Connaître le revenu d’un ménage ne suffit pas toujours à comprendre ses conditions de vie. L’accès effectif à l’école, aux soins, à l’eau ou à l’assainissement compte tout autant pour apprécier les réalités quotidiennes. C’est cette photographie élargie que le Togo cherche à affiner à travers une nouvelle phase de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages.
De septembre à décembre, l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) déploie sur l’ensemble du territoire la deuxième vague de collecte de l’EHCVM-3. L’opération est conduite dans le cadre d’un dispositif impliquant les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), avec l’appui de la Banque mondiale et de la Commission de l’Union.
L’objectif est notamment de disposer de données permettant de suivre l’évolution des conditions de vie et de mieux analyser les différentes dimensions de la pauvreté. Mais l’intérêt de l’exercice réside aussi dans le niveau de détail recherché.
Au-delà du revenu, regarder l’environnement du ménage
L’enquête ne s’arrête pas aux caractéristiques économiques des familles interrogées. Elle observe également leur environnement immédiat et les services disponibles dans leur localité.
Éducation, santé, eau et assainissement font partie des domaines examinés. Surtout, l’existence d’un service ne constitue pas à elle seule l’information recherchée : sa fonctionnalité et son accessibilité sont également prises en compte.
Cette distinction est essentielle. Une infrastructure peut exister sans répondre pleinement aux besoins des habitants. Entre un service recensé administrativement et un service effectivement utilisable, la réalité vécue par les populations peut être différente.
L’enquête doit aussi documenter l’implication des communautés dans les projets de développement conduits localement. Elle peut ainsi permettre de mieux distinguer les situations d’un territoire à l’autre et d’identifier les endroits où plusieurs difficultés se cumulent.
Faire de la statistique un outil de décision
C’est probablement là que se situe le principal enjeu de l’EHCVM-3. Plus les données permettent de comprendre précisément les réalités territoriales et sociales, plus elles peuvent aider à orienter les interventions publiques vers les besoins les plus importants.
Cette connaissance peut notamment éclairer les choix en matière d’équipements collectifs, de politiques sociales ou d’accès aux services essentiels. Elle offre également la possibilité de suivre les évolutions dans le temps et de mesurer si certaines interventions améliorent effectivement les conditions de vie.
Mais produire une photographie plus précise du pays ne constitue qu’une première étape. La valeur de la statistique se mesure aussi à sa capacité à éclairer les arbitrages publics et à améliorer le ciblage des politiques.
De septembre à décembre, l’EHCVM-3 cherchera donc à mieux documenter la réalité des ménages togolais. L’enjeu viendra ensuite : transformer cette connaissance plus fine des conditions de vie en décisions capables de répondre plus précisément aux besoins qu’elle aura révélés.
La Rédaction

