Face à une menace écologique croissante, l’Union africaine (UA) et les Nations Unies (ONU) ont appelé à une mobilisation immédiate contre la désertification et la dégradation des terres sur le continent africain. Réunis à Addis-Abeba lors d’une session stratégique autour de l’Initiative de la Grande Muraille Verte, responsables et experts ont mis en garde contre l’inaction, qui pourrait précipiter un effondrement environnemental aux conséquences irréversibles.
Un désert qui avance, une urgence qui s’impose
Mithika Mwenda, directeur exécutif de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, a dressé un constat sévère. Selon lui, la conjonction du changement climatique, de l’exploitation abusive des ressources naturelles et de la destruction des écosystèmes forestiers alimente une spirale dangereuse pour les terres africaines.
« Ne pas agir, c’est compromettre les objectifs climatiques mondiaux », a-t-il insisté, rappelant que la dégradation des forêts, des tourbières et des zones humides libère des volumes considérables de gaz à effet de serre. L’extension continue du Sahara vers le sud et du Kalahari vers le nord symbolise cette alerte rouge.
Changer les modes de consommation
Louise Baker, directrice du Mécanisme mondial de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, a souligné que la raréfaction des ressources naturelles en Afrique s’explique largement par une exploitation insoutenable. Elle appelle à une révision en profondeur des schémas de consommation pour éviter d’aggraver la crise environnementale.
Soutenir les communautés menacées
Harsen Nyambe, directeur de l’économie bleue et de l’environnement durable à la Commission de l’UA, a mis en évidence l’effet direct de la dégradation des sols sur la multiplication des sécheresses et la fragilisation des populations rurales. « Le désert progresse. Il faut des mesures concrètes pour freiner son expansion et protéger les communautés exposées », a-t-il déclaré.
La Grande Muraille Verte : un rempart à renforcer
L’Initiative de la Grande Muraille Verte, lancée en 2007, est au cœur de cette riposte. En restaurant 100 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030, elle vise à régénérer les écosystèmes, créer 10 millions d’emplois ruraux et assurer la sécurité alimentaire dans les zones les plus affectées par la désertification.
Les responsables ont unanimement appelé à accélérer la mise en œuvre des accords environnementaux internationaux, insistant sur la nécessité d’un appui financier et technique à long terme pour garantir leur succès.
Le message d’Addis-Abeba est clair : l’Afrique ne peut plus attendre. Chaque jour de retard face à la désertification renforce l’injustice climatique que subit le continent. Pour éviter que la terre ne devienne stérile et les populations déplacées, il faut transformer les engagements en actions tangibles.
La Rédaction

