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	<title>Archives des Actualités Monde - La Cinquième</title>
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	<title>Archives des Actualités Monde - La Cinquième</title>
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	<item>
		<title>Énigmes judiciaires : l’affaire Azaria Chamberlain, condamnée pour avoir tué son bébé avant que la justice ne reconnaisse qu’un dingo l’avait emporté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Justice et société]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Le 17 août 1980, dans un camping au pied d’Uluru, en Australie, Azaria Chamberlain, neuf semaines, disparaît de la tente familiale. Sa mère, Lindy, affirme presque immédiatement avoir vu un dingo s’éloigner. Le corps du nourrisson ne sera jamais retrouvé. Deux ans plus tard pourtant, Lindy Chamberlain est condamnée à la prison à vie pour [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-azaria-chamberlain-condamnee-pour-avoir-tue-son-bebe-avant-que-la-justice-ne-reconnaisse-quun-dingo-lavait-emporte/">Énigmes judiciaires : l’affaire Azaria Chamberlain, condamnée pour avoir tué son bébé avant que la justice ne reconnaisse qu’un dingo l’avait emporté</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph">Le 17 août 1980, dans un camping au pied d’Uluru, en Australie, Azaria Chamberlain, neuf semaines, disparaît de la tente familiale. Sa mère, Lindy, affirme presque immédiatement avoir vu un dingo s’éloigner. Le corps du nourrisson ne sera jamais retrouvé. Deux ans plus tard pourtant, Lindy Chamberlain est condamnée à la prison à vie pour le meurtre de sa fille, tandis que son mari Michael est reconnu coupable de complicité après les faits. Il faudra une veste retrouvée par hasard, l’effondrement d’une partie des expertises scientifiques et quatre enquêtes coroniales pour que la justice revienne, trente-deux ans plus tard, à l’explication donnée par la mère dès la première nuit : Azaria avait été emportée par un dingo.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une disparition au pied d’Uluru</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lindy et Michael Chamberlain campent à Uluru avec leurs trois enfants lorsque leur bébé disparaît dans la soirée. Lindy donne l’alerte et affirme qu’un dingo vient de sortir de la tente. Des recherches sont immédiatement organisées. Une semaine plus tard, certains vêtements ensanglantés d’Azaria sont retrouvés à plusieurs kilomètres du camping, mais aucune trace du corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première enquête coroniale semble conforter la famille. En février 1981, le coroner Denis Barritt conclut qu’Azaria est morte après avoir été attaquée par un dingo alors qu’elle dormait. Cette première conclusion ne ferme cependant pas le dossier. Elle est annulée quelques mois plus tard et une deuxième enquête est ordonnée. Celle-ci s’appuie notamment sur de nouvelles interprétations médico-légales et aboutit à une conclusion radicalement différente : Lindy Chamberlain doit être poursuivie pour meurtre et Michael pour complicité après les faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La science transforme la mère en suspecte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accusation construit alors un scénario dans lequel Lindy aurait tué sa fille avant de dissimuler le corps. L’une des pièces importantes du dossier concerne des traces détectées dans la voiture familiale, notamment sous le tableau de bord, et présentées comme compatibles avec du sang. D’autres expertises portent sur les vêtements d’Azaria et sur les déchirures qui y sont observées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème est considérable :&nbsp;<strong>il n’existe ni corps, ni témoin du meurtre, ni aveux de Lindy Chamberlain</strong>. Le dossier repose donc largement sur la confrontation entre sa version, celle d’une attaque animale, et l’interprétation scientifique des indices matériels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 29 octobre 1982, le jury choisit la seconde. Lindy Chamberlain est déclarée coupable du meurtre d’Azaria et condamnée à la prison à vie. Michael Chamberlain reçoit une peine de dix-huit mois avec sursis pour complicité après les faits. La mère qui affirmait depuis le premier soir qu’un dingo avait emporté son enfant devient officiellement, aux yeux de la justice, sa meurtrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-du-pull-over-rouge-christian-ranucci-a-t-il-ete-guillotine-pour-un-crime-quil-navait-pas-commis/">Énigmes judiciaires : l’affaire du Pull-over rouge, Christian Ranucci a-t-il été guillotiné pour un crime qu’il n’avait pas commis ?</a>⁠</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les recours échouent jusqu’au plus haut niveau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Chamberlain contestent les condamnations. Un premier appel échoue en 1983. En février 1984, la High Court of Australia rejette à son tour leur recours. La condamnation de Lindy paraît désormais solidement installée dans l’ordre judiciaire australien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la controverse ne disparaît pas. Des scientifiques et des défenseurs de la famille contestent certaines expertises. La possibilité qu’un dingo puisse emporter un nourrisson continue également de diviser, notamment parce qu’un tel événement est alors considéré comme extraordinairement improbable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lindy reste en prison. Puis, en février 1986, un événement totalement extérieur à la procédure va faire basculer le dossier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une petite veste retrouvée six ans plus tard</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un randonneur britannique, David Brett, meurt accidentellement à Uluru. Lors des recherches menées dans la zone, une petite veste est découverte près du pied du rocher. Elle appartient à Azaria.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La découverte est capitale. Lindy Chamberlain avait toujours soutenu que son bébé portait cette&nbsp;<strong>matinee jacket</strong>, une petite veste tricotée, au moment de sa disparition. Pendant le procès, l’accusation avait pourtant mis en doute l’existence même de ce vêtement. Sa découverte près d’une zone fréquentée par des dingos rend désormais beaucoup plus crédible une partie essentielle du récit de la mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lindy Chamberlain est libérée en février 1986. Une commission royale dirigée par le juge Trevor Morling est chargée de reprendre le dossier en profondeur. Elle ne se contente pas de la veste : elle réexamine également les expertises qui avaient pesé sur le procès.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les certitudes scientifiques s’effondrent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La commission met en évidence de graves faiblesses dans plusieurs éléments médico-légaux. Les analyses concernant les prétendues traces de sang dans la voiture avaient notamment reçu une interprétation beaucoup plus accusatrice que ce que permettaient réellement les résultats. Un matériau utilisé dans la fabrication du véhicule avait pu provoquer des réactions ayant contribué à la confusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La commission examine également la possibilité de l’attaque d’un dingo. Elle relève que plusieurs de ces animaux fréquentaient le camping, que des attaques contre des enfants avaient déjà été signalées dans les mois précédant la disparition et qu’un dingo avait été observé se dirigeant vers la tente des Chamberlain peu avant l’alerte. Des pisteurs avaient aussi relevé des traces compatibles avec un animal transportant une charge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions de la commission rendent les condamnations intenables. En 1988, elles sont annulées et les Chamberlain sont disculpés. Mais une question demeure : si Lindy n’a pas tué sa fille, la justice est-elle en mesure d’affirmer officiellement qu’un dingo l’a fait ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Trente-deux ans pour revenir à la première explication</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une troisième enquête coroniale, en 1995, ne tranche toujours pas définitivement la cause de la mort. Il faut attendre une quatrième procédure, ouverte des décennies après la disparition. Cette fois, la justice dispose aussi d’informations accumulées sur d’autres attaques de dingos contre des humains, dont certaines ont eu des conséquences graves ou mortelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<strong>12 juin 2012</strong>, la coroner Elizabeth Morris rend sa conclusion : Azaria Chamberlain est morte à Uluru le 17 août 1980 après avoir été&nbsp;<strong>attaquée et emportée par un dingo</strong>. Un nouveau certificat de décès est remis à ses parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire aura ainsi parcouru un cercle judiciaire presque complet. Une première enquête avait retenu l’attaque du dingo. Une deuxième avait conduit la mère devant les assises. Un jury l’avait condamnée à perpétuité, ses recours avaient échoué jusque devant la High Court, puis une découverte fortuite avait provoqué la réouverture du dossier. Les expertises sur lesquelles reposait une partie de l’accusation avaient alors perdu leur force, avant que la justice ne reconnaisse finalement l’explication donnée trente-deux ans auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’énigme Chamberlain n’est donc plus de savoir qui a tué Azaria. La justice australienne a fini par répondre à cette question. Elle réside dans le chemin qui a conduit une mère,&nbsp;<strong>sans corps retrouvé, sans aveu et sans témoin d’un meurtre</strong>, de la version finalement reconnue comme vraie à une condamnation à perpétuité. L’affaire rappelle ainsi une réalité plus dérangeante encore qu’un crime irrésolu :&nbsp;<strong>une preuve présentée comme scientifique peut parfois fermer une enquête au lieu de l’éclairer, jusqu’à ce qu’un élément oublié ou imprévisible oblige la justice à tout recommencer.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources et références</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Coroner’s Court of the Northern Territory, <em>Inquest into the death of Azaria Chantel Loren Chamberlain</em>, décision du 12 juin 2012.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Royal Commission of Inquiry into Chamberlain Convictions, rapport du commissaire Trevor Morling.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>National Museum of Australia, archives consacrées à l’affaire Chamberlain et à la découverte de la veste d’Azaria.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Library &amp; Archives Northern Territory, archives officielles relatives aux procédures Chamberlain.</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-azaria-chamberlain-condamnee-pour-avoir-tue-son-bebe-avant-que-la-justice-ne-reconnaisse-quun-dingo-lavait-emporte/">Énigmes judiciaires : l’affaire Azaria Chamberlain, condamnée pour avoir tué son bébé avant que la justice ne reconnaisse qu’un dingo l’avait emporté</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<title>Littérature : Elvira Dones — Vierge sous serment, que reste-t-il de soi lorsqu’il faut devenir un homme pour être libre ?</title>
		<link>https://www.lacinquieme.tg/litterature-elvira-dones-vierge-sous-serment-que-reste-t-il-de-soi-lorsquil-faut-devenir-un-homme-pour-etre-libre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 19:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature et livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Hana Doda veut étudier, choisir son avenir et disposer de sa propre vie. Mais dans les montagnes du nord de l’Albanie où elle grandit, les règles imposées aux femmes limitent fortement cette autonomie. Elle prend alors une décision radicale : prononcer le serment qui fera d’elle une « vierge jurée ». Hana devient Mark, adopte [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/litterature-elvira-dones-vierge-sous-serment-que-reste-t-il-de-soi-lorsquil-faut-devenir-un-homme-pour-etre-libre/">Littérature : Elvira Dones — Vierge sous serment, que reste-t-il de soi lorsqu’il faut devenir un homme pour être libre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hana Doda veut étudier, choisir son avenir et disposer de sa propre vie. Mais dans les montagnes du nord de l’Albanie où elle grandit, les règles imposées aux femmes limitent fortement cette autonomie. Elle prend alors une décision radicale : prononcer le serment qui fera d’elle une « vierge jurée ». Hana devient Mark, adopte une identité masculine et obtient ainsi des libertés auxquelles elle n’aurait pas eu accès comme femme. Des années plus tard, en quittant l’Albanie pour les États-Unis, une autre épreuve commence : comment retrouver Hana après avoir si longtemps vécu comme Mark ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elvira Dones, entre Albanie et exil</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Née en&nbsp;<strong>1960 à Durrës, en Albanie</strong>,&nbsp;<strong>Elvira Dones</strong>&nbsp;est romancière, scénariste et documentariste. Elle quitte l’Albanie communiste à la fin des années 1980 et vit ensuite notamment en Suisse et aux États-Unis. Cette expérience du déplacement, du passage entre plusieurs sociétés et de la reconstruction identitaire traverse une partie de son œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em>Vierge sous serment</em>, publié en italien en&nbsp;<strong>2007</strong>&nbsp;sous le titre&nbsp;<em>Vergine giurata</em>, Dones s’intéresse à la tradition des&nbsp;<strong>burrnesha</strong>, ces femmes qui, dans certaines communautés du nord de l’Albanie, pouvaient faire vœu de chasteté et adopter socialement un statut masculin. Mais le roman dépasse rapidement cette réalité culturelle : ce qui intéresse Dones est le prix individuel d’une liberté obtenue en changeant la manière dont la société vous considère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Devenir Mark pour pouvoir décider</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Hana ne devient pas Mark parce qu’elle aurait simplement toujours souhaité être un homme. Son choix naît dans un système social où les possibilités offertes aux femmes et aux hommes sont profondément différentes. Le serment lui ouvre alors un espace inaccessible autrement : elle peut circuler davantage, prendre des décisions et être traitée avec l’autorité reconnue aux hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est brutal. Hana obtient davantage de contrôle sur sa vie en acceptant simultanément une règle extrêmement contraignante : renoncer aux relations sexuelles et au mariage. Sa liberté ne lui est donc pas accordée comme individu. Elle devient possible à condition qu’elle abandonne publiquement la place sociale réservée aux femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dones montre ainsi que Mark n’est pas un simple déguisement. Les années passant, cette identité organise les gestes, les vêtements, les habitudes et la manière dont les autres regardent Hana. Ce qui avait commencé comme une solution devient une existence entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une liberté achetée par un renoncement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec&nbsp;</strong><strong><em>Vierge sous serment</em></strong><strong>, Elvira Dones renverse alors une idée apparemment simple : être libre ne signifie pas toujours pouvoir tout choisir.</strong>&nbsp;Hana gagne certaines libertés parce qu’elle en sacrifie d’autres. Elle peut échapper à plusieurs contraintes imposées aux femmes, mais doit en contrepartie discipliner son propre corps et sa vie affective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman ne réduit donc pas la tradition des vierges jurées à une curiosité. Il révèle plutôt le système qui rend une telle solution imaginable. Si devenir symboliquement un homme permet à une femme d’obtenir davantage d’autonomie, la question essentielle n’est pas seulement celle du serment : elle concerne une société dans laquelle la liberté elle-même dépend du sexe auquel les autres pensent que vous appartenez.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hana a trouvé une issue, mais cette issue ne supprime pas la contrainte initiale. Elle en constitue plutôt l’un des résultats les plus spectaculaires.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="600" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-22-septembre-2026-a-20.31.35.jpeg" alt="" class="wp-image-58563" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-22-septembre-2026-a-20.31.35.jpeg 800w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-22-septembre-2026-a-20.31.35-300x225.jpeg 300w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-22-septembre-2026-a-20.31.35-768x576.jpeg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/litterature-lana-bastasic-attraper-le-lapin-que-reste-t-il-dune-amitie-lorsque-chacune-se-souvient-dune-histoire-differente/">Littérature : Lana Bastašić — Attraper le lapin, que reste-t-il d’une amitié lorsque chacune se souvient d’une histoire différente ?</a>⁠</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aux États-Unis, Mark n’est plus nécessaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des années plus tard, Hana quitte l’Albanie pour rejoindre sa famille aux États-Unis. Le déplacement change profondément la situation. Les règles sociales qui avaient donné une fonction à l’identité de Mark ne structurent plus son existence de la même manière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une question inattendue apparaît alors : si Hana n’a plus besoin d’être Mark pour disposer de sa liberté, peut-elle simplement cesser de l’être ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman devient ici particulièrement intime. Reprendre son prénom, modifier ses vêtements ou laisser repousser ses cheveux ne suffit pas à effacer des années d’existence. Le corps lui-même doit être redécouvert. Hana doit réapprendre à être regardée comme une femme, mais surtout déterminer ce que cette féminité signifie pour elle lorsqu’elle n’est plus imposée de l’extérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peut-on revenir à celui que l’on était ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le retour vers Hana n’est pas réellement un retour. Celle qui avait prononcé le serment des années auparavant n’existe plus exactement. Mark a vécu, pris des décisions, accumulé des souvenirs et façonné une personnalité. Vouloir simplement retrouver « l’ancienne Hana » reviendrait à effacer une partie de cette expérience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dones évite ainsi l’idée d’une transformation instantanée où une identité authentique aurait attendu intacte sous une identité artificielle. Hana et Mark appartiennent à la même personne. La difficulté consiste moins à choisir entre les deux qu’à comprendre comment réunir ces différentes parties de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exil prend alors un sens supplémentaire. Hana ne change pas seulement de pays. Elle entre dans un environnement où elle peut enfin se demander ce qu’elle souhaite devenir sans que la réponse soit entièrement déterminée par les règles de son village.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vierge sous serment</em>&nbsp;raconte une émancipation profondément paradoxale. Hana devient Mark pour obtenir une autonomie que son statut de femme lui refusait. Ce choix lui permet de vivre autrement, mais exige en échange un renoncement qui finit par structurer toute son identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En déplaçant ensuite son personnage vers les États-Unis, Elvira Dones pose une question encore plus complexe. Sortir d’un système oppressif ne suffit pas nécessairement à effacer ce qu’il a construit en nous. La liberté nouvelle de Hana ne lui rend pas automatiquement la personne qu’elle aurait pu devenir dans une autre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman conduit ainsi vers une interrogation qui dépasse largement le cas des vierges jurées albanaises :&nbsp;<strong>lorsqu’on s’est transformé pour pouvoir survivre ou être libre, peut-on vraiment revenir en arrière, ou faut-il apprendre à devenir quelqu’un de nouveau avec toutes les identités que l’on a traversées ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références littéraires</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Vierge sous serment</em>&nbsp;d’Elvira Dones — identité, liberté, genre et émancipation</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Vergine giurata</em>&nbsp;d’Elvira Dones — titre original italien de&nbsp;<em>Vierge sous serment</em></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Piccola guerra perfetta</em>&nbsp;d’Elvira Dones — guerre du Kosovo, violence et survie</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Hana</em>&nbsp;d’Elvira Dones — identité, déracinement et trajectoire féminine</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/litterature-elvira-dones-vierge-sous-serment-que-reste-t-il-de-soi-lorsquil-faut-devenir-un-homme-pour-etre-libre/">Littérature : Elvira Dones — Vierge sous serment, que reste-t-il de soi lorsqu’il faut devenir un homme pour être libre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<item>
		<title>Le monde insolite : il commande un rasoir électrique et découvre un serpent vivant dans son colis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 19:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires insolites]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>France&#160;– Ibrahima pensait simplement récupérer le rasoir électrique qu’il avait commandé sur Internet. En ouvrant son colis dans son jardin, cet habitant du Gers a vu surgir un passager auquel il ne s’attendait certainement pas : un serpent vivant. Après la frayeur, la réponse du service client d’Amazon a ajouté une nouvelle dose d’insolite à [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/le-monde-insolite-il-commande-un-rasoir-electrique-et-decouvre-un-serpent-vivant-dans-son-colis/">Le monde insolite : il commande un rasoir électrique et découvre un serpent vivant dans son colis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>France</strong>&nbsp;– Ibrahima pensait simplement récupérer le rasoir électrique qu’il avait commandé sur Internet. En ouvrant son colis dans son jardin, cet habitant du Gers a vu surgir un passager auquel il ne s’attendait certainement pas : un serpent vivant. Après la frayeur, la réponse du service client d’Amazon a ajouté une nouvelle dose d’insolite à l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une tête apparaît dans l’enveloppe</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 septembre, Ibrahima récupère sa commande dans sa boîte aux lettres à Lussan, dans le Gers. Le rasoir est placé dans une enveloppe en papier marron correctement fermée. Ne trouvant pas immédiatement l’ouverture, il fait ce qu’il dit avoir l’habitude de faire : il déchire l’emballage avec les dents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il regarde ensuite à l’intérieur. Une tête de serpent apparaît.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surpris, Ibrahima lâche immédiatement le paquet au sol. Passé le premier mouvement de panique, une autre inquiétude lui vient à l’esprit : sa fille de six ans vit avec lui et le reptile se trouve désormais dans son jardin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il tente donc de récupérer prudemment l’enveloppe. Le serpent réapparaît et se dresse, provoquant un nouveau mouvement de recul. L’animal profite finalement de l’occasion pour s’échapper vers les environs. Ibrahima parvient toutefois à le filmer avant sa disparition. Selon&nbsp;<em>La Dépêche du Midi</em>, il s’agirait très probablement d’une couleuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/le-monde-insolite-touche-par-une-balle-entre-les-yeux-en-1863-ce-soldat-survit-encore-plus-de-60-ans-a-sa-blessure/">Le monde insolite : touché par une balle entre les yeux en 1863, ce soldat survit encore plus de 60 ans à sa blessure</a>⁠</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment le serpent est-il arrivé là ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la principale question laissée sans réponse. Ibrahima assure que l’enveloppe était scellée et qu’il n’avait remarqué aucun trou susceptible d’avoir permis au reptile de s’y introduire après la livraison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il suppose donc que l’animal aurait pu pénétrer dans l’emballage avant son expédition, éventuellement pendant son passage dans un entrepôt. Cette hypothèse n’a toutefois pas été démontrée et l’origine exacte du serpent demeure inconnue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire n’est d’ailleurs pas totalement sans précédent dans la région. En mai 2026, un habitant du Tarn-et-Garonne avait déjà raconté avoir découvert une couleuvre dans une enveloppe cartonnée contenant des écouteurs commandés sur Amazon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Vous pouvez le conserver ou le donner »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après sa mésaventure, Ibrahima contacte le service client d’Amazon pour signaler la présence du reptile. C’est alors que l’histoire prend une tournure presque aussi improbable que la découverte elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse du service, consultée par&nbsp;<em>La Dépêche du Midi</em>, semble manifestement automatisée et totalement inadaptée à la situation. Le client se voit notamment expliquer qu’il n’est pas nécessaire de retourner ce qu’il a reçu et qu’il peut le conserver ou le donner. Le système envisage même qu’il puisse s’agir d’un cadeau destiné à lui ou à un membre de sa famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une réaction qui irrite particulièrement Ibrahima. Au-delà de sa propre frayeur, il pense surtout à ce qui aurait pu se produire si sa fille de six ans avait ouvert l’enveloppe à sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience aura au moins changé une de ses habitudes. Après avoir vu surgir un serpent à quelques centimètres de son visage, le Gersois assure qu’il ne compte plus jamais ouvrir un colis avec les dents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/le-monde-insolite-il-commande-un-rasoir-electrique-et-decouvre-un-serpent-vivant-dans-son-colis/">Le monde insolite : il commande un rasoir électrique et découvre un serpent vivant dans son colis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<title>Haïti : à Port-au-Prince, le kidnapping devient une économie de la peur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Insécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>À Port-au-Prince, être enlevé n’est plus un risque réservé aux personnalités fortunées ou aux catégories supposées capables de payer une forte rançon. Écoliers, médecins, journalistes, fonctionnaires et habitants ordinaires sont désormais exposés. Cette extension du kidnapping révèle une évolution plus profonde : dans une capitale où l’autorité publique peine à reprendre le contrôle du territoire, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Port-au-Prince, être enlevé n’est plus un risque réservé aux personnalités fortunées ou aux catégories supposées capables de payer une forte rançon. Écoliers, médecins, journalistes, fonctionnaires et habitants ordinaires sont désormais exposés. Cette extension du kidnapping révèle une évolution plus profonde : dans une capitale où l’autorité publique peine à reprendre le contrôle du territoire, l’enlèvement est devenu un système de prédation qui transforme l’insécurité en revenus et transfère directement le coût de la violence sur les familles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre donne la mesure de cette résurgence. Environ 150 enlèvements ont été recensés au troisième trimestre 2026 par le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH). Mais la statistique ne raconte qu’une partie du phénomène. Chaque kidnapping déclenche autour de l’otage une seconde crise, moins visible : celle de la famille qui doit trouver de l’argent, négocier et parfois s’endetter pour espérer récupérer un proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce mécanisme qui fait de l’enlèvement une activité criminelle particulièrement rentable. Les ravisseurs n’ont pas besoin de contrôler durablement une entreprise ou de commercialiser un produit : ils monétisent directement la peur et la vie humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand n’importe qui peut devenir une monnaie d’échange</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La multiplication récente des profils visés indique que la logique du kidnapping s’est considérablement élargie. Des enfants ont été enlevés sur le trajet de l’école. Des professionnels de santé, des journalistes et des responsables administratifs ont également été pris pour cible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diversification change la perception du risque. Si la victime potentielle n’est plus sélectionnée uniquement en fonction d’une richesse apparente, chacun peut commencer à se considérer comme une cible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rançon elle-même s’adapte alors aux possibilités supposées de la famille, de l’employeur ou de l’entourage. L’économie du kidnapping repose ainsi sur une ressource particulièrement vaste : la capacité d’une communauté à se mobiliser financièrement lorsqu’une vie est en jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les ménages, les conséquences peuvent être durables. Réunir une somme en urgence signifie puiser dans l’épargne, vendre un bien, solliciter la diaspora ou contracter des dettes. Même lorsqu’un otage revient vivant, sa libération peut donc laisser derrière elle une famille financièrement fragilisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La peur produit aussi son propre impôt</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impact économique dépasse les rançons. Dans les quartiers où les enlèvements se multiplient, travailler plus tard, maintenir un commerce ouvert en soirée ou emprunter certains axes devient un calcul de risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le kidnapping impose ainsi une sorte d’<strong>impôt invisible sur la vie quotidienne</strong>. Il se paie en journées de travail raccourcies, en déplacements abandonnés, en activités commerciales réduites et en dépenses supplémentaires pour tenter de se protéger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’une famille hésite à envoyer un enfant à l’école, lorsqu’un commerçant ferme avant la tombée de la nuit ou lorsqu’un professionnel évite un quartier pourtant nécessaire à son activité, les ravisseurs n’ont même plus besoin d’intervenir directement. La possibilité de l’enlèvement suffit à modifier les comportements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence acquiert alors un pouvoir supérieur au nombre réel de victimes : quelques kidnappings peuvent imposer leurs règles à des milliers de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un pouvoir qui concurrence celui de l’État</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette économie de la peur prospère également sur une faiblesse institutionnelle. L’enlèvement devient particulièrement efficace lorsque les criminels peuvent faire croire qu’ils disposent du temps nécessaire pour retenir une victime, négocier et recevoir une rançon sans craindre une intervention rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi la recrudescence actuelle dépasse la question policière. Elle touche directement à la capacité de l’État à garantir la circulation, l’école, le travail et l’accès aux services essentiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CARDH estime que plusieurs facteurs peuvent alimenter cette nouvelle poussée, notamment les stratégies de la coalition de gangs Viv Ansanm et les tensions autour de la transition et du processus électoral. Ces hypothèses montrent combien l’enlèvement peut remplir plusieurs fonctions simultanément : rapporter de l’argent, entretenir l’instabilité et démontrer l’incapacité des institutions à protéger la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une société contrainte de financer sa propre insécurité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe devient alors particulièrement cruel. Les habitants continuent de payer leurs impôts, leurs transports, leur scolarité et leurs dépenses ordinaires, mais certaines familles doivent désormais prévoir qu’elles pourraient également avoir à financer la libération d’un proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui distingue la situation actuelle d’une simple succession de faits divers. Lorsque l’enlèvement touche suffisamment de catégories sociales et suffisamment de territoires, il finit par créer son propre système économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La victime fournit la valeur. La famille cherche l’argent. L’entourage se mobilise. Les ravisseurs encaissent. Puis la peur pousse le reste de la population à modifier son comportement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Port-au-Prince, le kidnapping ne prospère donc pas seulement parce qu’il rapporte aux gangs. Il prospère parce qu’il fait payer à toute une société le prix de l’espace laissé vacant par la sécurité publique. Tant que cette économie restera rentable et que le risque d’être arrêté demeurera insuffisamment dissuasif, chaque rançon versée pourra sauver une vie tout en alimentant, malgré les familles elles-mêmes, le système qui menace la suivante.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source :</strong>&nbsp;RFI, reportage de son correspondant à Port-au-Prince, septembre 2026 ; données et analyses du Centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH).</p>
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		<title>Journée internationale des langues des signes : communiquer dans sa langue est aussi un droit  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 10:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[langues des signes]]></category>
		<category><![CDATA[personnes sourdes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Le 23 septembre rappelle que les langues des signes ne sont pas de simples outils d’assistance. Langues à part entière, elles conditionnent l’accès de millions de personnes sourdes à l’éducation, à l’information et à une pleine participation à la société. Parler avec les mains, le regard, les expressions du visage et l’espace ne constitue pas [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 23 septembre rappelle que les langues des signes ne sont pas de simples outils d’assistance. Langues à part entière, elles conditionnent l’accès de millions de personnes sourdes à l’éducation, à l’information et à une pleine participation à la société.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parler avec les mains, le regard, les expressions du visage et l’espace ne constitue pas une version simplifiée de la parole. Les&nbsp;<strong>langues des signes possèdent leurs propres structures linguistiques et grammaticales</strong>, distinctes de celles des langues parlées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette réalité que la Journée internationale des langues des signes, célébrée chaque&nbsp;<strong>23 septembre</strong>, entend mieux faire connaître. Proclamée en 2017 par l’Assemblée générale des Nations unies, elle a été célébrée pour la première fois en 2018. La date choisie correspond à la fondation, le 23 septembre 1951, de la Fédération mondiale des sourds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon cette organisation, environ&nbsp;<strong>70 millions de personnes sourdes</strong>&nbsp;vivent dans le monde et plus de 80 % d’entre elles se trouvent dans des pays en développement. Ensemble, les communautés sourdes utilisent plus de&nbsp;<strong>300 langues des signes différentes</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Plus de 300 langues, et non une langue universelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des idées reçues les plus persistantes consiste à imaginer qu’une personne sourde togolaise, japonaise ou brésilienne utilise nécessairement la même langue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’existe pourtant pas une langue des signes universelle. Les différentes langues se sont développées dans des contextes linguistiques et culturels particuliers. Une langue des signes internationale est bien employée lors de certaines rencontres entre personnes de nationalités différentes, mais elle ne remplace pas les langues nationales ou locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diversité explique pourquoi leur reconnaissance constitue aussi une question culturelle. La Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées reconnaît d’ailleurs les langues des signes sur un pied d’égalité avec les langues parlées et demande aux États d’en faciliter l’apprentissage et l’utilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De la communication à l’exercice des droits</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu dépasse largement la possibilité de tenir une conversation. Lorsqu’une personne ne peut pas accéder à une information dans une langue qu’elle comprend, ce sont potentiellement son éducation, ses soins, ses démarches administratives, son accès à la justice ou encore sa participation à la vie publique qui deviennent plus difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence d’interprètes et la formation des professionnels prennent alors une importance particulière dans les écoles, les hôpitaux, les administrations, les tribunaux ou les médias.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accès précoce des enfants sourds à une langue adaptée est tout aussi déterminant. Une communication insuffisante durant les premières années peut affecter les apprentissages et renforcer l’isolement. Défendre les langues des signes revient ainsi à défendre&nbsp;<strong>l’accès au savoir, à l’information et à l’autonomie</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Togo : l’inclusion passe aussi par l’école</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Togo, l’éducation inclusive constitue l’un des espaces où cette question prend une dimension très concrète. Les statistiques nationales de l’année scolaire 2024-2025 recensent dans le primaire&nbsp;<strong>780 élèves malentendants et 739 élèves sourds</strong>, filles et garçons confondus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres montrent que l’accessibilité linguistique ne relève pas uniquement d’un principe international. Elle concerne directement des enfants scolarisés dans le pays et pose la question des conditions nécessaires pour leur permettre d’apprendre dans de bonnes conditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère chargé de l’Éducation souligne notamment, dans le cadre de sa coopération avec Handicap International, l’importance de&nbsp;<strong>faciliter l’apprentissage de la langue des signes</strong>, de promouvoir l’identité linguistique des personnes sourdes et d’adapter les modes de communication aux besoins des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inclusion scolaire ne consiste donc pas uniquement à accueillir un enfant sourd dans une salle de classe. Elle suppose également que l’enseignement et l’environnement scolaire lui permettent réellement de comprendre, d’apprendre, de communiquer et de participer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En Afrique : rendre les services essentiels réellement accessibles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est considérable sur un continent où les difficultés d’accès aux services spécialisés, aux interprètes et à une éducation adaptée peuvent être particulièrement importantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance des langues des signes progresse dans plusieurs pays, mais la reconnaissance juridique ne suffit pas lorsque les services publics demeurent difficilement accessibles. La formation d’interprètes, l’adaptation des programmes scolaires, l’accessibilité des médias et des informations de santé ou d’urgence restent déterminantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le numérique apporte également de nouvelles possibilités, notamment grâce aux contenus vidéo et aux outils de communication à distance. Mais là encore, la technologie ne produit une véritable inclusion que lorsque l’accessibilité est intégrée dès la conception des services.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faire de la langue des signes une langue visible</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 23 septembre porte finalement un message qui dépasse le handicap. Une langue existe pleinement lorsqu’elle peut être utilisée à l’école, dans les médias, devant une administration, dans un établissement de santé ou au cœur de la vie culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rendre les langues des signes visibles signifie donc reconnaître les personnes qui les utilisent comme des citoyens disposant des mêmes droits linguistiques et du même droit à l’information que les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une société véritablement accessible ne demande pas seulement aux personnes sourdes de s’adapter au monde qui les entoure. Elle veille aussi à ce que ce monde puisse communiquer avec elles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>
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		<title>Énigmes judiciaires : l’affaire David Bain, acquitté du meurtre de toute sa famille mais sans jamais savoir qui a réellement tiré</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Justice et société]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 5</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Le 20 juin 1994, cinq membres de la famille Bain sont retrouvés morts par balle dans leur maison de Dunedin, en Nouvelle-Zélande. David Bain, 22 ans, est le seul survivant. La justice le condamne d’abord pour avoir exterminé sa famille. Treize années de prison plus tard, ses condamnations sont annulées et un deuxième jury l’acquitte [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-david-bain-acquitte-du-meurtre-de-toute-sa-famille-mais-sans-jamais-savoir-qui-a-reellement-tire/">Énigmes judiciaires : l’affaire David Bain, acquitté du meurtre de toute sa famille mais sans jamais savoir qui a réellement tiré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 5</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph">Le 20 juin 1994, cinq membres de la famille Bain sont retrouvés morts par balle dans leur maison de Dunedin, en Nouvelle-Zélande. David Bain, 22 ans, est le seul survivant. La justice le condamne d’abord pour avoir exterminé sa famille. Treize années de prison plus tard, ses condamnations sont annulées et un deuxième jury l’acquitte des cinq meurtres. Mais cette décision ne permet pas d’identifier un autre assassin. Depuis, deux scénarios irréconciliables traversent l’affaire : David a-t-il tué les siens ou son père Robin a-t-il massacré sa famille avant de se suicider ? La justice a supprimé la condamnation sans parvenir à donner une réponse définitive à cette question.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cinq morts dans une maison, un seul survivant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce matin du 20 juin 1994, Robin Bain, 58 ans, son épouse Margaret, 50 ans, et trois de leurs enfants, Arawa, 19 ans, Laniet, 18 ans, et Stephen, 14 ans, sont retrouvés morts. Tous ont été tués par balle. David, le quatrième enfant du couple, explique avoir découvert la scène après être revenu de sa tournée matinale de distribution de journaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La police s’intéresse rapidement à lui. Le fusil utilisé appartient à David, plusieurs éléments matériels sont interprétés comme incompatibles avec son récit et l’enquête reconstitue un scénario selon lequel il aurait tué quatre membres de sa famille avant sa tournée, puis son père après son retour. Un message découvert sur l’ordinateur familial, attribué par l’accusation à David, paraît également mettre en scène le suicide de Robin afin de lui faire porter la responsabilité du massacre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la défense, c’est précisément l’inverse :&nbsp;<strong>Robin aurait tué son épouse et trois de ses enfants, utilisé l’ordinateur, puis retourné l’arme contre lui-même avant le retour de David.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>David Bain est condamné pour les cinq meurtres</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 1995, David Bain comparaît devant la Haute Cour. L’accusation présente une accumulation d’indices plutôt qu’un témoin du massacre. Les horaires, les traces de sang, le fusil, les vêtements de David, ses empreintes et le fonctionnement de l’ordinateur sont disséqués pour déterminer lequel des deux hommes encore vivants au début de la matinée a pu commettre les crimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jury retient la thèse de l’accusation. David Bain est reconnu coupable des cinq meurtres et condamné à la réclusion à perpétuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire semble terminée. Elle va pourtant progressivement se transformer en l’une des controverses judiciaires les plus importantes de Nouvelle-Zélande. De nouvelles expertises et de nouveaux éléments remettent en discussion plusieurs pièces qui avaient contribué à la condamnation, notamment la chronologie informatique et l’interprétation de certaines traces matérielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-le-triple-crime-de-vevey-condamne-a-perpetuite-mais-une-victime-reste-introuvable/">Énigmes judiciaires : le triple crime de Vevey, condamné à perpétuité mais une victime reste introuvable</a>⁠</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les preuves commencent à raconter deux histoires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La difficulté du dossier Bain tient au fait que plusieurs éléments peuvent être intégrés à des scénarios opposés. La défense conteste notamment l’idée que certaines empreintes sur le fusil prouvent que David l’a manipulé pendant les meurtres. L’heure exacte à laquelle l’ordinateur familial a été utilisé devient également essentielle : quelques minutes peuvent modifier la possibilité matérielle pour David ou Robin d’être l’auteur du message retrouvé dans la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres questions concernent Robin lui-même. La défense soutient qu’il avait des raisons personnelles de basculer dans une violence suicidaire et familiale. L’accusation rejette cette reconstruction et maintient que les éléments physiques désignent David. Aucun des deux scénarios ne peut toutefois s’appuyer sur un témoin direct ayant assisté au massacre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des recours, l’affaire ne consiste donc plus simplement à savoir si une preuve est vraie ou fausse. Il faut déterminer&nbsp;<strong>quelle histoire racontent ensemble des preuves dont certaines peuvent recevoir des interprétations radicalement différentes</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Conseil privé annule les cinq condamnations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après plusieurs recours infructueux en Nouvelle-Zélande, le dossier arrive devant le Comité judiciaire du Conseil privé à Londres. Le&nbsp;<strong>10 mai 2007</strong>, celui-ci rend une décision capitale : les cinq condamnations sont annulées et un nouveau procès est ordonné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil privé ne déclare pas David Bain innocent. Il estime qu’un ensemble de neuf éléments, appréciés conjointement, conduit à conclure qu’une&nbsp;<strong>grave erreur judiciaire</strong>&nbsp;s’est produite et que le jury de 1995, s’il avait disposé de ces informations, aurait pu raisonnablement parvenir à une conclusion différente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après près de treize années de détention, David Bain est remis en liberté sous caution. La Nouvelle-Zélande doit désormais recommencer un procès que l’on croyait définitivement clos.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un deuxième jury efface le premier verdict</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau procès s’ouvre en 2009 et dure environ trois mois. Une nouvelle fois, toute l’affaire repose sur l’affrontement entre deux reconstructions. L’accusation affirme que David a assassiné sa famille. La défense désigne Robin comme l’auteur possible des quatre autres meurtres avant son suicide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<strong>5 juin 2009</strong>, le jury rend ses verdicts :&nbsp;<strong>David Bain est déclaré non coupable des cinq meurtres</strong>. Ses condamnations de 1995 ont déjà été annulées et le nouveau procès se termine donc par son acquittement complet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision doit être interprétée précisément. L’acquittement signifie que l’accusation n’a pas établi la culpabilité de David au-delà du doute raisonnable. Il ne constitue pas un jugement déclarant Robin Bain coupable. Le père étant mort dans la maison en 1994, aucun procès ne permettra jamais de confronter directement l’hypothèse alternative à une accusation criminelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Acquitté, mais pas déclaré innocent lors de l’indemnisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire connaît ensuite un prolongement particulièrement révélateur. David Bain demande à l’État une indemnisation pour les treize années qu’il a passées en prison. Or sa situation se trouve en dehors du régime ordinaire, notamment parce que le Conseil privé avait annulé ses condamnations&nbsp;<strong>en ordonnant un nouveau procès</strong>, lequel s’était ensuite terminé par un acquittement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une longue procédure et plusieurs expertises, l’ancien juge australien Ian Callinan est chargé d’un nouvel examen. Sa conclusion, remise au gouvernement en 2016, est différente du verdict pénal sans pour autant le remettre en cause : selon lui, David Bain&nbsp;<strong>n’a pas établi son innocence selon la prépondérance des probabilités</strong>, critère utilisé dans cette procédure d’indemnisation. Le gouvernement refuse donc de lui accorder une déclaration d’innocence ou une indemnisation pour condamnation injustifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État lui verse néanmoins&nbsp;<strong>925 000 dollars néo-zélandais à titre gracieux</strong>, non comme indemnisation reconnaissant son innocence, mais en raison notamment de la durée et du coût de la procédure et afin d’éviter de nouveaux contentieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux scénarios, mais plus aucun coupable judiciaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que l’affaire Bain prend toute sa dimension d’énigme judiciaire. En 1995, une première vérité paraît établie : David a tué cinq personnes. En 2007, ses cinq condamnations sont annulées en raison d’une grave erreur judiciaire. En 2009, un nouveau jury l’acquitte de tous les meurtres. Puis la procédure d’indemnisation conclut qu’il n’a pas démontré son innocence selon le standard différent qui lui est appliqué. Ces décisions ne se contredisent pas nécessairement en droit, car elles répondent à des questions et à des seuils de preuve différents, mais leur juxtaposition laisse une situation singulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">David Bain est juridiquement acquitté. Il ne peut donc être présenté comme le meurtrier de sa famille. Mais aucune juridiction n’a davantage condamné Robin Bain pour les quatre autres morts avant son propre décès. La procédure pénale s’est ainsi achevée sans auteur judiciairement établi pour le massacre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de trente ans après cette matinée de Dunedin, le cœur de l’affaire reste donc presque intact. Cinq personnes sont mortes dans une maison où deux scénarios ont successivement occupé le procès. L’homme d’abord désigné comme l’assassin a finalement été acquitté ; celui que sa défense présentait comme l’autre auteur possible est mort sur la scène et n’a jamais pu être jugé.&nbsp;<strong>La justice a pu déterminer que la première condamnation ne pouvait subsister. Elle n’a jamais pu établir judiciairement lequel des deux hommes avait réellement tiré.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources et références</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Judicial Committee of the Privy Council, décision annulant les condamnations de David Bain et ordonnant un nouveau procès, 10 mai 2007.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Gouvernement de Nouvelle-Zélande, chronologie officielle de l’affaire David Bain.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ministère néo-zélandais de la Justice, dossier relatif à la demande d’indemnisation de David Bain.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Gouvernement de Nouvelle-Zélande, conclusion de la procédure d’indemnisation et rapport Ian Callinan, 2 août 2016.</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-david-bain-acquitte-du-meurtre-de-toute-sa-famille-mais-sans-jamais-savoir-qui-a-reellement-tire/">Énigmes judiciaires : l’affaire David Bain, acquitté du meurtre de toute sa famille mais sans jamais savoir qui a réellement tiré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<title>Littérature : Fernanda Trías — Crasse rose, combien de temps peut-on prendre soin des autres avant de disparaître soi-même ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 19:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature et livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 4</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>La ville se vide. Une catastrophe environnementale a rendu l’air dangereux, la mer rejette des poissons morts et une épidémie accompagne lentement l’effondrement du monde ordinaire. Pourtant, la narratrice reste. Elle continue surtout de s’occuper de Mauro, un enfant atteint d’une maladie qui lui donne une faim insatiable. Dans&#160;Crasse rose, Fernanda Trías transforme ainsi un [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/litterature-fernanda-trias-crasse-rose-combien-de-temps-peut-on-prendre-soin-des-autres-avant-de-disparaitre-soi-meme/">Littérature : Fernanda Trías — Crasse rose, combien de temps peut-on prendre soin des autres avant de disparaître soi-même ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La ville se vide. Une catastrophe environnementale a rendu l’air dangereux, la mer rejette des poissons morts et une épidémie accompagne lentement l’effondrement du monde ordinaire. Pourtant, la narratrice reste. Elle continue surtout de s’occuper de Mauro, un enfant atteint d’une maladie qui lui donne une faim insatiable. Dans&nbsp;</strong><strong><em>Crasse rose</em></strong><strong>, Fernanda Trías transforme ainsi un récit de catastrophe en une question beaucoup plus intime : pourquoi continuer à prendre soin des autres lorsque l’on n’a presque plus rien pour prendre soin de soi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fernanda Trías, la catastrophe observée depuis l’intime</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Née en&nbsp;<strong>1976 à Montevideo</strong>,&nbsp;<strong>Fernanda Trías</strong>&nbsp;est une romancière et nouvelliste uruguayenne. Publié en espagnol en&nbsp;<strong>2020</strong>&nbsp;sous le titre&nbsp;<em>Mugre rosa</em>,&nbsp;<em>Crasse rose</em>&nbsp;installe son récit dans une ville côtière jamais précisément nommée, frappée par une crise écologique dont les habitants comprennent imparfaitement les causes et l’évolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trías ne construit pourtant pas un roman catastrophe classique. Les explications scientifiques restent secondaires face à la manière dont les personnages apprennent à vivre dans l’anormal. Masques, alertes, aliments devenus rares et rues désertées composent progressivement un quotidien. Le désastre devient particulièrement inquiétant lorsqu’il cesse d’être exceptionnel et commence à ressembler à une nouvelle routine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rester lorsque presque tout le monde cherche à partir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La narratrice pourrait tenter de quitter la ville. Pourtant, elle demeure attachée à plusieurs personnes : sa mère, avec laquelle elle entretient une relation difficile, son ancien compagnon Max, malade et hospitalisé, et surtout Mauro, l’enfant dont elle s’occupe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mauro souffre d’une affection qui l’empêche de ressentir normalement la satiété. Sa faim semble ne jamais pouvoir être définitivement apaisée. Le nourrir exige donc une vigilance constante et transforme le soin en activité répétitive, presque sans fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette faim possède une force symbolique évidente. Autour de l’enfant, toute la société semble également consommer jusqu’à l’épuisement : nourriture industrielle, ressources naturelles, corps et travail. Mauro mange parce que son organisme ne lui dit jamais d’arrêter ; le monde qui l’entoure semble avoir longtemps fonctionné selon une logique assez proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Prendre soin ou avoir besoin d’être indispensable ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec&nbsp;</strong><strong><em>Crasse rose</em></strong><strong>, Fernanda Trías complique profondément l’idée du dévouement.</strong>&nbsp;La narratrice prend réellement soin de Mauro. Elle connaît ses habitudes, surveille son alimentation et lui offre une attention dont il dépend. Mais une question finit par apparaître : reste-t-elle uniquement parce que l’enfant a besoin d’elle, ou également parce qu’elle a besoin que quelqu’un dépende d’elle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nuance déplace le roman. Prendre soin d’un autre peut être un geste d’amour, mais aussi une manière d’organiser sa propre existence. Lorsque tout le reste devient incertain, être nécessaire à quelqu’un fournit une fonction, un emploi du temps et une raison de continuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger apparaît lorsque cette fonction occupe tout l’espace. À force de répondre aux besoins des autres, la narratrice semble parfois repousser une interrogation plus difficile : que désire-t-elle pour elle-même, indépendamment de ceux dont elle s’occupe ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/litterature-hwang-sok-yong-au-soleil-couchant-que-reste-t-il-lorsque-la-ville-de-notre-enfance-a-disparu/">Littérature : Hwang Sok-yong — Au soleil couchant, que reste-t-il lorsque la ville de notre enfance a disparu ?</a>⁠</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="800" height="1000" src="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-21-septembre-2026-a-20.31.19.jpeg" alt="" class="wp-image-58516" srcset="https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-21-septembre-2026-a-20.31.19.jpeg 800w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-21-septembre-2026-a-20.31.19-240x300.jpeg 240w, https://www.lacinquieme.tg/wp-content/uploads/2026/09/Sans-titre-21-septembre-2026-a-20.31.19-768x960.jpeg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une catastrophe faite de faim et de nourriture artificielle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre renvoie à une matière alimentaire industrielle, cette pâte rosâtre issue de la transformation de la viande qui incarne un système où la nourriture est produite en masse jusqu’à devenir presque méconnaissable. Dans la ville contaminée, cette alimentation artificielle prend une importance croissante à mesure que le rapport à la nature se dégrade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trías construit ainsi une opposition troublante. La mer, normalement associée à la vie et à la nourriture, devient menaçante ; les poissons meurent ; l’air extérieur lui-même représente un danger. Pendant ce temps, les produits industriels permettent encore aux habitants de se nourrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman évite pourtant le discours écologique simpliste. Il ne présente pas une nature pure opposée à une industrie nécessairement mauvaise. Il montre plutôt un monde où les équilibres ont été tellement bouleversés que les humains dépendent désormais de ce qu’ils ont fabriqué pour survivre aux conséquences de ce qu’ils ont transformé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lorsque l’épuisement devient normal</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La catastrophe extérieure et l’épuisement intérieur de la narratrice finissent par se répondre. La ville continue à fonctionner malgré la contamination ; elle continue, elle aussi, à s’occuper des autres malgré sa fatigue. Dans les deux cas, l’adaptation permet de survivre mais risque également de rendre acceptable ce qui ne devrait jamais l’être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’une des idées les plus fortes de&nbsp;<em>Crasse rose</em>. L’être humain possède une remarquable capacité à s’habituer. Mais cette faculté peut devenir inquiétante lorsque l’on s’adapte à la pollution, à la solitude, à la maladie ou à l’épuisement au point de ne plus imaginer qu’une autre existence reste possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La narratrice n’est donc pas seulement enfermée dans une ville malade. Elle l’est aussi dans un rôle qu’elle maîtrise parfaitement : celle qui reste, nourrit, accompagne et prend soin. Abandonner ce rôle signifierait peut-être devoir découvrir qui elle est lorsqu’elle n’est plus indispensable à quelqu’un.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Crasse rose</em>&nbsp;raconte un monde au bord de l’effondrement, mais Fernanda Trías refuse d’en faire seulement un roman sur la catastrophe écologique. Son véritable territoire est celui des dépendances : Mauro dépend de la nourriture et de celle qui le soigne ; la narratrice dépend en partie du besoin que les autres ont d’elle ; la société entière dépend d’un système artificiel qui contribue à rendre son environnement toujours moins habitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soin devient alors profondément ambigu. Il protège, maintient en vie et crée du lien, mais peut également épuiser celui qui le prodigue jusqu’à lui faire oublier ses propres besoins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu d’une ville où chacun tente simplement de continuer, Trías laisse ainsi une question particulièrement dérangeante :&nbsp;<strong>prendre soin des autres reste-t-il encore un acte de liberté lorsque l’on ne sait plus qui l’on serait sans quelqu’un à sauver ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références littéraires</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Crasse rose</em>&nbsp;de Fernanda Trías — catastrophe écologique, soin, faim et épuisement</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La Azotea</em>&nbsp;de Fernanda Trías — enfermement, famille, dépendance et peur du monde extérieur</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La ciudad invencible</em>&nbsp;de Fernanda Trías — solitude, ville, déplacement et reconstruction personnelle</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>No soñarás flores</em>&nbsp;de Fernanda Trías — nouvelles sur l’intimité, les relations humaines et la vulnérabilité</li>
</ul>
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		<title>Le monde insolite : Gösta, le chiot qui s’effondre de joie dès que ses émotions deviennent trop fortes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 19:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires insolites]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 2</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Royaume-Uni&#160;– Une friandise, une séance de jeu ou une promenade un peu trop excitante peuvent suffire. À seulement 15 semaines, Gösta, un jeune cocker anglais, peut soudainement perdre ses forces et s’effondrer lorsque ses émotions deviennent trop intenses. Derrière ces scènes devenues virales sur les réseaux sociaux se trouve une affection neurologique rare : le [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Royaume-Uni</strong>&nbsp;– Une friandise, une séance de jeu ou une promenade un peu trop excitante peuvent suffire. À seulement 15 semaines, Gösta, un jeune cocker anglais, peut soudainement perdre ses forces et s’effondrer lorsque ses émotions deviennent trop intenses. Derrière ces scènes devenues virales sur les réseaux sociaux se trouve une affection neurologique rare : le chiot est atteint de narcolepsie associée à une cataplexie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des symptômes apparus dès son arrivée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les propriétaires de Gösta l’ont accueilli lorsqu’il avait neuf semaines. Dès le premier jour, ils ont remarqué des comportements inhabituels. Trois jours plus tard, le diagnostic était posé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La narcolepsie provoque des accès soudains de sommeil. La cataplexie, elle, entraîne une perte brutale et temporaire du tonus musculaire, souvent déclenchée par une émotion ou une excitation. Chez Gösta, cela signifie qu’un moment particulièrement joyeux peut se terminer par un effondrement spectaculaire de quelques secondes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène se produit notamment lorsqu’il mange, joue ou se promène. Une fois l’épisode terminé, le petit cocker récupère rapidement et reprend généralement son activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/le-monde-insolite-victime-dun-grave-accident-en-route-pour-son-mariage-il-dit-finalement-oui-depuis-son-lit-dhopital/">Le monde insolite : victime d’un grave accident en route pour son mariage, il dit finalement « oui » depuis son lit d’hôpital</a>⁠</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des images qui inquiètent autant qu’elles attendrissent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses propriétaires ont commencé à partager son quotidien sur les réseaux sociaux pour mieux faire connaître cette pathologie. Les images sont impressionnantes : Gösta peut courir normalement puis s’affaisser brusquement, comme si son corps venait momentanément de se mettre sur pause.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines personnes découvrant ses vidéos pensent d’abord que le chiot souffre ou qu’il est en danger. Ses maîtres insistent donc sur un point : sa maladie ne résume pas sa vie. Ils le décrivent comme un animal heureux, joueur, curieux et espiègle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche a rapidement trouvé son public. Début septembre, une vidéo consacrée au jeune cocker a dépassé le million de vues en seulement 24 heures, avant que d’autres séquences n’accumulent à leur tour les visionnages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le principal risque vient de ses chutes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les épisodes sont impressionnants, la vigilance reste surtout nécessaire autour de Gösta. Une perte soudaine du tonus musculaire peut devenir dangereuse si elle survient près d’un escalier, dans l’eau ou à proximité d’un obstacle contre lequel il pourrait se blesser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses propriétaires doivent donc anticiper son environnement tout en lui permettant de mener une vie de chiot aussi normale que possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À 15 semaines, Gösta est ainsi devenu malgré lui un étonnant ambassadeur de la narcolepsie canine. Ses vidéos font sourire des millions d’internautes, mais elles permettent aussi de montrer une réalité moins connue : les troubles neurologiques du sommeil ne concernent pas uniquement les humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>
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		<title>ONU : le monde se donne rendez-vous à New York à partir de ce mardi 22 septembre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
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		<category><![CDATA[DIPLOMATIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Guerres, crise climatique, dette, développement, santé mondiale et fractures croissantes entre puissances : à partir de ce mardi 22 septembre, les dirigeants de la planète vont se succéder à la tribune des Nations unies à New York. Le débat général de la 81e session de l’Assemblée générale s’ouvre dans un contexte où le multilatéralisme est [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 3</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Guerres, crise climatique, dette, développement, santé mondiale et fractures croissantes entre puissances : à partir de ce mardi 22 septembre, les dirigeants de la planète vont se succéder à la tribune des Nations unies à New York. Le débat général de la 81e session de l’Assemblée générale s’ouvre dans un contexte où le multilatéralisme est soumis à de fortes tensions, alors même que les crises exigeant des réponses collectives se multiplient.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies est officiellement ouverte depuis le 8 septembre. Mais son grand rendez-vous politique commence ce mardi : pendant six journées de débats réparties jusqu’au 28 septembre, chefs d’État, chefs de gouvernement et ministres des 193 États membres pourront exposer leurs priorités devant l’Assemblée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de 130 chefs d’État et de gouvernement sont attendus en personne à New York pour cette semaine de haut niveau. Le débat général se déroulera du mardi 22 au samedi 26 septembre, avant une dernière journée lundi 28 septembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Restaurer la confiance »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème retenu cette année donne une indication de l’état du système international :&nbsp;<strong>« Restaurer la confiance, gérer la transformation : une ONU qui produit des résultats pour tous »</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La 81e session est présidée par le diplomate bangladais Khalilur Rahman. À l’ouverture du débat général, le secrétaire général António Guterres doit présenter le rapport annuel sur les activités de l’Organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière le rituel diplomatique des discours nationaux se trouve une question plus profonde : quelle capacité d’action collective reste-t-il à l’ONU alors que les conflits persistent, que les rivalités entre grandes puissances s’accentuent et que plusieurs pays en développement réclament depuis des années une réforme de la gouvernance internationale ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme du Conseil de sécurité, la représentation de l’Afrique, le financement du développement ou encore le poids des pays émergents dans les institutions internationales devraient continuer d’alimenter cette interrogation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Climat, développement et pandémies au programme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat général ne sera qu’une partie d’une semaine particulièrement dense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès mercredi 23 septembre, un rendez-vous de haut niveau marquera le&nbsp;<strong>40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement</strong>. Le même jour, António Guterres réunira des dirigeants autour de l’action climatique et de la transition juste. L’objectif affiché est notamment d’accélérer la transition énergétique, de mobiliser davantage de financements pour les pays en développement et de renforcer l’adaptation face à l’aggravation des effets climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeudi 24 septembre, les Nations unies consacreront une réunion de haut niveau à la&nbsp;<strong>montée du niveau des mers</strong>, menace particulièrement grave pour les petits États insulaires et les territoires côtiers de faible altitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vendredi 25 septembre, les États se retrouveront autour de la prévention et de la préparation aux futures pandémies. Les discussions doivent aboutir à l’approbation d’une déclaration politique destinée à renforcer la coopération internationale en matière de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une séquence particulièrement suivie par l’Afrique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les États africains, cette Assemblée générale intervient alors que plusieurs revendications historiques prennent davantage de place dans le débat international : réforme du Conseil de sécurité, financement climatique, dette, accès aux capitaux, transformation locale des matières premières et représentation accrue du continent dans les institutions mondiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la justice historique sera également présente. Lundi 28 septembre, une réunion de haut niveau marquera le&nbsp;<strong>25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban</strong>, texte adopté en 2001 contre le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette séquence intervient six mois après l’adoption par l’Assemblée générale, à l’initiative du Ghana et avec le soutien de l’Union africaine, d’une résolution sur la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racial. Les discussions sur la mémoire, les conséquences contemporaines de l’esclavage et les demandes de justice réparatrice devraient donc trouver un nouvel écho à New York.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une tribune mondiale sous pression</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme chaque année, les discours prononcés depuis la tribune de l’Assemblée générale n’auront pas, à eux seuls, valeur de décision contraignante. Mais le rendez-vous reste exceptionnel : presque tous les États du monde disposent successivement du même espace pour exposer leur lecture des crises internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de ce mardi 22 septembre, New York deviendra ainsi pendant une semaine l’un des principaux centres de la diplomatie mondiale.&nbsp;<strong>Plus que l’accumulation des discours, cette 81e Assemblée générale permettra surtout de mesurer jusqu’où les États sont encore disposés à chercher des réponses communes dans un monde où les désaccords deviennent eux-mêmes de plus en plus globaux.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source :</strong>&nbsp;<a href="https://www.un.org/en/high-level-week-2026?utm_source=chatgpt.com">Organisation des Nations unies (ONU), calendrier officiel de la 81e session de l’Assemblée générale et programme de la Semaine de haut niveau 2026, septembre 2026.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.un.org/en/high-level-week-2026?utm_source=chatgpt.com">Programme officiel de la Semaine de haut niveau 2026⁠ : Les dates et le programme sont ceux publiés officiellement par l’ONU : débat général 22–26 et 28 septembre, droit au développement et climat le 23, montée des eaux le 24, pandémies le 25 et Durban le 28.&nbsp;</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/onu-le-monde-se-donne-rendez-vous-a-new-york-a-partir-de-ce-mardi-22-septembre/">ONU : le monde se donne rendez-vous à New York à partir de ce mardi 22 septembre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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		<item>
		<title>Énigmes judiciaires : l’affaire du Pull-over rouge, Christian Ranucci a-t-il été guillotiné pour un crime qu’il n’avait pas commis ?</title>
		<link>https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-du-pull-over-rouge-christian-ranucci-a-t-il-ete-guillotine-pour-un-crime-quil-navait-pas-commis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Justice et société]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 5</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>Le 3 juin 1974, Marie-Dolorès Rambla, 8 ans, disparaît devant son immeuble à Marseille. Deux jours plus tard, son corps est retrouvé près de Peypin. Christian Ranucci, 20 ans, est rapidement arrêté. Il avoue, puis se rétracte. Condamné à mort en 1976, il est guillotiné quelques mois plus tard. La justice française n’a jamais annulé [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<span class="span-reading-time rt-reading-time" style="display: block;"><span class="rt-label rt-prefix">Temps de lecture : </span> <span class="rt-time"> 5</span> <span class="rt-label rt-postfix">minutes</span></span>
<p class="wp-block-paragraph">Le 3 juin 1974, Marie-Dolorès Rambla, 8 ans, disparaît devant son immeuble à Marseille. Deux jours plus tard, son corps est retrouvé près de Peypin. Christian Ranucci, 20 ans, est rapidement arrêté. Il avoue, puis se rétracte. Condamné à mort en 1976, il est guillotiné quelques mois plus tard. La justice française n’a jamais annulé cette condamnation. Pourtant, des témoins qui ne l’identifient pas, une voiture dont la description fait débat, un mystérieux pull-over rouge et les conditions dans lesquelles certains éléments du dossier ont été exploités alimentent depuis un demi-siècle une question devenue indissociable de l’affaire : la justice a-t-elle exécuté le véritable meurtrier ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une fillette disparaît en quelques minutes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie-Dolorès joue avec son frère Jean-Baptiste au pied de leur immeuble lorsqu’un homme les aborde sous prétexte de rechercher un chien. La fillette part avec lui et disparaît. L’enquête se déplace rapidement hors de Marseille après qu’un accident de circulation survenu le même jour conduit les gendarmes vers Christian Ranucci et sa Peugeot 304.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ranucci s’est retrouvé dans le secteur où le corps sera découvert. Après son accident, sa voiture s’est embourbée près d’une champignonnière et des hommes l’ont aidé à la dégager. Cette proximité géographique et temporelle devient un élément majeur de l’enquête. Mais elle n’est pas la seule : placé en garde à vue, Ranucci finit par reconnaître l’enlèvement et le meurtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des aveux, puis une rétractation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les aveux pèsent lourd. Ranucci réalise notamment un croquis et reconnaît les faits pendant l’enquête. Un couteau considéré comme l’arme du crime est retrouvé dans une tourbière après des indications recueillies au cours des interrogatoires. Un pantalon saisi dans sa voiture porte également des traces de sang compatibles avec le groupe sanguin de la victime, à une époque où l’analyse génétique n’existe pas encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Ranucci se rétracte. Il affirme ne plus se souvenir précisément d’une partie de cette journée et conteste progressivement le scénario auquel il avait souscrit. Ses défenseurs soutiendront plus tard que les aveux ont donné à l’enquête une cohérence qui n’existait pas nécessairement auparavant. Cette thèse restera contestée : les juridictions chargées d’examiner les demandes de révision considéreront que les éléments invoqués ne suffisent pas à créer le doute juridique nécessaire pour remettre en cause la condamnation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire aussi :&nbsp;<a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-julie-hogg-acquitte-de-son-meurtre-il-avoue-parce-quil-pense-ne-plus-pouvoir-etre-rejuge/">Énigmes judiciaires : l’affaire Julie Hogg, acquitté de son meurtre, il avoue parce qu’il pense ne plus pouvoir être rejugé</a>⁠</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les témoins ne reconnaissent pas Ranucci</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’une des principales difficultés du dossier. Jean-Baptiste Rambla, qui se trouvait avec sa sœur lorsque l’homme les a abordés, ne reconnaît pas Christian Ranucci. Des années plus tard encore, ce défaut d’identification restera l’un des arguments centraux des défenseurs du condamné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La description du véhicule suscite également une controverse. Un témoin, carrossier de profession, évoque une Simca 1100, alors que Ranucci possède une Peugeot 304 coupé. Les partisans de sa culpabilité soulignent les limites possibles des témoignages et l’existence d’autres éléments à charge ; ceux qui défendent la révision voient au contraire dans ces divergences la trace d’une piste qui aurait dû être davantage approfondie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire présente ainsi une particularité dérangeante : l’homme qui avoue le crime est relié au secteur où le corps est retrouvé, mais certains témoins situés au commencement même de l’enlèvement ne permettent pas de l’identifier comme le ravisseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mystère du pull-over rouge</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un vêtement rouge retrouvé dans la champignonnière près de laquelle la voiture de Ranucci s’est embourbée va donner à l’affaire sa dimension la plus célèbre. D’autres témoignages faisaient état d’un homme vêtu de rouge ayant importuné des enfants à Marseille peu avant le meurtre. Des témoins de ces incidents, confrontés à Ranucci, ne l’avaient pas reconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’exécution, l’écrivain Gilles Perrault rassemble ces éléments dans&nbsp;<em>Le Pull-over rouge</em>, publié en 1978, et défend la thèse de l’erreur judiciaire. Mais certaines affirmations devenues célèbres autour de ce vêtement seront elles-mêmes contestées. La commission de révision relèvera notamment que les témoignages concernant cet autre homme avaient été versés à la procédure et que plusieurs témoins avaient été entendus au procès. Elle rejettera également l’idée selon laquelle le chien policier aurait été mis sur la piste du corps à partir du pull-over.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vêtement demeure donc troublant, mais il n’a jamais été judiciairement établi qu’il appartenait au meurtrier de Marie-Dolorès, ni qu’il prouvait l’existence d’un second homme responsable du crime.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux jours de procès avant une peine irréversible</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Christian Ranucci comparaît devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône en mars 1976. Le contexte est particulièrement tendu, notamment après une autre affaire criminelle ayant profondément marqué l’opinion publique. À l’issue de deux jours de débats, Ranucci est déclaré coupable et condamné à mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son pourvoi en cassation est rejeté. Le président Valéry Giscard d’Estaing refuse sa grâce. Le&nbsp;<strong>28 juillet 1976</strong>, Christian Ranucci est guillotiné à la prison des Baumettes. Il a 22 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exécution rend alors toute éventuelle erreur impossible à réparer matériellement. Lorsque la controverse éclate véritablement après la publication du livre de Gilles Perrault, le condamné est déjà mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Trois demandes de révision, trois échecs</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de Ranucci tentent à plusieurs reprises d’obtenir la révision de son procès. Trois requêtes sont déposées. Elles mettent notamment en avant les témoignages concernant l’homme au pull-over rouge, des contradictions dans certains procès-verbaux, les questions entourant la chronologie et les conditions dans lesquelles différentes pièces du dossier avaient été exploitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième demande bénéficie même de la réforme de 1989, qui a élargi les possibilités de révision des condamnations pénales. Pourtant, le&nbsp;<strong>29 novembre 1991</strong>, la commission de révision la rejette à son tour. Elle estime qu’aucun fait nouveau ou élément inconnu lors du procès n’est susceptible de faire naître un doute sur la culpabilité du condamné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Juridiquement, l’affaire est donc claire :&nbsp;<strong>Christian Ranucci reste l’homme condamné pour l’enlèvement et l’assassinat de Marie-Dolorès Rambla.</strong>&nbsp;Aucune juridiction française ne l’a innocenté et aucune des demandes de révision n’a réussi à renverser le verdict.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une condamnation définitive, un doute qui ne l’est jamais devenu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourtant ce qui fait de l’affaire du Pull-over rouge une véritable énigme judiciaire. Les éléments à charge ne peuvent être effacés : Ranucci se trouvait dans le secteur, il a avoué avant de se rétracter, un couteau a été retrouvé au cours de l’enquête et plusieurs indices ont convaincu les jurés de sa culpabilité. Mais les éléments invoqués depuis par ses défenseurs ne peuvent pas davantage être réduits à une simple légende : certains témoins ne l’ont pas reconnu, la description du véhicule a fait débat et l’existence d’un autre homme ayant abordé des enfants a bien été examinée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’énigme n’est donc pas de proclamer, cinquante ans après, que Christian Ranucci était innocent. Rien ne permet de l’affirmer comme un fait. Elle réside plutôt dans l’impossibilité de faire disparaître complètement les interrogations autour d’une condamnation dont la conséquence fut irréversible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La justice a tranché et refusé trois fois de réviser le procès. Christian Ranucci demeure coupable en droit. Mais parce qu’il a été exécuté, la question qui accompagne l’affaire depuis 1978 conserve une gravité particulière :&nbsp;<strong>si les zones d’ombre du dossier avaient été appréciées autrement en 1976, auraient-elles simplement nourri le débat ou auraient-elles suffi à empêcher la guillotine ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources et références</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Cour de cassation, Commission de révision des condamnations pénales, décision relative à la troisième requête en révision, 29 novembre 1991.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le Monde, archives consacrées à l’affaire Ranucci et aux procédures de révision, 1978-1991.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>INA, archives audiovisuelles relatives au procès Ranucci et à la troisième demande de révision.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Gilles Perrault, <em>Le Pull-over rouge</em>, Fayard, 1978, ouvrage à l’origine d’une partie de la controverse, dont plusieurs thèses ont été contestées au cours des procédures de révision.</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.lacinquieme.tg/enigmes-judiciaires-laffaire-du-pull-over-rouge-christian-ranucci-a-t-il-ete-guillotine-pour-un-crime-quil-navait-pas-commis/">Énigmes judiciaires : l’affaire du Pull-over rouge, Christian Ranucci a-t-il été guillotiné pour un crime qu’il n’avait pas commis ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.lacinquieme.tg">La Cinquième</a>.</p>
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