Le 9 août 2026, la National Gallery of Jamaica accueille à Kingston « Art, Music and Independence », une rencontre consacrée au rôle de la création artistique dans la construction de l’identité jamaïcaine. Organisé en collaboration avec le Jamaica Music Museum, le programme croise histoire, arts visuels, musique et mémoire afro-caribéenne.
Kingston – La Jamaïque a célébré le 6 août le 64ᵉ anniversaire de son indépendance. Trois jours plus tard, la réflexion se poursuit sur le terrain culturel. À partir de 13 h 30, la National Gallery of Jamaica ouvre ses espaces à un programme qui interroge la manière dont artistes, musiciens et penseurs ont contribué à façonner l’idée même de nation jamaïcaine.
La rencontre associe la galerie nationale au Jamaica Music Museum, institution chargée de préserver et de documenter l’histoire des différentes traditions musicales du pays, du mento au reggae en passant par le ska et le dub. Le musée présente la musique jamaïcaine comme un espace où se croisent héritages africains, transformations sociales et affirmations identitaires.
De Marcus Garvey aux musiques afro-caribéennes
Les échanges annoncés doivent notamment revenir sur l’héritage de Marcus Garvey et sur l’influence des expressions afro-caribéennes dans la construction culturelle du pays.
Le conservateur en chef de la National Gallery, O’Neil Lawrence, et Herbie Miller, directeur et conservateur du Jamaica Music Museum, figurent parmi les intervenants associés à cette réflexion. À travers leurs regards respectifs, arts visuels et musique permettent de relire les combats pour l’émancipation, la représentation de l’identité noire et la transmission de la mémoire.
Le travail du Jamaica Music Museum s’inscrit depuis plusieurs années dans cette démarche. Ses programmes explorent notamment les continuités entre les cultures africaines et jamaïcaines ainsi que le rôle joué par la musique dans la formation d’une identité créole noire.
« Through Black Eyes », regarder la Jamaïque autrement
Le chanteur et poète Andy Livingston doit également intervenir autour de « Through Black Eyes », titre de son recueil de poésie publié en 2022.
L’ouvrage aborde des questions comme le racisme, le colorisme, la pauvreté et les conséquences persistantes de l’esclavage et du colonialisme dans la société jamaïcaine. Livingston inscrit son écriture dans une perspective afrocentrique où la création devient un moyen de questionner le présent autant que de revisiter l’histoire.
Soixante-quatre ans après l’indépendance, cette rencontre rappelle ainsi que la souveraineté d’un pays ne s’exprime pas uniquement à travers ses institutions. En Jamaïque, elle s’est aussi construite par les images, la poésie et surtout par une musique qui a porté l’identité de l’île bien au-delà de ses frontières.
La Rédaction

