À Taïz, les réserves de farine de blé sont presque épuisées tandis que les combats entravent l’arrivée des vivres. Le Programme alimentaire mondial ne peut plus atteindre 800 000 personnes à Taïz et sur la côte ouest du Yémen. Le blocage des routes fragilise les marchés autant que les distributions humanitaires.
La nourriture se raréfie dans une population déjà éprouvée par les déplacements et la perte de revenus. Dans son alerte du 14 octobre, le Programme alimentaire mondial (PAM) avertit que les denrées encore disponibles pourraient ne tenir que peu de temps si les restrictions persistent. Il ne précise toutefois ni les quantités restantes ni le nombre de jours avant leur épuisement.
Les marchés et les secours paralysés
La fermeture des routes frappe deux circuits essentiels : l’approvisionnement commercial et l’acheminement de l’aide. Reuters rapportait le 13 octobre que les forces houthies avaient coupé, la semaine précédente, un axe majeur reliant Taïz à Aden. L’Organisation internationale pour les migrations, citée par l’agence, signalait des entrées de marchandises et de biens humanitaires empêchées, accompagnées d’une hausse des prix.
Pour les familles, ces perturbations se renforcent mutuellement. Les produits deviennent moins disponibles et plus difficiles à acheter, tandis que les secours ne peuvent plus compenser les pénuries. Les sources consultées ne permettent cependant pas de chiffrer les volumes immobilisés, les surcoûts de transport ou le nombre de convois bloqués.
Une crise qui dépasse Taïz
Les 800 000 personnes devenues inaccessibles au PAM ne se trouvent pas toutes dans la seule ville. Ce bilan comprend plus de 600 000 personnes à Taïz, dont plus de 200 000 femmes et enfants, ainsi que des communautés de la côte ouest privées d’accès à son assistance depuis septembre.
Le 2 octobre, le PAM signalait environ 350 000 personnes qu’il ne pouvait atteindre dans certaines parties de Taïz et de Hodeïda. L’augmentation traduit une forte dégradation de l’accès humanitaire, sans pouvoir être attribuée aux seuls barrages routiers : les combats, l’insécurité et les déplacements des lignes de front perturbent également les opérations.
Les soins également menacés
À l’hôpital Al-Thawra de Taïz, le responsable du centre rénal indiquait à Reuters que les consommables permettraient environ quatorze jours de dialyse, une livraison prévue depuis Aden n’ayant pu arriver. Ce délai concerne ce service hospitalier, pas les réserves alimentaires de la ville.
Le Comité international de la Croix-Rouge décrit parallèlement une forte pression sur les établissements de Taïz, de Marib et de la côte de la mer Rouge. L’afflux de blessés menace aussi la continuité des soins pour les autres patients, dans un système de santé déjà fragilisé.
Rouvrir les accès et préciser les besoins
L’urgence nutritionnelle exige davantage qu’un rétablissement des livraisons de farine. À l’échelle nationale, le PAM estime que 2,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë. Ce chiffre ne peut pas être transposé à Taïz, faute de données locales suffisamment précises.
La priorité est de rétablir des passages sûrs et durables, tout en évaluant les stocks, les besoins nutritionnels et les capacités de distribution dans chaque secteur. Sans ces précisions, impossible de fixer une échéance fiable à la pénurie ou de mesurer toute son ampleur. L’alerte est néanmoins claire : la fermeture des routes compromet simultanément l’accès à la nourriture, aux secours et aux soins.
La Rédaction

