Alors que les fraudes en ligne et les attaques informatiques mettent les systèmes numériques sous pression, le Mali accélère la construction de son dispositif national de cybersécurité. À Bamako, les Journées nationales de cybersécurité placent l’intelligence artificielle au cœur d’une ambition plus large : protéger les infrastructures stratégiques et réduire la dépendance aux technologies étrangères.
Au Mali, la souveraineté numérique devient progressivement une question de sécurité nationale. Réunis depuis le 27 octobre à Bamako, responsables institutionnels, chercheurs et spécialistes de l’informatique examinent les moyens de renforcer la protection des données et des systèmes stratégiques face à des menaces de plus en plus sophistiquées.
Organisée par l’Autorité malienne de régulation des télécommunications (AMRTP), la quatrième édition des Journées nationales de cybersécurité, prévue jusqu’au 30 octobre, accorde une place centrale à l’intelligence artificielle, considérée à la fois comme un instrument de défense et une technologie susceptible d’amplifier les cyberattaques.
Une menace qui dépasse les entreprises
En 2025, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a enregistré 1 338 dossiers, dont 1 130 plaintes et 208 auto-saisines. Parmi ces affaires, 834 procédures demeuraient en cours d’enquête lors de la présentation du bilan.
Escroqueries numériques, usurpations d’identité et fraudes aux moyens de paiement illustrent la diversification des infractions.
Au-delà des particuliers, la protection des administrations et des infrastructures essentielles constitue désormais un enjeu stratégique.
L’intelligence artificielle, nouvel outil de défense
Les autorités maliennes souhaitent exploiter les capacités de l’IA pour détecter les anomalies, identifier les comportements suspects et améliorer la rapidité des interventions.
Mais cette technologie peut également faciliter l’automatisation des attaques et la fabrication de contenus trompeurs. Sa maîtrise nécessite donc des compétences spécialisées et des mécanismes de contrôle adaptés.
Construire une autonomie technologique
Le Mali s’est doté, en février 2026, d’une Stratégie nationale de cybersécurité couvrant la période 2026-2030. En juin, le gouvernement a adopté les textes créant l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, chargée notamment de coordonner la réponse aux cyberattaques.
Les rencontres de Bamako accompagnent cette évolution à travers des formations techniques et des concours encourageant les solutions locales.
Pour le Mali, l’enjeu sera désormais de transformer ces orientations en capacités opérationnelles durables. Car la souveraineté numérique ne dépend pas seulement des technologies disponibles, mais aussi des spécialistes capables de les maîtriser et de protéger les systèmes qui font fonctionner l’État et l’économie.
La Rédaction

