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	<title>Archives des Art engagé - La Cinquième</title>
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	<title>Archives des Art engagé - La Cinquième</title>
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		<title>RDC : Goma, quand l’art transforme la douleur en message universel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Nov 2025 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture et Sociétés]]></category>
		<category><![CDATA[Art engagé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>À Goma, ville de l’Est de la République démocratique du Congo, le quotidien est marqué par la menace constante des conflits armés, l’activité du volcan Nyiragongo et les effets visibles du changement climatique. Dans ce contexte, un mouvement artistique émergent transforme la souffrance et les défis locaux en messages universels porteurs d’espoir et de résilience. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À Goma, ville de l’Est de la République démocratique du Congo, le quotidien est marqué par la menace constante des conflits armés, l’activité du volcan Nyiragongo et les effets visibles du changement climatique. Dans ce contexte, un mouvement artistique émergent transforme la souffrance et les défis locaux en messages universels porteurs d’espoir et de résilience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition&nbsp;<strong>« Chini ya Ardhi »</strong>&nbsp;(Sous-sol) rassemble des artistes congolais et internationaux, qui utilisent peintures, sculptures et installations pour raconter les réalités vécues par les habitants. Camille Bleu Valentin, artiste française, collabore avec de jeunes créateurs locaux pour offrir un regard unique sur la vie à Goma. Selon elle, cette ville illustre « à la fois la fragilité et la force de nos sociétés, connectées par des ressources naturelles, énergétiques et alimentaires ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’art comme témoin des crises</strong></p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="600" data-id="40981" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-346.jpeg" alt="" class="wp-image-40981" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-346.jpeg 800w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-346-300x225.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-346-768x576.jpeg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Les œuvres présentées ne se contentent pas d’être esthétiques : elles traduisent les difficultés quotidiennes des habitants. Certaines sculptures, comme des bougies gravées par Camille Bleu Valentin, symbolisent la résilience face à l’absence d’eau et d’électricité lors des attaques du M23, transformant le traumatisme en un témoignage artistique puissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thierry Croco, artiste congolais, insiste sur le rôle central de l’art : « Nos créations reflètent la vie de Goma et les messages que notre communauté veut transmettre. L’artiste est le miroir de sa ville et le porte-voix des habitants. » Ces œuvres offrent ainsi une voix aux populations et interpellent un public international sur la situation complexe de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sensibilisation locale et portée globale</strong></p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="800" height="600" data-id="40982" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-347.jpeg" alt="" class="wp-image-40982" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-347.jpeg 800w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-347-300x225.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/11/Sans-titre-347-768x576.jpeg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">« Chini ya Ardhi » montre que l’art peut dépasser les frontières du local pour devenir un outil de réflexion universelle. En mettant en lumière les crises environnementales et sociales, les artistes invitent le spectateur à réfléchir aux liens entre les enjeux locaux et mondiaux et rappellent que les difficultés de Goma ne sont pas isolées mais s’inscrivent dans un contexte global.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette exposition, Goma illustre comment l’art peut transformer la douleur en message universel. Chaque création devient un appel à l’attention et à l’action, un témoignage vivant de la résilience des communautés face aux crises environnementales et sécuritaires. L’art, à Goma, n’est pas seulement un langage esthétique : il devient une force de mobilisation et de conscience collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong>&nbsp;</p>
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		<title>Sénégal &#8211; À travers l’objectif de Boubacar Touré Mandémory</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Jun 2025 08:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Art et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Art engagé]]></category>
		<category><![CDATA[Boubacar Touré Mandélory]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie africaine contemporaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 9</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Il y a des photographes qui capturent des images, et d’autres qui capturent des mondes. Boubacar Touré Mandémory appartient résolument à la seconde catégorie. Figure emblématique de la photographie africaine contemporaine, il a su, depuis les années 1980, imposer une vision singulière et profondément enracinée dans les réalités du continent. Autodidacte, libre, observateur inlassable du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 9</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a des photographes qui capturent des images, et d’autres qui capturent des mondes. Boubacar Touré Mandémory appartient résolument à la seconde catégorie. Figure emblématique de la photographie africaine contemporaine, il a su, depuis les années 1980, imposer une vision singulière et profondément enracinée dans les réalités du continent. Autodidacte, libre, observateur inlassable du quotidien, il a construit une œuvre à la croisée du témoignage social, de l’engagement politique et de la poésie visuelle. En photographiant les rues de Dakar, les visages oubliés, les minorités culturelles ou les mutations urbaines, Mandémory n’a cessé de redonner sens et dignité à l’ordinaire. À travers son objectif, il ne documente pas seulement une époque : il la révèle, il la déchiffre, il l’honore.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un regard social et esthétique</strong></p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/06/Sans-titre-154-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-31252" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/06/Sans-titre-154-1024x576.jpeg 1024w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/06/Sans-titre-154-300x169.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/06/Sans-titre-154-768x432.jpeg 768w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/06/Sans-titre-154-860x484.jpeg 860w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/06/Sans-titre-154.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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</div>



<p class="wp-block-paragraph">Avec Boubacar Touré Mandémory, la photographie est à la fois un acte de création et un acte de résistance. Son regard est profondément enraciné dans le tissu social africain, notamment sénégalais, qu’il observe avec une lucidité mêlée de tendresse et de révolte. Il ne se contente pas de documenter des scènes de rue ou des visages anonymes ; il les interroge, les déconstruit, les met en tension. À travers son objectif, chaque détail devient signifiant, chaque cadrage traduit une intention, chaque couleur joue une note dans une partition visuelle d&rsquo;une grande richesse expressive. Ce qui frappe immédiatement dans ses images, c’est leur puissance formelle. Mandémory ose des compositions audacieuses, parfois déroutantes. Il bouleverse la lecture conventionnelle de l’espace photographique, en utilisant des angles inattendus, en superposant les plans, en jouant avec les contrastes et les perspectives. Ces choix ne relèvent pas d’un simple exercice de style ; ils sont toujours au service d’un propos. En dynamisant l’image, il en intensifie la charge émotionnelle et politique. La couleur, dans son travail, est un langage à part entière. Elle n’est jamais décorative, mais expressive, parfois même violente. Mandémory joue avec les teintes saturées, les oppositions chromatiques, les lumières crues ou tamisées pour traduire une ambiance, un ressenti, une tension. Ainsi, la couleur devient mémoire, empreinte sensible d’un instant saisi au cœur de la ville, d’un quotidien exalté ou blessé. Son regard est également nourri d’une forte conscience critique. Il rejette toute approche exotisante de l’Afrique, tout discours simplificateur ou misérabiliste. Là où d’autres photographes ont pu céder à la tentation de représenter l’Afrique comme un continent figé dans ses traditions ou rongé par la misère, Mandémory affirme une autre vision. Il montre une Afrique multiple, vibrante, pleine de contradictions, en constante transformation. Ses photos sont des fragments de vérités, qui racontent le réel sans l’enfermer dans une narration unique. Par son approche, Boubacar Touré Mandémory transforme la photographie sociale en un geste esthétique profond, et l’esthétique en une forme de combat. Ses images sont belles, mais cette beauté est travaillée, traversée par des lignes de fracture, des douleurs silencieuses, des ironies subtiles. Il s’agit d’une beauté engagée, qui ne cherche pas à plaire mais à faire réfléchir, à provoquer, à émouvoir. Son œuvre se situe à la croisée de l’art, du témoignage et de la poésie visuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre documentaire et création</strong></p>



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</div>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail de Boubacar Touré Mandémory se situe à la croisée de la photographie documentaire et de l’expression artistique. Cette double orientation donne à son œuvre une puissance particulière : elle ne se limite ni à l’enregistrement froid des faits, ni à l’esthétique purement formelle. Elle est plutôt une forme d&rsquo;écriture visuelle, un langage singulier qui fait cohabiter témoignage et poésie, engagement et imagination. L’appareil photo devient chez lui un outil d’enquête mais aussi de transfiguration. Lorsqu’il photographie les communautés ethniques du Sénégal ou de Sierra Leone, il ne se contente pas de documenter leurs coutumes ou leurs visages. Il interroge leurs gestes, leur présence au monde, leur manière d’habiter un territoire. Chaque image est construite avec une attention extrême à la lumière, aux textures, aux plans. Il joue sur les cadrages serrés, les contre-plongées, les jeux d’ombres et de couleurs, pour donner à la scène une intensité presque picturale. Son œuvre suggère que la vérité d’un lieu ou d’une situation ne se donne pas seulement par ce qui est montré, mais aussi par la manière dont cela est montré. Le regard qu’il pose sur ses sujets n’est jamais neutre. Il est à la fois complice, attentif et critique. Ainsi, Mandémory parvient à faire émerger du réel des formes de beauté imprévues, des tensions esthétiques qui rendent chaque image vivante, vibrante, chargée de sens. Dans cette tension entre le factuel et le symbolique, il renouvelle la pratique du reportage. Il ne photographie pas seulement pour informer, mais pour éveiller. Ses photographies ne cherchent pas à prouver mais à suggérer, à faire ressentir. Elles donnent à voir, mais aussi à penser. L’artiste devient ainsi un médiateur sensible, un explorateur du visible qui restitue la complexité des sociétés africaines avec une finesse rare. En intégrant dans sa démarche une part de création assumée, Mandémory offre une alternative aux regards standardisés. Il propose une Afrique perçue de l’intérieur, mouvante, urbaine, en dialogue avec ses traditions comme avec ses mutations contemporaines. C’est dans cette articulation subtile entre documentaire et création que réside toute la force et la singularité de son travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un pionnier de la photographie africaine contemporaine</strong></p>



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</div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Boubacar Touré Mandémory occupe une place singulière et fondatrice dans l’histoire de la photographie africaine contemporaine. À une époque où la photographie sur le continent était encore marginalisée, souvent confinée à la sphère du studio ou utilisée à des fins administratives et journalistiques, Mandémory a su briser les carcans esthétiques et institutionnels pour faire émerger une vision nouvelle, profondément ancrée dans la réalité africaine et résolument ouverte sur le monde. Sa démarche pionnière s’est manifestée très tôt par la création, en 1989, de&nbsp;</strong><strong><em>Nataal</em></strong><strong>, la toute première agence photographique du Sénégal. Cet acte fondateur marque le début d’une structuration de la photographie en tant que pratique professionnelle indépendante. L’objectif n’était pas seulement de produire et de diffuser des images, mais aussi de créer un espace de réflexion, d’échange et de visibilité pour les photographes africains. Ce fut une manière de revendiquer l’existence d’un regard africain sur l’Afrique, débarrassé des filtres occidentaux souvent chargés de condescendance ou d’exotisme. En 1990, il initie le premier Mois de la Photographie en Afrique, organisé à Dakar. Ce rendez-vous deviendra une source d’inspiration majeure pour les&nbsp;</strong><strong><em>Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako</em></strong><strong>, événement qui s’imposera comme la plus importante biennale photographique du continent. Touré Mandémory, par son impulsion, a contribué à inscrire durablement la photographie dans le calendrier culturel africain, en lui offrant une tribune internationale et une reconnaissance institutionnelle inédite. Mais son rôle ne s’arrête pas à l’organisation d’événements. Il agit aussi comme formateur, catalyseur et passeur. En collaborant avec des journalistes, des artistes et des institutions culturelles à Dakar et au-delà, il participe à la professionnalisation du métier de photographe. Il œuvre à la mise en place de structures pérennes, comme le service photo de l’Agence PANA qu’il met sur pied, tout en défendant sans relâche le droit des photographes africains à exister en tant qu’artistes à part entière, avec un statut et une légitimité culturelle. Son engagement trouve un écho dans ses œuvres elles-mêmes. En explorant des sujets variés, allant des minorités ethniques sénégalaises aux mutations urbaines contemporaines, il a enrichi l’imaginaire visuel de l’Afrique de récits complexes, nuancés, incarnés. À travers ses séries comme&nbsp;</strong><strong><em>Villes capitales d’Afrique</em></strong><strong>, ou ses investigations sur les cultures urbaines à Dakar, il a contribué à déconstruire les visions passéistes du continent, souvent réduites à la sécheresse, à la misère ou au folklore. En replaçant la photographie au cœur du dialogue culturel, Mandémory a ouvert une brèche où se sont engouffrées de nouvelles générations de photographes africains. Il a non seulement documenté son époque avec justesse et sensibilité, mais il a aussi préparé le terrain pour que l’image devienne un langage d’affirmation, de résistance et de création.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une photographie comme engagement</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Selon Boubacar Touré Mandémory, la photographie n’est jamais un simple exercice esthétique. Elle est un acte de présence au monde, un engagement profond envers les réalités sociales, humaines et culturelles de son environnement. Mandémory ne se contente pas de documenter, il questionne, déplace les regards, ébranle les certitudes. Chaque image qu’il crée est une interpellation, un fragment de vérité arraché à l’indifférence. Son travail photographique repose sur une attention fine aux détails du quotidien, qu’il magnifie sans les trahir. À travers son objectif, il donne à voir des scènes de rue, des visages, des lieux que l’on pourrait croire insignifiants, mais qui, sous sa lumière, révèlent toute leur densité symbolique. Il transforme les choses banales en objets de réflexion, sans jamais céder à la facilité ou à l’exotisme. Sa photographie refuse le spectaculaire, elle privilégie le réel dans sa nudité complexe. Elle parle des êtres et des territoires avec dignité, tendresse et exigence. Cet engagement est aussi politique au sens large, car il s’inscrit contre les discours dominants qui réduisent l’Afrique à une image figée de misère ou d’arriération. En montrant les dynamiques sociales, les mutations urbaines, la créativité des jeunesses ou encore la résilience des quartiers populaires comme celui de Guédiawaye, il propose une vision renouvelée du continent. Il photographie les marges pour les remettre au centre, non pas comme objets d’étude ou de compassion, mais comme sujets porteurs de sens, d’histoire et d’avenir. Mandémory s’inscrit dans la tradition des photographes qui pensent leur art comme un outil de transmission, de résistance et de mémoire. Sa démarche s’apparente à celle d’un conteur visuel, un griot moderne qui capte les silences et les non-dits, les tensions et les espoirs d’une société en mouvement. Il saisit non seulement ce qui se voit, mais ce qui se devine derrière les façades, dans les interstices de la réalité, là où les discours officiels s’arrêtent. Ses photographies sont empreintes d’une humanité sincère. Elles ne cherchent pas à illustrer une théorie, mais à rendre visibles des existences, à éveiller une conscience. En cela, l’acte photographique chez Mandémory devient un acte éthique, presque spirituel, porté par une volonté de vérité et de justice. Il ne s’agit pas simplement de témoigner, mais de faire surgir une autre façon de regarder, plus attentive, plus juste, plus libre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un héritage vivant</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;œuvre de Boubacar Touré Mandémory dépasse le cadre d’une carrière personnelle pour s’inscrire dans l’histoire culturelle et visuelle de l’Afrique contemporaine. En documentant son environnement immédiat tout en dialoguant avec les transformations globales, il a participé à la constitution d’une mémoire collective, sensible et lucide. Ses images ne se contentent pas de témoigner, elles façonnent un imaginaire. Elles influencent les regards, modifient les perceptions, et enseignent aux générations suivantes que la photographie peut être un outil critique, une arme poétique, un miroir social. Mandémory fait partie de cette génération d’artistes africains qui ont décidé de prendre la parole à travers l’image, de revendiquer la maîtrise de leur propre narration. Il ne photographie pas pour plaire ni pour illustrer un exotisme convenu. Il photographie pour comprendre, pour questionner, pour affirmer. Son travail est une forme de résistance douce, patiente et profondément humaniste. Il invite à observer avec attention, à chercher ce que l’on ne voit plus, à reconnaître la valeur des lieux et des gens trop souvent oubliés. En faisant entrer la photographie documentaire dans les galeries et les institutions artistiques, il a redéfini les frontières entre art et information, entre esthétique et engagement. Il a ouvert des voies nouvelles à une génération de photographes africains qui, à leur tour, osent s’emparer de sujets intimes, sociaux, politiques, en dehors des carcans médiatiques. À travers ses nombreuses résidences, ses initiatives pionnières comme le Mois de la Photographie à Dakar, ou ses collaborations avec les plus grandes publications francophones, il a contribué à l’essor d’une photographie africaine indépendante, reconnue et respectée.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ce que Boubacar Touré Mandémory lègue, c’est avant tout une attitude. Celle d’un regard libre, sincère et engagé. Celle d’un artiste qui observe son temps sans complaisance mais avec amour. Son héritage est vivant parce qu’il continue d’agir. Il vit dans les yeux de ceux qui contemplent ses œuvres, dans les esprits de ceux qui les étudient, dans les pas de ceux qui s’en inspirent. Il nous rappelle que l’image peut être un acte, un appel, une manière d’habiter le monde avec lucidité et beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Richard Laté Lawson-Body</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/senegal-a-travers-lobjectif-de-boubacar-toure-mandemory/">Sénégal &#8211; À travers l’objectif de Boubacar Touré Mandémory</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<title>Cosmaskete, plasticien de l’africanité retrouvée </title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 May 2025 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités nationales]]></category>
		<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Derrière le pseudonyme Cosmakete se tient l’artiste togolais KETE&#160;Atsou, un&#160;plasticien&#160;profondément ancré dans son époque, pour qui l’art n’est ni un divertissement, ni une simple esthétique, mais bien un acte engagé, un outil de transmission&#160;et un espace de réflexion. Formé en économie internationale, passé par la sérigraphie, la décoration et l’enseignement, Cosmakete incarne cette figure rare [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph">Derrière le pseudonyme Cosmakete se tient l’artiste togolais KETE&nbsp;Atsou, un&nbsp;plasticien&nbsp;profondément ancré dans son époque, pour qui l’art n’est ni un divertissement, ni une simple esthétique, mais bien un acte engagé, un outil de transmission&nbsp;et un espace de réflexion. Formé en économie internationale, passé par la sérigraphie, la décoration et l’enseignement, Cosmakete incarne cette figure rare de l’artiste polyvalent qui conjugue rigueur intellectuelle, sensibilité artistique et responsabilité sociale.&nbsp;Son nom d’artiste, né de la fusion entre «&nbsp;Cosmas&nbsp;» (prénom chrétien) et « KETE » (patronyme auquel il tient), est déjà tout un symbole : celui d’une identité multiple mais assumée, entre héritage spirituel et ancrage familial. Une dualité féconde que l’on retrouve dans l’ensemble de son œuvre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-115-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-29280" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-115-1024x576.jpeg 1024w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-115-300x169.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-115-768x432.jpeg 768w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-115-860x484.jpeg 860w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-115.jpeg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une pédagogie visuelle pour l’Afrique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour&nbsp;Cosmaskete, l’artiste est un passeur de conscience, un pédagogue visuel dont l&rsquo;œuvre ne cherche ni à flatter l’œil ni à orner les murs, mais à réveiller les esprits. Sa peinture figurative devient un langage&nbsp;d’action, un outil de transmission centré sur l’identité, la mémoire, la spiritualité, et plus que tout, sur les valeurs africaines. Le&nbsp;figuratif, dans sa démarche, n&rsquo;est jamais mimétique : il est pensée incarnée, forme habitée par une vision lucide du monde et une volonté farouche d’enracinement culturel. Chaque toile agit comme un miroir tendu à la société, une tentative de réparer les fissures intérieures&nbsp;pour se &nbsp;reconnecter&nbsp;à ce qui fait sens et racine.&nbsp;Au cœur de cette esthétique, le jaune se déploie comme une lumière guide. Couleur solaire, elle reflète à la fois son optimisme viscéral et sa foi en une Afrique debout, réconciliée avec elle-même.&nbsp;<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une œuvre nourrie par une conscience économique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Singularité rare dans le paysage artistique contemporain, Cosmakete manie avec une égale aisance la palette du peintre et le prisme de l’économiste. Son bagage en économie internationale n’est pas un simple détour biographique : il constitue l’un des socles épistémologiques de sa démarche artistique. Chez lui, l’esthétique ne se détache jamais des systèmes sociaux : elle les dénonce, les explore, les traverse.&nbsp;Dans ses œuvres, il interroge les structures invisibles qui gouvernent les sociétés : les mécanismes qui étouffent les cultures, les politiques qui fragmentent les mémoires, les logiques économiques qui sapent les identités. Chaque toile devient ainsi un espace critique, un laboratoire visuel où s’entrecroisent l’histoire, le politique et le devenir.&nbsp;Cosmakete ne se contente pas de représenter la réalité : il la problématise. Il l’explique par la forme, la questionne par la couleur, la déconstruit par la composition, et propose, dans le même geste, des pistes pour la réinvention. Son art devient alors&nbsp;un terrain de résistance, un outil prospectif,&nbsp;une manière d’envisager d’autres futurs, à partir d’un regard lucide sur les rouages actuels.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-116-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-29282" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-116-1024x576.jpeg 1024w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-116-300x169.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-116-768x432.jpeg 768w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-116-860x484.jpeg 860w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-116.jpeg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un art polymorphe, ancré dans la matière et le symbole</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sérigraphe, graphiste, peintre, décorateur ou sculpteur, Cosmaskete est un artiste de la transversalité maîtrisée. Il ne se contente pas de varier les techniques : il les habite, les questionne, les met en tension pour mieux en déployer le potentiel symbolique. Chez lui, le métissage des médiums n’est pas un effet de style, mais une nécessité expressive. Chaque matériau, chaque procédé choisi devient porteur de sens.&nbsp;Le collage, par exemple, lui permet d’assembler les morceaux d’une mémoire éclatée, d’évoquer l’histoire africaine en strates superposées, comme autant de récits à recoller. La peinture « classique », quant à elle, capte la vibration du quotidien, la dignité des objets simples, la force silencieuse des scènes intimes. La sérigraphie, elle, agit comme un outil de diffusion idéologique, un moyen de répandre ses idées comme des tracts poétiques. L’artiste s’y fait imprimeur de conscience.&nbsp;Cette liberté formelle, loin de n’être qu’expérimentation plastique, accompagne une volonté inébranlable de revalorisation culturelle. Cosmaskete défend l’africanité comme matrice de sens, nos valeurs comme clefs de lecture du monde et notre culture comme socle de tout développement durable. Son œuvre devient alors un outil de rééducation collective, une invitation à la réappropriation identitaire, un appel à la dignité.&nbsp;Dans un monde globalisé où l’effacement culturel est une menace silencieuse, Cosmaskete œuvre pour replanter les racines. Son art, polymorphe mais cohérent, est un geste de résistance douce, une manière de dire que la beauté, la fierté et l’héritage sont encore et toujours à portée de main et de cœur.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-118-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-29284" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-118-1024x576.jpeg 1024w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-118-300x169.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-118-768x432.jpeg 768w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-118-860x484.jpeg 860w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2025/05/Sans-titre-118.jpeg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Afrique comme horizon solidaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cosmaskete n’est pas un artiste replié sur lui-même, confiné dans le silence d’un atelier. Son art se déploie au contact du réel, dans les rues, les échanges, les rencontres humaines. Ses tournées artistiques au Bénin, au Burkina Faso et au Togo ne relèvent pas d’un simple agenda d’expositions : elles incarnent un engagement panafricain, une volonté affirmée de vivre la fraternité africaine à travers l’art.&nbsp;Chaque déplacement devient une opportunité de tisser des liens, de construire des ponts symboliques entre les peuples, au-delà des frontières coloniales et des barrières linguistiques. Il y a, dans sa démarche, une foi profonde en une Afrique unie, solidaire et culturellement souveraine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Richard&nbsp;La<a></a>té&nbsp;Lawson-Body&nbsp;</p>
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