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	<title>Archives des Esclavage - La Cinquième</title>
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	<title>Archives des Esclavage - La Cinquième</title>
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		<title>Esclavage : 10 500 noms sortent des archives et relancent la bataille des réparations au Royaume-Uni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Sep 2026 08:30:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rois, parlementaires, ecclésiastiques, négociants, femmes fortunées ou grandes figures intellectuelles : trois années de recherches viennent de remettre des milliers de noms sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire britannique. Le nouveau Register of British Slave Traders documente les personnes qui ont financé la traite transatlantique britannique. Sa publication intervient au moment où l’Afrique et les Caraïbes accentuent leur pression pour que la question des réparations ne soit plus cantonnée au passé.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant près de deux siècles et demi, la traite britannique a organisé la déportation forcée de millions d’Africains vers les Amériques et les Caraïbes. Mais derrière les navires et les grandes compagnies se trouvait également un vaste réseau d’investisseurs dont les historiens peuvent désormais mieux reconstituer l’identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dirigée par le professeur William Pettigrew, aujourd’hui au King’s College London, une équipe de chercheurs a identifié environ 13 000 personnes ayant investi dans la traite britannique entre le XVIe siècle et son abolition en 1807. Le registre rassemble quelque 10 500 investisseurs hors actionnaires ordinaires de la South Sea Company et apporte des informations biographiques sur environ 6 000 d’entre eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La traite derrière des milliers de fortunes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le registre montre surtout à quel point le commerce d’êtres humains traversait la société britannique. Plus de 1 000 femmes figurent parmi les investisseurs identifiés, aux côtés de parlementaires, de responsables municipaux, d’ecclésiastiques et de membres de l’élite économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les noms les plus connus apparaissent le roi Jacques II, le philosophe John Locke ou encore le compositeur Georg Friedrich Haendel. La monarchie avait joué un rôle direct dans le développement des compagnies bénéficiant de chartes royales, dont la Royal African Company fondée en 1672. Celle-ci aurait à elle seule transporté environ 150 000 Africains réduits en esclavage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche permet ainsi de dépasser l’image d’une activité confinée à quelques négociants des ports de Bristol, Liverpool ou Londres. Pour Pettigrew, la traite a profondément pénétré la politique, l’économie et les institutions britanniques et contribué à façonner le pays. Les opérations britanniques auraient transporté de force environ 3,2 millions d’Africains durant la période étudiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une histoire soutenue par l’État</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La monarchie n’était pas seule impliquée. Les recherches montrent comment le Parlement et l’État ont accompagné l’organisation et l’expansion de cette économie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monopole de la Royal African Company a progressivement été démantelé à partir de la fin du XVIIe siècle sous la pression de négociants qui souhaitaient eux aussi accéder à ce commerce. La libéralisation a ensuite favorisé l’arrivée de nouveaux investisseurs et l’expansion de la traite britannique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette implication institutionnelle donne aujourd’hui une portée particulière au registre. Il ne documente pas uniquement les profits privés tirés de l’asservissement. Il montre comment une activité désormais reconnue comme une atrocité a pu fonctionner à travers des mécanismes économiques et politiques parfaitement intégrés aux institutions de l’époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Afrique et les Caraïbes rouvrent le dossier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La publication intervient surtout dans un contexte international profondément différent. Le 25 mars 2026, une résolution portée par le Ghana et soutenue par l’Union africaine a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, qualifiant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racial de « gravest crime against humanity ». Le texte a obtenu 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, dont celle du Royaume-Uni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Londres reconnaît la gravité de l’esclavage et de la traite, mais conteste notamment l’application rétroactive de concepts juridiques contemporains aux actes commis plusieurs siècles auparavant. Cette divergence se trouve désormais au centre d’une confrontation diplomatique et juridique sur les réparations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Jamaïque vient justement de déplacer cette bataille sur le terrain du droit. Le 7 septembre, son gouvernement a déposé auprès du roi Charles III une pétition demandant que plusieurs questions soient soumises au Judicial Committee du Privy Council, notamment celle de savoir si le Royaume-Uni pourrait avoir une obligation de réparation envers les descendants des personnes réduites en esclavage. Contrairement à certaines informations diffusées autour de cette démarche, Kingston a précisé que la pétition&nbsp;<strong>ne comporte aucune demande financière chiffrée</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des noms derrière la question des réparations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le registre ne détermine évidemment aucune responsabilité juridique actuelle et ne tranche pas la question des réparations. Sa portée est d’abord historique : documenter qui finançait la traite, comment ces réseaux fonctionnaient et jusqu’où ils pénétraient les institutions britanniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rappelle également un autre déséquilibre historique. Lorsque l’esclavage fut aboli dans les colonies britanniques au XIXe siècle, le gouvernement consacra 20 millions de livres de l’époque à indemniser les propriétaires pour la perte des personnes que la loi considérait comme leur propriété. Les anciens esclaves, eux, ne reçurent aucune compensation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux siècles plus tard, le débat a donc changé de terrain.&nbsp;<strong>Après avoir longtemps parlé d’un système, les historiens peuvent désormais mettre des milliers de noms, de fonctions et de trajectoires sur ceux qui l’ont financé. Et au moment où l’Afrique et les Caraïbes réclament une justice réparatrice, ces archives donnent une matérialité nouvelle à une question que Londres voudrait continuer à regarder principalement comme appartenant au passé.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources :</strong>&nbsp;King’s College London ; Register of British Slave Traders ; Nations unies ; gouvernement jamaïcain ; gouvernement britannique, septembre 2026.</p>
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		<title>Esclavage : la Jamaïque saisit Charles III et tente un coup de force juridique face à Londres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lassée des marques d’empathie mémorielles et des déclarations de remords sans portée pécuniaire, Kingston déplace le débat sur le terrain du droit. Le gouvernement jamaïcain a officiellement demandé au roi Charles III de saisir le Comité judiciaire du Conseil privé afin qu’il tranche trois questions juridiques fondamentales : la légalité historique de l&rsquo;esclavage, sa conformité au droit international et l&rsquo;existence d&rsquo;une obligation financière du Royaume-Uni. Une offensive inédite destinée à transformer une querelle mémorielle en litige contraignant.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant plusieurs décennies, le combat pour la réparation des crimes de la traite transatlantique s&rsquo;est heurté à un plafond de verre éthique et diplomatique. En portant l&rsquo;affaire au cœur du système judiciaire britannique, la Jamaïque ambitionne de faire voler ce cadre traditionnel en éclats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En début de semaine à Londres, une délégation conduite par la ministre jamaïcaine de la Culture, Olivia Grange, a remis une pétition formelle adressée au roi Charles III. En sa qualité constitutionnelle de chef de l’État jamaïcain, le monarque est sommé de transmettre l&rsquo;affaire au Comité judiciaire du Conseil privé (<em>Judicial Committee of the Privy Council</em>), l&rsquo;instance qui fait encore office de cour suprême d&rsquo;appel pour plusieurs nations du Commonwealth. C&rsquo;est la première fois qu&rsquo;un État souverain emprunte cette voie institutionnelle pour judiciariser la dette coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Transformer le passé en litige du présent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie juridique de Kingston est pensée avec une précision chirurgicale. Plutôt que d&rsquo;avancer d&#8217;emblée un chiffrage financier, qui offrirait à Londres un prétexte pour dénoncer une surenchère, la pétition cherche à établir la responsabilité imprescriptible de la Couronne à travers trois questions préjudicielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’asservissement systématique des Africains en Jamaïque était-il légitime au regard du droit anglais de l&rsquo;époque ? Violait-il les principes émergents du droit des gens et du droit international ? Le Royaume-Uni est-il aujourd’hui légalement tenu de verser des réparations ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière question constitue le véritable cœur du litige. Si le Conseil privé y répondait par l&rsquo;affirmative, il ferait basculer la repentance morale dans le champ du droit civil et de l&rsquo;obligation financière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La ligne de défense britannique : regretter sans payer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction du pouvoir britannique illustre le dilemme de l&rsquo;ancienne métropole. Si le gouvernement reconnaît désormais la barbarie de la traite transatlantique, il refuse catégoriquement d&rsquo;en assumer les conséquences économiques. Downing Street a réitéré avec fermeté qu&rsquo;aucune compensation financière ne serait envisagée, sanctuarisant la position historique de Londres : solder le passé par le discours, jamais par les comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, la monarchie navigue sur une ligne de crête diplomatique. Buckingham Palace souligne l&rsquo;engagement de Charles III à encourager les travaux de recherche sur les liens entre la Couronne et l&rsquo;esclavage. Toutefois, le roi s&rsquo;abstient soigneusement de présenter des excuses officielles au nom de l&rsquo;État et se garde de valider le principe d&rsquo;une réparation financière. C’est précisément ce grand écart constitutionnel entre la compassion symbolique et le refus du paiement que la Jamaïque cherche à rendre intenable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;asymétrie historique : le précédent de l&rsquo;abolition</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier jamaïcain s&rsquo;appuie sur une ironie historique particulièrement amère. Lorsque l’Empire britannique abolit l’esclavage dans les années 1830, l’État indemnisa massivement les propriétaires de plantations pour la perte de leurs « biens », financé par un emprunt colossal que les contribuables britanniques ont fini de rembourser au XXIᵉ siècle. Les personnes asservies, quant à elles, ne reçurent ni terres, ni compensations, ni soutien à la réinsertion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette injustice structurelle alimente aujourd&rsquo;hui une dynamique globale soutenue par la CARICOM (Communauté des Caraïbes) et plusieurs États africains, comme le Ghana, visant à constituer un front uni pour la justice réparatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le piège constitutionnel tendu à la Couronne</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La démarche jamaïcaine place le monarque dans une position délicate. En tant que chef de l’État jamaïcain, Charles III est théoriquement le garant des intérêts de l&rsquo;île ; en tant que roi du Royaume-Uni, il incarne l&rsquo;institution qui a tiré profit du système colonial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension institutionnelle intervient au moment où la Jamaïque accélère son processus constitutionnel pour devenir une république et destituer le roi de sa fonction de chef d&rsquo;État. Le calendrier n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs rien d&rsquo;un hasard : la délégation jamaïcaine a lié son action au souvenir tragique du&nbsp;<em>Zong</em>, navire négrier dont l&rsquo;équipage jeta plus de 130 Africains par-dessus bord en 1781 pour toucher les indemnités d&rsquo;assurance, illustration sanglante d&rsquo;un droit colonial réifiant l&rsquo;être humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De la mémoire au contentieux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La démarche jamaïcaine englobe également des négociations avec le&nbsp;<em>British Museum</em>&nbsp;pour la restitution de biens culturels spoliés pendant la colonisation. Restitutions patrimoniales et réparations financières participent de la même offensive : contraindre les anciennes puissances coloniales à solder leurs comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;aboutissement juridique de la pétition reste suspendu aux arbitrages institutionnels de Londres. Mais sur le plan politique, le coup est déjà porté. Kingston ne demande plus à la Grande-Bretagne d&rsquo;avouer sa faute, mais pose la question clé :&nbsp;<strong>la reconnaissance d’un crime historique peut-elle indéfiniment s&rsquo;exonérer de ses conséquences juridiques et financières ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources :</strong>&nbsp;Reuters,&nbsp;<em>Jamaica Observer</em>,&nbsp;<em>Jamaica Information Service</em>.</p>
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		<title>Esclavage : l’ONU fait entrer la question des réparations dans le champ du droit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pendant des décennies, la question des réparations pour l’esclavage s’est heurtée au même verrou : comment imposer aujourd’hui une responsabilité juridique pour des crimes commis à une époque où les normes internationales actuelles n’existaient pas encore ? Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale vient de déplacer le débat.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans sa recommandation générale n°40 rendue publique lundi 31 août, le CERD considère que les États parties à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale doivent envisager une justice réparatrice lorsque les héritages de la traite transatlantique et de l’esclavage continuent de produire des discriminations structurelles contre les personnes d’ascendance africaine.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le passé jugé à travers ses conséquences présentes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement là que se situe la principale rupture. Le Comité ne cherche pas simplement à appliquer rétroactivement le droit contemporain aux puissances esclavagistes des siècles passés. Il établit un lien entre les systèmes raciaux construits pour justifier l’asservissement des Africains et certaines inégalités qui leur ont survécu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette lecture, l’abolition de l’esclavage n’aurait pas nécessairement mis fin à toutes les structures qui l’accompagnaient. Discriminations systémiques, inégalités économiques ou mécanismes institutionnels peuvent constituer des prolongements contemporains sur lesquels les obligations actuelles des États continuent de s’appliquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce raisonnement permet au CERD de contourner l’un des arguments régulièrement opposés aux demandes de réparation : le principe selon lequel un État ne pourrait être tenu responsable sur la base d’une règle juridique apparue après les faits. Le Comité déplace ainsi le point d’ancrage juridique, de l’esclavage lui-même vers les discriminations qui en seraient encore aujourd’hui l’héritage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réparer ne signifie pas seulement indemniser</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La recommandation va également beaucoup plus loin qu’un débat sur le montant d’éventuels chèques versés aux descendants des personnes réduites en esclavage. Le CERD retient une conception large de la réparation, combinant mesures financières, non financières et transformations structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Compensations, restitution, réhabilitation, reconnaissance des victimes, garanties de non-répétition, ouverture des archives, réexamen des politiques mémorielles ou création de commissions indépendantes de vérité peuvent ainsi appartenir au même ensemble réparateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conception change la nature même du débat. Réparer ne consisterait plus seulement à déterminer le prix d’un préjudice historique impossible à quantifier intégralement, mais à identifier ce qui, dans les institutions et les sociétés contemporaines, continue de reproduire une partie de ses effets.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une nouvelle arme juridique, pas un jugement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La portée du texte doit néanmoins être précisément mesurée. Le Comité composé de 18 experts indépendants contrôle l’application de la Convention contre la discrimination raciale, qui compte 182 États parties. Sa recommandation constitue une interprétation autorisée de leurs obligations, mais elle ne crée pas à elle seule un système mondial automatique d’indemnisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun descendant d’esclave ne recevra donc une compensation du seul fait de sa publication. En revanche, le texte peut peser dans les débats politiques, nourrir des procédures judiciaires et fournir aux mouvements favorables aux réparations une argumentation juridique plus structurée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce qui peut en faire un tournant. Jusqu’ici, les demandes de réparation pouvaient être renvoyées à l’histoire, à la mémoire ou à la responsabilité morale. Le CERD cherche désormais à établir qu’elles peuvent aussi relever des obligations contemporaines de lutte contre la discrimination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Afrique et ses diasporas devant une nouvelle séquence</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement intervient alors que la question des réparations prend une place croissante dans l’agenda africain et international. L’Union africaine a renforcé ces dernières années son offensive diplomatique sur la justice réparatrice, tandis qu’une conférence organisée à Accra en juin 2026 a adopté de nouveaux engagements en faveur d’un cadre mondial de réparations pour les Africains et leurs descendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport de force demeure cependant considérable. Plusieurs anciennes puissances impliquées dans la traite et l’esclavage restent réticentes à toute reconnaissance susceptible d’ouvrir la voie à des obligations financières ou juridiques étendues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La recommandation du CERD ne règle donc ni la question du montant, ni celle des bénéficiaires, ni celle de la responsabilité respective des États. Elle fait quelque chose de potentiellement plus profond :&nbsp;<strong>elle tente de déplacer les réparations de l’espace de la mémoire vers celui du droit contemporain.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est peut-être là que commence la nouvelle bataille. Non plus seulement déterminer ce que les sociétés actuelles doivent aux victimes du passé, mais établir juridiquement ce qu’elles doivent encore réparer lorsque ce passé continue de produire des inégalités dans le présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources :</strong>&nbsp;Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), recommandation générale n°40 ; Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ; Reuters ; travaux des Nations unies sur la justice réparatrice pour les personnes d’ascendance africaine.</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/esclavage-lonu-fait-entrer-la-question-des-reparations-dans-le-champ-du-droit/">Esclavage : l’ONU fait entrer la question des réparations dans le champ du droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<item>
		<title>Une mémoire coloniale littéralement « déterrée » aux Antilles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 08:30:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire et société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>En Guadeloupe, l’érosion côtière accélérée par le dérèglement climatique met au jour des sépultures anonymes de l’époque esclavagiste. Une collision brutale entre transformation du littoral et retour matériel d’une histoire coloniale longtemps enfouie. Le littoral comme archive instable Sur les franges littorales de la Guadeloupe, notamment en Grande-Terre, le recul du trait de côte ne [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En Guadeloupe, l’érosion côtière accélérée par le dérèglement climatique met au jour des sépultures anonymes de l’époque esclavagiste. Une collision brutale entre transformation du littoral et retour matériel d’une histoire coloniale longtemps enfouie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le littoral comme archive instable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les franges littorales de la Guadeloupe, notamment en Grande-Terre, le recul du trait de côte ne relève plus uniquement d’un indicateur environnemental. Il devient un mécanisme d’exposition progressive du passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous l’effet combiné de la montée du niveau de la mer, des houles cycloniques répétées et de la fragilisation des récifs coralliens, l’océan agit comme une force d’érosion autant que de dévoilement. Il ne déplace pas seulement les sédiments : il met à nu des strates historiques jusque-là enfouies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des fragments osseux, des vestiges de sépultures et des objets associés à la période coloniale refont surface après les tempêtes. Dans ce contexte, le littoral antillais cesse d’être une ligne stable : il devient une zone intermittente de révélation, où l’histoire affleure par séquences, au rythme des événements climatiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="576" height="347" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0080.jpeg" alt="" class="wp-image-54080" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0080.jpeg 576w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0080-300x181.jpeg 300w" sizes="(max-width: 576px) 100vw, 576px" /><figcaption class="wp-element-caption">Guadeloupe – Archéologie coloniale<br>Fouilles archéologiques sur le site de la plage des Raisins Clairs, où des sépultures d’esclaves datées de l’époque coloniale sont étudiées par l’INRAP.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des cimetières relégués aux marges de la plantation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce processus n’est pas nouveau. Dès les années 1990, des découvertes fortuites sur des plages de Saint-François ont révélé des restes humains liés à la période esclavagiste, parfois accompagnés d’éléments métalliques ou funéraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les campagnes de fouilles menées par la suite ont confirmé l’existence de vastes ensembles funéraires littoraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces nécropoles s’inscrivent dans la logique spatiale de la plantation. Les populations réduites en esclavage étaient exclues des cimetières paroissiaux et des terres agricoles centrales. Leur inhumation se faisait dans les marges : littoral, mangrove ou zones sableuses impropres à la culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système de relégation spatiale, longtemps figé dans le sol, se retrouve aujourd’hui directement exposé aux dynamiques d’érosion.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="678" height="452" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0081.jpeg" alt="" class="wp-image-54079" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0081.jpeg 678w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0081-300x200.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0081-330x220.jpeg 330w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0081-420x280.jpeg 420w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0081-615x410.jpeg 615w" sizes="(max-width: 678px) 100vw, 678px" /><figcaption class="wp-element-caption">Guadeloupe – Érosion côtière et mémoire funéraire<br>Site funéraire en bord de mer affecté par une érosion côtière sévère liée au changement climatique, mettant en péril des sépultures d’époque coloniale et révélant des ossements humains.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le climat comme force d’exhumation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dérèglements climatiques modifient désormais les conditions mêmes de conservation de ce patrimoine enfoui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’érosion littorale impose une temporalité propre, souvent incompatible avec celle de la recherche scientifique. Un épisode de forte houle peut suffire à détruire des couches archéologiques avant leur documentation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chercheurs font ainsi face à une forme d’archéologie contrainte par l’urgence, où l’intervention intervient après les événements naturels, dans un temps fragmenté et instable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le climat ne transforme donc plus seulement les paysages : il reconfigure les conditions de lisibilité de l’histoire elle-même.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="516" height="387" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0082.jpeg" alt="" class="wp-image-54078" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0082.jpeg 516w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0082-300x225.jpeg 300w" sizes="(max-width: 516px) 100vw, 516px" /><figcaption class="wp-element-caption">Guadeloupe – Cimetière des esclaves<br>Panneau signalant le site funéraire de la plage des Raisins Clairs à Saint-François, abritant des sépultures de personnes mises en esclavage et menacé par l’érosion côtière.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La cohabitation des temporalités : tourisme, deuil et dignité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réapparition de restes humains dans des zones littorales fréquentées introduit une tension multidimensionnelle, à la fois scientifique, éthique et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines de ces plages sont aujourd’hui des espaces touristiques majeurs. Elles deviennent alors des lieux de superposition entre activités économiques contemporaines, recherche archéologique et impératif de respect des morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités locales se retrouvent confrontées à des arbitrages délicats : sécurisation des sites, poursuite des fouilles, gestion patrimoniale et prise en charge d’une mémoire longtemps invisibilisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation met en lumière une difficulté structurelle plus large : l’intégration incomplète de l’histoire de l’esclavage dans les usages et représentations contemporaines du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La double vulnérabilité des territoires insulaires</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="554" height="554" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0083.jpeg" alt="" class="wp-image-54077" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0083.jpeg 554w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0083-300x300.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/06/IMG_0083-150x150.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 554px) 100vw, 554px" /><figcaption class="wp-element-caption">Guadeloupe – Archéologie des sépultures coloniales<br>Fouilles de sépultures d’époque coloniale mises au jour par l’érosion côtière, révélant des restes humains datés du XVIIe au XIXe siècle et étudiés pour comprendre les conditions de vie et les pathologies des populations réduites en esclavage.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les Antilles illustrent une forme de vulnérabilité cumulative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles subissent simultanément les effets directs du changement climatique — érosion, submersion, événements extrêmes — et les héritages matériels d’une histoire coloniale encore inscrite dans les sols.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, l’érosion ne détruit pas uniquement des infrastructures ou des paysages : elle remet en circulation des fragments de mémoire que le récit historique n’a jamais totalement stabilisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le littoral devient ainsi un espace de superposition permanente entre urgence climatique et retour du passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources et références</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Recherches archéologiques du Service régional de l’archéologie (SRA) de Guadeloupe et de l’Inrap sur les sites funéraires littoraux</li>



<li>Travaux universitaires sur l’archéologie de l’esclavage et les pratiques funéraires dans les sociétés coloniales caribéennes</li>



<li>Programme UNESCO « La Route de l’esclave » sur les sites mémoriels liés à la traite négrière</li>



<li>Rapports du GIEC et études du BRGM sur l’érosion côtière et la vulnérabilité des littoraux antillais</li>



<li>Reportages et enquêtes de presse internationale sur les effets du dérèglement climatique en Guadeloupe</li>
</ul>
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		<title>« Au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon » : Léon XIV reconnaît la responsabilité historique dans l’esclavage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 18:26:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Société et religion]]></category>
		<category><![CDATA[Dignité humaine]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans sa première encyclique intitulée&nbsp;<em>Magnifica humanitas</em>, publiée le lundi 25 mai 2026, le pape Léon XIV accomplit un geste d’une portée historique majeure. Le Souverain pontife y reconnaît explicitement les responsabilités historiques de l’Église et du Saint-Siège dans la justification et l’encadrement de formes d’esclavage, et demande « sincèrement pardon au nom de l’Église ». Un acte qualifié de tournant doctrinal et mémoriel, qui s’inscrit dans une relecture globale de l’histoire ecclésiale à la lumière des « nouvelles formes d’asservissement » contemporaines, notamment liées aux technologies et à l’intelligence artificielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une reconnaissance explicite des responsabilités historiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le passage central de son encyclique (<em>Magnifica humanitas</em>, §176), Léon XIV affirme que « nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l’Église et la société ont condamné le fléau de l’esclavage ». Le texte souligne également que des autorités ecclésiales ont, à certaines périodes de l’histoire, participé à des systèmes de régulation ayant « légitimé des formes de soumission et, dans certains cas, de réduction en esclavage des peuples considérés comme “infidèles” ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette analyse, le pape prononce une formule d’une forte portée symbolique : « Au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce geste est présenté comme une démarche de vérité historique et de purification mémorielle, visant à reconnaître les zones d’ombre du passé sans en effacer la complexité, mais en assumant une responsabilité institutionnelle explicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une « blessure dans la mémoire chrétienne »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce même texte, Léon XIV insiste sur la dimension spirituelle et morale de cette reconnaissance. Il décrit l’esclavage comme une « blessure dans la mémoire chrétienne », rappelant que la condamnation formelle et universelle de ce système n’a été pleinement formulée que tardivement dans l’histoire de l’Église.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette relecture s’inscrit dans une démarche plus large de discernement historique, où l’Église est invitée à relire son passé non comme un bloc figé, mais comme un chemin traversé par des progrès doctrinaux, des lenteurs et des ruptures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un regard tourné vers les nouvelles formes d’esclavage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la dimension historique,&nbsp;<em>Magnifica humanitas</em>&nbsp;ouvre également une réflexion sur le présent. Léon XIV met en garde contre l’émergence de nouvelles formes d’asservissement à l’ère contemporaine, notamment liées aux structures économiques mondiales, aux trafics humains et aux technologies numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pape évoque en particulier les risques d’une servitude moderne de l’homme face à des systèmes technologiques avancés, y compris l’intelligence artificielle, susceptibles de réduire la liberté, la dignité et l’autonomie des personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, la lutte contre l’esclavage ne relève pas uniquement du passé, mais constitue un enjeu éthique global pour le XXIe siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une continuité avec la doctrine sociale de l’Église</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En choisissant le nom de Léon XIV, le nouveau pontife s’inscrit explicitement dans la tradition de Léon XIII, considéré comme l’un des fondateurs de la doctrine sociale de l’Église. Cette filiation est renforcée par la volonté de replacer la question de la dignité humaine au centre de la réflexion ecclésiale contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette ligne, l’encyclique entend prolonger l’effort historique de condamnation progressive de l’esclavage et des systèmes d’exploitation, amorcé au XIXe siècle dans les textes pontificaux et consolidé par les prises de position successives du magistère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un geste à forte portée symbolique et institutionnelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La portée de cette encyclique dépasse le seul cadre théologique. En formulant une demande de pardon au nom de l’Église, Léon XIV engage une parole institutionnelle qui touche à la mémoire collective du catholicisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce geste s’inscrit dans une dynamique contemporaine où l’Église cherche à conjuguer vérité historique, reconnaissance des fautes et engagement éthique face aux défis actuels de la dignité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec&nbsp;<em>Magnifica humanitas</em>, Léon XIV pose un acte majeur de son pontificat en reconnaissant explicitement les responsabilités historiques de l’Église dans l’esclavage et en demandant pardon au nom de celle-ci. En liant mémoire du passé et vigilance face aux formes modernes d’asservissement, notamment technologiques, le pape inscrit ce texte dans une réflexion globale sur la dignité humaine comme fondement irréductible de toute société.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Magnifica humanitas</em>, encyclique du pape Léon XIV, 25 mai 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saint-Siège – doctrine sociale de l’Église catholique</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tradition du magistère pontifical sur la dignité humaine et l’esclavage</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>De l’abrogation du Code noir aux réparations : la France face à son héritage esclavagiste </title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Histoire et société]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Code noir]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire coloniale]]></category>
		<category><![CDATA[Réparations]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Emmanuel Macron relance un débat longtemps resté tabou</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En soutenant publiquement l’abrogation du Code noir et en évoquant la question des réparations liées à l’esclavage, Emmanuel Macron a rouvert l’un des débats mémoriels les plus sensibles de l’histoire française contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une réception organisée à l’Élysée à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, le chef de l’État a demandé au gouvernement de soutenir la proposition de loi visant à abroger officiellement le Code noir, texte fondateur de l’organisation juridique de l’esclavage colonial français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de la portée symbolique de cette abrogation, c’est surtout l’évocation du mot “réparations” qui a marqué les observateurs. Car en France, cette question reste politiquement explosive et longtemps marginalisée dans le débat public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Code noir, pilier juridique de l’esclavage colonial</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Promulgué sous Louis XIV à partir de 1685, le Code noir encadrait l’esclavage dans les colonies françaises des Antilles et organisait juridiquement l’économie de plantation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte définissait le statut des esclaves, réglementait les punitions, imposait la religion catholique et consolidait un système économique fondé sur la traite négrière et l’exploitation humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce dispositif, la monarchie française structurait progressivement un modèle colonial qui allait alimenter le commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal, les Antilles françaises, Saint-Domingue — future Haïti — ou encore les Mascareignes furent au cœur de cette économie esclavagiste devenue essentielle à la puissance commerciale française des XVIIe et XVIIIe siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un texte juridiquement caduc… mais jamais officiellement abrogé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’esclavage est aboli une première fois en 1794 durant la Révolution française avant d’être rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son abolition définitive intervient finalement en 1848 sous la Deuxième République. Juridiquement, le Code noir devient alors caduc. Pourtant, aucun texte n’est venu l’abroger explicitement pendant plus d’un siècle et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette anomalie symbolique que la proposition de loi actuellement examinée à l’Assemblée nationale entend corriger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour plusieurs historiens et juristes, l’enjeu est essentiellement mémoriel puisque le texte n’a plus aucune valeur juridique depuis longtemps. D’autres estiment toutefois que cette reconnaissance officielle constitue une étape importante dans la manière dont la République française regarde son passé colonial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Derrière l’abrogation, la question des réparations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat dépasse désormais largement le seul Code noir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, associations, intellectuels et élus ultramarins réclament une réflexion plus profonde sur les conséquences contemporaines de l’esclavage et de la colonisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question touche notamment aux fortes inégalités sociales observées dans plusieurs territoires héritiers de l’économie esclavagiste, comme la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion ou Mayotte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains chercheurs, les réparations ne doivent pas nécessairement prendre la forme d’indemnisations financières directes, mais peuvent passer par des politiques publiques de réduction des inégalités, d’investissement économique, de reconnaissance historique ou de transmission mémorielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mémoire encore sensible dans l’espace public français</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet reste particulièrement délicat en France, où les débats autour des statues, des figures coloniales et de la mémoire nationale provoquent régulièrement des tensions politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom de Jean-Baptiste Colbert, associé à la rédaction du Code noir, demeure notamment au centre des controverses mémorielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains historiens et militants plaident aujourd’hui pour une relecture plus large de l’histoire nationale intégrant davantage les résistances esclaves, les figures abolitionnistes et les conséquences durables de la traite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, l’abrogation symbolique du Code noir apparaît moins comme un aboutissement que comme l’ouverture d’un nouveau cycle de réflexion sur l’héritage colonial français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France rejoint ainsi un débat international déjà présent dans plusieurs anciennes puissances coloniales, où la mémoire de l’esclavage continue d’alimenter les discussions sur l’identité, la justice historique et les inégalités contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/de-labrogation-du-code-noir-aux-reparations-la-france-face-a-son-heritage-esclavagiste/">De l’abrogation du Code noir aux réparations : la France face à son héritage esclavagiste </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<title>Littérature : Yaa Gyasi — Homegoing, une traversée du temps et des blessures de l’histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2026 20:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature et livres]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Une voix contemporaine à la portée universelle Née en 1989 au Ghana et ayant grandi aux États-Unis, Yaa Gyasi s’impose avec&#160;Homegoing&#160;(2016) comme une figure majeure de la littérature contemporaine. Dès son premier roman, elle parvient à construire une œuvre ambitieuse, à la fois accessible et profondément marquée par une conscience historique aiguë. Son écriture se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une voix contemporaine à la portée universelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Née en 1989 au Ghana et ayant grandi aux États-Unis, Yaa Gyasi s’impose avec&nbsp;<em>Homegoing</em>&nbsp;(2016) comme une figure majeure de la littérature contemporaine. Dès son premier roman, elle parvient à construire une œuvre ambitieuse, à la fois accessible et profondément marquée par une conscience historique aiguë.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son écriture se distingue par sa clarté apparente et sa capacité à porter des trajectoires humaines complexes sans jamais céder à l’opacité. Chez Gyasi, la narration reste fluide, mais le fond est d’une densité remarquable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une structure fragmentée pour raconter une histoire continue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Homegoing</em>&nbsp;repose sur une architecture singulière. Le roman suit les descendants de deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées au Ghana au XVIIIe siècle, dont les destins divergent radicalement : l’une reste en Afrique, l’autre est déportée dans le cadre de la traite négrière vers les États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de cette séparation initiale, le récit se déploie sur plusieurs générations. Chaque chapitre se concentre sur un personnage différent, appartenant à l’une des deux lignées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fragmentation narrative produit un effet paradoxal :</p>



<p class="wp-block-paragraph">le récit est discontinu dans sa forme, mais profondément cohérent dans son mouvement. Chaque destin individuel devient un fragment d’une histoire collective plus vaste.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="366" height="546" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/04/IMG_5534.jpeg" alt="" class="wp-image-48785" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/04/IMG_5534.jpeg 366w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/04/IMG_5534-201x300.jpeg 201w" sizes="auto, (max-width: 366px) 100vw, 366px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/litterature-ernest-hemingway-le-vieil-homme-et-la-mer-la-dignite-silencieuse-de-la-lutte-humaine/">Littérature : Ernest Hemingway — Le Vieil Homme et la Mer, la dignité silencieuse de la lutte humaine</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’histoire comme héritage invisible</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des forces majeures du roman réside dans sa manière de représenter l’histoire non comme un événement passé, mais comme une présence active dans les vies contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages de&nbsp;<em>Homegoing</em>&nbsp;ne vivent pas directement la traite négrière ou la colonisation, mais ils en portent les traces à travers leurs trajectoires sociales marquées par des inégalités persistantes, leurs blessures intimes souvent invisibles mais profondément ancrées, et leurs difficultés à se situer dans le monde, entre héritage historique et quête d’identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mémoire, transmission et silence</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman met en évidence une tension constante entre mémoire et oubli. Certaines expériences ne sont pas transmises explicitement, mais continuent d’agir en profondeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le silence joue ici un rôle central. Ce qui n’est pas dit, ce qui est perdu ou effacé, devient tout aussi structurant que ce qui est raconté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gyasi montre ainsi que la transmission ne passe pas uniquement par la parole, mais aussi par les traces diffuses laissées dans les comportements, les peurs, les choix de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une humanité plurielle et incarnée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque chapitre introduit un nouveau personnage, avec son contexte, ses conflits, ses aspirations. Malgré la brièveté relative de ces portraits, Gyasi parvient à construire des figures profondément incarnées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman évite toute simplification. Il ne réduit pas ses personnages à des symboles historiques. Au contraire, il insiste sur leur complexité, leurs contradictions, leurs marges de liberté, même dans des contextes contraints.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche donne au texte une grande force émotionnelle, sans jamais tomber dans le pathos.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une écriture sobre au service de la profondeur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à des œuvres plus expérimentales,&nbsp;<em>Homegoing</em>&nbsp;adopte une écriture relativement sobre. Le style ne cherche pas à impressionner par des effets formels, mais à porter efficacement les histoires qu’il raconte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sobriété permet une lecture fluide tout en laissant émerger la densité du propos. Elle renforce l’impact du texte en évitant toute surcharge stylistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une fresque entre deux continents</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman établit un dialogue constant entre l’Afrique et les États-Unis. Il montre comment deux espaces géographiques distincts restent liés par une histoire commune, marquée par la violence et la séparation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette double perspective enrichit le récit, en offrant une vision élargie des conséquences de la traite négrière et de ses prolongements dans le temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec&nbsp;<em>Homegoing</em>, Yaa Gyasi construit une œuvre à la fois accessible et profondément structurée, où les trajectoires individuelles s’inscrivent dans une histoire collective de longue durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman parvient à articuler mémoire, identité et transmission dans une fresque maîtrisée, où chaque fragment contribue à une compréhension plus large du passé et de ses répercussions contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>références littéraires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">•Homegoing (2016) — fresque familiale transgénérationnelle entre Afrique et États-Unis</p>



<p class="wp-block-paragraph">•Transcendent Kingdom (2020) — exploration de la foi, de la science et de la famille</p>
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		<title>ONU : le vote sur l’esclavage révèle une reconfiguration silencieuse des rapports de force mondiaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire et mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[DIPLOMATIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>À première vue, il ne s’agit que d’une résolution de plus à l’Assemblée générale des Nations unies : un texte mémoriel sur la traite transatlantique, accompagné d’appels à la reconnaissance des “torts historiques” et à une réflexion sur la justice réparatrice. Pourtant, derrière le langage consensuel propre à la diplomatie onusienne, le vote révèle une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À première vue, il ne s’agit que d’une résolution de plus à l’Assemblée générale des Nations unies : un texte mémoriel sur la traite transatlantique, accompagné d’appels à la reconnaissance des “torts historiques” et à une réflexion sur la justice réparatrice. Pourtant, derrière le langage consensuel propre à la diplomatie onusienne, le vote révèle une dynamique politique bien plus structurante qu’il n’y paraît.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, la résolution portée par plusieurs États africains ne crée aucune obligation juridique. Mais elle met en évidence un déséquilibre diplomatique devenu récurrent : une large majorité du Sud global face à des puissances occidentales fragmentées, entre opposition assumée et prudence stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une majorité qui dépasse la simple mémoire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien massif au texte ne relève pas uniquement d’une reconnaissance historique de la traite transatlantique. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de relecture politique du passé colonial et de ses prolongements économiques contemporains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux États africains et leurs alliés, l’enjeu ne se limite plus à la mémoire, mais s’étend à la continuité des déséquilibres structurels issus de l’histoire. Dans ce cadre, la notion de “justice réparatrice”, désormais récurrente dans les enceintes multilatérales, agit comme un point de cristallisation : elle transforme un récit historique en instrument de revendication diplomatique contemporaine, sans pour autant en fixer les modalités juridiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une reconfiguration du débat plutôt qu’un basculement juridique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue ici n’est pas une transformation du droit international, mais une évolution du langage politique qui le précède. L’ONU ne consacre pas une nouvelle norme contraignante ; elle valide néanmoins une grammaire diplomatique dans laquelle les “torts historiques” et la “réparation” deviennent des catégories désormais installées dans le débat multilatéral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution est d’autant plus significative qu’elle permet de relier, dans un même cadre discursif, histoire coloniale et inégalités contemporaines, ouvrant ainsi un espace politique où les revendications mémorielles peuvent être projetées sur le terrain des rapports de force actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une lecture consolidée des asymétries globales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, la résolution ne fait pas que constater un passé : elle participe à une lecture structurée des asymétries mondiales. L’esclavage et la traite transatlantique ne sont plus seulement abordés comme des faits historiques stabilisés, mais comme des éléments intégrés à une réflexion plus large sur les déséquilibres économiques, politiques et institutionnels du système international.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les lignes de fracture du vote : au-delà des chiffres</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat du vote révèle une architecture diplomatique désormais stable à l’ONU. D’un côté, un ensemble majoritaire d’États du Sud global qui tendent à articuler mémoire historique et revendications contemporaines. De l’autre, des positions occidentales oscillant entre rejet de toute implication juridique et abstention prudente, destinée à éviter un alignement explicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois votes contre traduisent une position de principe : la volonté de maintenir une séparation stricte entre reconnaissance historique et responsabilité actuelle. Les abstentions, plus nombreuses, expriment quant à elles une posture intermédiaire, souvent dictée par des considérations d’équilibre diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mémoire comme instrument de puissance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vote ne modifie ni le droit international ni les mécanismes institutionnels de réparation. Mais il confirme une évolution plus profonde : la mémoire n’est plus seulement un enjeu symbolique ou historique, elle devient un outil de structuration des rapports de force diplomatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En intégrant progressivement le vocabulaire des “torts historiques” dans l’espace multilatéral, les États ne redessinent pas le droit, mais le terrain sur lequel il sera discuté demain. L’enjeu n’est donc pas une rupture juridique, mais une lente transformation des cadres de légitimité internationale — où l’histoire elle-même devient un levier politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction&nbsp;</strong></p>
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		<item>
		<title>ONU : la traite des Africains réduits en esclavage reconnue comme “le crime le plus grave contre l’humanité”</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 17:49:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Adoptée par une large majorité, la résolution de l’Assemblée générale marque un tournant historique. Mais derrière l’apparente unanimité, fractures diplomatiques et enjeux de réparations refont surface. L’Assemblée générale des Nations unies a franchi un cap symbolique majeur. Réunie le 25 mars, elle a adopté une résolution proclamant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/onu-la-traite-des-africains-reduits-en-esclavage-reconnue-comme-le-crime-le-plus-grave-contre-lhumanite/">ONU : la traite des Africains réduits en esclavage reconnue comme “le crime le plus grave contre l’humanité”</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Adoptée par une large majorité, la résolution de l’Assemblée générale marque un tournant historique. Mais derrière l’apparente unanimité, fractures diplomatiques et enjeux de réparations refont surface.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Assemblée générale des Nations unies a franchi un cap symbolique majeur. Réunie le 25 mars, elle a adopté une résolution proclamant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage comme « le crime le plus grave contre l’humanité ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Porté par le Ghana au nom du continent africain, le texte a été adopté par 123 voix pour, avec trois oppositions — États-Unis, Israël et Argentine — et 52 abstentions, dont celles du Royaume-Uni et de plusieurs États de l’Union européenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une reconnaissance historique à forte portée politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par son ampleur et sa formulation, la résolution marque une avancée significative dans la reconnaissance internationale de l’esclavage transatlantique. Entre le XVe et le XIXe siècle, plus de 12 millions d’Africains ont été déportés, dans un système qui a profondément façonné les économies et les hiérarchies sociales à l’échelle mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les États africains, cette reconnaissance ne relève pas seulement de la mémoire. Elle constitue une étape vers une relecture des responsabilités historiques et, potentiellement, vers des mécanismes de justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Ghana, à l’origine de l’initiative, insiste sur un point central : il ne s’agit pas de hiérarchiser les crimes, mais de reconnaître l’ampleur d’un système qui a structuré durablement l’ordre mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un vote massif… mais loin du consensus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la résolution a été largement adoptée, les lignes de fracture sont nettes. Les votes contre et surtout les nombreuses abstentions traduisent les réticences de plusieurs puissances face aux implications politiques d’une telle qualification.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En filigrane, une inquiétude domine : celle de voir cette reconnaissance ouvrir la voie à des demandes d’excuses officielles, voire à des revendications de réparations financières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains États occidentaux, la formulation choisie pose également une question sensible : celle de la hiérarchisation des crimes contre l’humanité, dans un cadre juridique international qui repose sur leur universalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mémoire, justice et rapports de force</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du vote, cette résolution s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis plusieurs années, les pays africains et caribéens intensifient leurs démarches pour inscrire l’esclavage et la colonisation au cœur des débats internationaux sur la justice historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte pourrait ainsi devenir un levier diplomatique. Non contraignant juridiquement, il n’en demeure pas moins un outil politique puissant, susceptible d’alimenter de futures négociations sur les réparations ou les politiques de reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un tournant dans la bataille mémorielle mondiale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette décision, l’ONU consacre une lecture du passé qui dépasse le simple cadre commémoratif. Elle acte une montée en puissance des revendications du Sud global dans les enceintes internationales, face à des puissances plus réticentes à ouvrir ce chantier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière l’hommage aux victimes, c’est donc une bataille plus large qui se dessine : celle de la reconnaissance, de la responsabilité et, à terme, de la justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction&nbsp;</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/onu-la-traite-des-africains-reduits-en-esclavage-reconnue-comme-le-crime-le-plus-grave-contre-lhumanite/">ONU : la traite des Africains réduits en esclavage reconnue comme “le crime le plus grave contre l’humanité”</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<title>ONU : la traite transatlantique des esclaves au cœur d’un débat sur sa qualification comme “crime le plus grave contre l’humanité”</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Les Nations unies examinent une résolution portée par le Ghana visant à reconnaître la traite transatlantique comme l’un des crimes les plus destructeurs de l’histoire moderne, un texte qui relance les débats sur la mémoire de l’esclavage et la hiérarchie des atrocités historiques. L’Organisation des Nations unies étudie ce mercredi un projet de résolution qui [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/onu-la-traite-transatlantique-des-esclaves-au-coeur-dun-debat-sur-sa-qualification-comme-crime-le-plus-grave-contre-lhumanite/">ONU : la traite transatlantique des esclaves au cœur d’un débat sur sa qualification comme “crime le plus grave contre l’humanité”</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Nations unies examinent une résolution portée par le Ghana visant à reconnaître la traite transatlantique comme l’un des crimes les plus destructeurs de l’histoire moderne, un texte qui relance les débats sur la mémoire de l’esclavage et la hiérarchie des atrocités historiques.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Organisation des Nations unies étudie ce mercredi un projet de résolution qui propose de qualifier la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage comme « le crime le plus grave contre l’humanité ». Une initiative portée par le Ghana, dans le cadre d’un mandat confié par l’Union africaine, et qui suscite déjà des discussions diplomatiques sensibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi, Accra a appelé les États membres à soutenir ce texte, présenté comme un acte de reconnaissance historique et mémorielle. L’examen intervient à la veille de la journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, commémorée le 25 mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un texte qui interroge la notion de hiérarchie des crimes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat porte notamment sur la portée juridique et symbolique de la formulation proposée. Certains États et observateurs expriment la crainte qu’une telle qualification n’introduise une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité reconnus par le droit international, tels que les génocides, l’apartheid ou les violences coloniales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le représentant permanent du Ghana auprès de l’ONU, Samuel Yao Kumah, a rejeté cette lecture. Selon lui, la résolution ne vise pas à établir une classification des souffrances, mais à reconnaître un processus historique ayant profondément structuré l’ordre mondial contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a insisté sur le fait que l’ensemble des atrocités reconnues par le droit international demeurent condamnées sans équivoque, indépendamment de cette initiative.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/esclavage-le-ghana-porte-a-lonu-une-offensive-historique-pour-la-reconnaissance-et-les-reparations/">Esclavage : le Ghana porte à l’ONU une offensive historique pour la reconnaissance et les réparations</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une mémoire historique au centre des débats diplomatiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le XVe et le XIXe siècle, plus de 12 millions d’Africains ont été déportés vers les Amériques et les territoires atlantiques dans le cadre de la traite transatlantique. Une partie importante d’entre eux est morte durant la traversée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les promoteurs du texte, cette reconnaissance vise à renforcer la mémoire des victimes et à inscrire cet épisode historique dans une lecture globale des systèmes de domination et d’exploitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samuel Yao Kumah a défendu une approche fondée sur la reconnaissance et la transmission historique, estimant que la communauté internationale doit pouvoir nommer les réalités du passé pour mieux en tirer des enseignements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un enjeu mémoriel et politique contemporain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la dimension historique, le projet de résolution s’inscrit dans un contexte diplomatique plus large, où les questions de mémoire, de justice historique et de réparations symboliques occupent une place croissante dans les forums internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’issue du vote à l’ONU sera scrutée par de nombreux États, alors que les discussions sur l’héritage de l’esclavage continuent de susciter des positions divergentes entre pays du Nord et du Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/onu-la-traite-transatlantique-des-esclaves-au-coeur-dun-debat-sur-sa-qualification-comme-crime-le-plus-grave-contre-lhumanite/">ONU : la traite transatlantique des esclaves au cœur d’un débat sur sa qualification comme “crime le plus grave contre l’humanité”</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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