Au Tchad, l’épidémie de dengue continue de s’étendre. Avec plus de 3 000 cas signalés et huit décès rapportés, la maladie gagne plusieurs provinces et touche particulièrement N’Djamena. Cette progression met en évidence les défis de surveillance, de diagnostic et de prise en charge dans un pays confronté à de fortes pressions sanitaires.
Une épidémie en progression
Les données sanitaires témoignent d’une circulation persistante du virus. Au 8 octobre 2026, les autorités recensaient 2 929 cas suspects, dont 213 confirmés par PCR, et sept décès. Le bilan communiqué le 19 octobre faisait état de 250 confirmations et huit décès. Une déclaration ministérielle plus récente évoque 3 178 cas rapportés et 252 confirmations biologiques.
Cette distinction demeure essentielle : tous les cas signalés ne correspondent pas à des infections confirmées. L’évolution des chiffres traduit néanmoins une situation qui nécessite une surveillance renforcée.
De l’est du pays à N’Djamena
Initialement signalée en juillet dans le Wadi-Fira, notamment autour du camp de réfugiés de Kounoungou, l’épidémie concerne désormais plusieurs territoires. Le Ouaddaï, le Sila, le Batha et N’Djamena figurent parmi les zones touchées. Les autorités évoquent six provinces affectées, sans que leur liste complète soit encore établie.
La capitale concentrait 173 des 213 cas confirmés au 8 octobre. Cette concentration souligne l’importance de la surveillance dans les grandes agglomérations, où les moustiques vecteurs peuvent trouver des conditions favorables à leur prolifération.
Le diagnostic, un défi majeur
Transmise principalement par les moustiques Aedes, la dengue provoque généralement une maladie fébrile, mais certaines infections peuvent évoluer vers des complications graves. La reconnaissance rapide des signes d’alerte et l’accès aux soins sont déterminants.
Au Tchad, les capacités de surveillance et de laboratoire avaient déjà été identifiées comme fragiles lors de l’épidémie de 2023. Leur niveau actuel reste insuffisamment documenté pour mesurer précisément les moyens disponibles face à cette nouvelle flambée.
Une riposte sous pression
Les autorités ont annoncé une réponse articulée autour de la surveillance, du diagnostic, de la prise en charge, de la communication et de la lutte contre les moustiques. L’efficacité de ces mesures dépendra notamment de leur déploiement dans les territoires concernés.
Dans un contexte marqué par d’importants besoins humanitaires, la dengue rappelle aussi la nécessité de renforcer durablement les services sanitaires. La vigilance régionale demeure essentielle, même si aucune transmission transfrontalière liée à cette épidémie n’est actuellement démontrée.
La Rédaction

