Le Quai d’Orsay a engagé une procédure disciplinaire contre Bruno Foucher, ambassadeur de France en République centrafricaine, après une enquête administrative menée à Bangui. Selon Le Canard enchaîné, le diplomate aurait reçu à de nombreuses reprises de jeunes femmes dans la résidence officielle et entretenu des relations sexuelles avec certaines d’entre elles. Au-delà de l’affaire de mœurs, les conditions d’accès à la résidence auraient suscité une alerte sécuritaire, rendant le dossier particulièrement embarrassant pour la diplomatie française.
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé mardi l’ouverture d’une procédure disciplinaire visant son ambassadeur en Centrafrique. « À l’initiative du ministère, une enquête administrative a été réalisée à Bangui en 2026 », a indiqué le Quai d’Orsay, précisant que la procédure avait été engagée après réception des conclusions de cette mission.
Les accusations les plus précises proviennent du Canard enchaîné. Selon l’hebdomadaire, qui affirme avoir consulté le rapport d’inspection, Bruno Foucher aurait fait entrer dans ses appartements privés de la résidence diplomatique une trentaine de jeunes femmes entre janvier 2024 et mars 2026.
Une affaire de mœurs devenue problème de sécurité
Le dossier dépasse rapidement le seul registre de la vie privée. La fréquence de ces visites aurait conduit les services chargés de la protection de l’ambassadeur à signaler une vulnérabilité dans le dispositif de sécurité de la résidence.
Une inspection administrative a ensuite été menée sur place. Toujours selon Le Canard enchaîné, Bruno Foucher aurait également autorisé l’une de ces femmes à séjourner dans la résidence alors qu’il était absent. Entendu dans le cadre de l’enquête, il aurait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux femmes.
À ce stade, aucune conclusion disciplinaire définitive n’a été rendue publique. Les faits détaillés par la presse restent donc distincts de ce qui sera formellement retenu par l’administration française. La procédure peut déboucher sur différentes sanctions selon la qualification des éventuels manquements.
Un épisode embarrassant pour Paris à Bangui
L’affaire survient dans un environnement diplomatique particulièrement sensible. La France tente depuis plusieurs mois de reconstruire sa relation avec la République centrafricaine après des années de tensions et de recul de son influence face à la Russie.
Cette normalisation avait notamment été mise en avant lors de la visite à Bangui du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui avait salué en mars la « restauration complète » des relations bilatérales.
Dans un pays où la compétition d’influence entre Paris et Moscou reste forte, une affaire touchant directement le chef de la représentation française constitue un risque politique autant que réputationnel. La question ne porte donc plus seulement sur le comportement individuel d’un diplomate, mais sur l’image et la crédibilité d’une ambassade au moment où la France cherche précisément à restaurer sa présence en Centrafrique.
La Rédaction
Source : ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères ; Le Canard enchaîné.

