’inflation et à l’endettement public. Le résultat de ces élections pourrait marquer un tournant majeur pour le Canada, entre un maintien de politiques progressistes ou un virage vers un populisme conservateur.
Chili : Une opposition en embuscade (16 novembre)
Au Chili, l’élection présidentielle prévue pour le 16 novembre s’annonce comme un défi pour la coalition de gauche au pouvoir. Gabriel Boric, président sortant, ne peut briguer un second mandat, laissant son camp chercher un successeur capable de rivaliser avec la droite.
La coalition Chile Vamos, menée par Evelyn Matthei, semble bien placée pour l’emporter, mais des incertitudes demeurent. Les échecs de réformes constitutionnelles et une montée de l’insécurité sont des points noirs pour le gouvernement, bien que les récentes élections locales aient montré une résilience inattendue.
Une année de transitions
L’année 2025 s’annonce cruciale pour ces pays où chaque élection révélera des dynamiques locales aux implications mondiales. Ces scrutins, qu’ils soient le théâtre de rivalités internes ou de repositionnements internationaux, illustrent les défis auxquels sont confrontées les démocraties et les régimes autoritaires.
La Rédaction

