À l’approche de la COP31, la gestion des déchets s’impose comme un nouveau terrain de mobilisation pour les collectivités africaines. Depuis Kpalimé, au Togo, celles-ci cherchent à faire reconnaître leurs besoins d’investissement dans les politiques climatiques internationales. Une déclaration commune, une feuille de route et des territoires pilotes donnent désormais une première traduction concrète à cette ambition.
Faire des déchets un enjeu de financement climatique
Dans de nombreuses villes africaines, la collecte et le traitement des déchets représentent une charge croissante pour les collectivités. Faute de ressources suffisantes, les infrastructures peinent à accompagner l’urbanisation, tandis que les possibilités de recyclage et de valorisation restent limitées.
C’est sur ce terrain que les acteurs réunis à Kpalimé entendent déplacer le débat. Le Forum Territoires d’Afrique « Zéro Déchet », qui a rassemblé quelque 300 participants, a notamment permis d’identifier des projets susceptibles d’attirer des financements verts et des investissements privés.
L’objectif est de donner aux communes les moyens de développer des systèmes durables de collecte, de traitement et de valorisation, plutôt que de limiter leur action à l’évacuation des ordures.
Une feuille de route pour les collectivités africaines
Les travaux ont débouché sur la formulation d’une Déclaration de Kpalimé et l’élaboration d’une feuille de route pour la période 2026-2030. Un réseau de territoires pilotes a également été constitué pour expérimenter des solutions adaptées aux réalités locales.
Pour le Togo, cette démarche prolonge les initiatives déjà engagées, notamment le projet de Gestion des déchets et décentralisation (GEDEC), destiné à améliorer les services d’assainissement dans les chefs-lieux régionaux.
Le défi reste néanmoins considérable : la création de nouvelles filières de valorisation suppose des équipements, des compétences techniques et des modèles économiques capables de fonctionner au-delà des financements initiaux.
Antalya, première étape internationale
La COP31, prévue du 9 au 20 novembre en Türkiye, accordera une place spécifique au « zéro déchet », à l’économie circulaire et aux villes résilientes.
Les propositions issues de Kpalimé doivent contribuer à y porter les préoccupations des collectivités africaines.
Leur portée dépendra toutefois des partenariats et des investissements effectivement obtenus. Pour les villes concernées, l’enjeu n’est pas seulement de faire entendre leur voix dans les discussions climatiques, mais de disposer des moyens nécessaires pour améliorer durablement la gestion des déchets.
La Rédaction

