Après la mort de deux soldats israéliens vendredi 23 octobre près de Hébron, Israël a engagé une vaste opération militaire en Cisjordanie occupée. Les restrictions de circulation, les démolitions et les menaces d’évacuation inquiètent les Nations unies, qui alertent sur les conséquences pour les populations palestiniennes.
Une attaque meurtrière à l’origine de l’opération
Vendredi matin, deux Palestiniens armés ont attaqué un poste de contrôle militaire près de Hébron, tuant deux soldats israéliens et en blessant trois autres. Les assaillants ont été abattus lors de l’échange de tirs. L’attaque a immédiatement provoqué une réaction du gouvernement israélien, qui a ordonné le bouclage de Hébron et annoncé la préparation d’une opération militaire de grande ampleur.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a évoqué des interventions comprenant des fouilles systématiques, des évacuations et la destruction d’infrastructures présentées comme liées à des activités armées. L’armée israélienne a ensuite engagé des opérations de recherche et procédé à des démolitions dans certains secteurs de Hébron.
Des restrictions qui bouleversent la vie quotidienne
Les fermetures de points de passage et les contrôles renforcés compliquent davantage les déplacements des Palestiniens. L’accès aux établissements de santé, aux écoles et aux lieux de travail devient particulièrement difficile dans les localités concernées.
Cette situation s’inscrit dans un contexte de restrictions anciennes. Selon les Nations unies, les habitants de certaines communautés du gouvernorat de Hébron doivent déjà emprunter de longs détours pour rejoindre les hôpitaux. Dans le camp de réfugiés d’Al-Arrub, des trajets ambulanciers habituellement effectués en vingt minutes peuvent dépasser une heure.
L’ONU alerte sur les démolitions et les déplacements
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exprimé vendredi sa profonde préoccupation face à l’intensification des violences et aux bouclages imposés aux communautés palestiniennes.
Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a souligné les conséquences de ces mesures sur la liberté de circulation, l’accès aux services essentiels et les moyens de subsistance.
L’organisation s’inquiète également des informations concernant des démolitions d’habitations et de possibles déplacements forcés. Si certaines destructions ont été constatées, l’ampleur des évacuations envisagées et le nombre de familles directement touchées par les nouvelles opérations restent à établir.
Une Cisjordanie déjà fragilisée
Cette nouvelle intervention survient dans un territoire marqué par la multiplication des opérations militaires israéliennes, les violences de colons et l’expansion des colonies. Les restrictions de circulation y affectent depuis plusieurs années les activités économiques et les relations entre communautés palestiniennes.
Le Hamas a salué l’attaque de vendredi sans en revendiquer formellement la responsabilité. Les autorités israéliennes justifient leurs opérations par la nécessité de prévenir de nouvelles attaques.
Au-delà de la réponse militaire, l’évolution de la situation à Hébron pose désormais une question humanitaire majeure : celle de la protection des civils palestiniens, confrontés à de nouvelles restrictions et à la menace de perdre leur logement.
La Rédaction

