Que signifie grandir lorsque les amitiés, l’image de soi, les loisirs et une partie de la vie sociale passent désormais par un écran ? À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, une galerie numérique mondiale choisit de laisser les moins de 30 ans répondre eux-mêmes à cette question, non par des statistiques, mais par l’art.
Le 12 août, des créations venues de près de 40 pays seront réunies dans Being Online, une galerie consacrée à l’expérience numérique des jeunes. Quarante et une œuvres ont été sélectionnées pour raconter une réalité devenue presque indissociable de leur quotidien : vivre connecté.
Photographies, dessins, peintures et illustrations numériques abordent des sujets aussi différents que les amitiés en ligne, l’identité, la vie privée, le sentiment d’appartenance, la surcharge numérique ou encore le besoin de déconnexion. L’appel à créations, ouvert aux jeunes du monde entier jusqu’à 30 ans, invitait précisément les participants à raconter ce qu’ils ressentent lorsqu’ils sont en ligne et la manière dont Internet influence leur perception d’eux-mêmes et leur bien-être.
Montrer plutôt que mesurer
L’originalité du projet tient à son approche. Les débats sur les jeunes et les écrans sont souvent dominés par les adultes : temps passé sur les réseaux sociaux, risques psychologiques, cyberharcèlement, dépendance ou exposition à la désinformation. Being Online inverse la perspective en demandant aux premiers concernés de représenter leur propre expérience.
Le numérique apparaît alors sous un jour moins binaire. Il peut créer des liens, ouvrir des espaces d’apprentissage et permettre de s’exprimer, tout en générant pression sociale, fatigue, sentiment de saturation ou inquiétudes autour de la vie privée. Pour les organisateurs, ces environnements numériques sont ainsi devenus suffisamment importants pour que leur influence sur la santé et le bien-être soit considérée comme une question de santé publique.
Derrière les œuvres se dessine surtout une génération pour laquelle la séparation entre vie réelle et vie numérique devient de plus en plus difficile à tracer. Les relations commencent sur un écran avant de se poursuivre hors ligne, l’identité se construit aussi sur les plateformes et la connexion peut être simultanément une ouverture vers les autres et une source d’épuisement.
Une galerie comme espace de dialogue
Le projet est porté par le Digital Transformations for Health Lab (DTH-Lab), en collaboration avec le groupe consacré aux enfants et aux jeunes du Global Mental Health Action Network. Leur ambition dépasse l’exposition artistique : les œuvres doivent alimenter le dialogue entre générations et aider à mieux comprendre les conséquences émotionnelles, sociales, physiques et mentales des environnements numériques.
Le lancement mondial de la galerie aura lieu virtuellement mercredi 12 août à 12 heures CET, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse. Les artistes récompensés seront également dévoilés, avec des prix de 500, 400 et 300 dollars pour les trois premières œuvres.
Au-delà du concours, les 41 créations constituent ainsi autant de fragments d’une même histoire : celle d’une jeunesse qui n’a pas simplement adopté Internet, mais qui grandit à l’intérieur d’un environnement numérique devenu une extension de sa vie sociale.
La question posée par Being Online dépasse alors celle du temps passé devant les écrans. Elle consiste plutôt à comprendre ce que cette présence permanente en ligne transforme dans la manière de grandir, de se construire et d’entrer en relation avec les autres.
La Rédaction
Sources : Digital Transformations for Health Lab (DTH-Lab) ; Global Mental Health Action Network ; United Nations Youth Office.

